Cardinal de Retz
lable à le soutenir, contre sa propre inclination, est une marque de sagesse, de discernement et peut-être de grandeur d'âme qui fait honneur à sa mémoire4 ».
Ce jugement est absolument vrai, en supprimant ces mots : « contre sa propre inclination ».
Capefigue2 a écrit cette page excellente :
On a peint Louis XIII comme une tète affaiblie et sans volonté : il n'en est rien. Le Roi avait sa pensée à lui, forte, énergique, et s'il subissait l'influence du cardinal de Richelieu, c'est que celui-ci avait parfaitement deviné le caractère du maître et qu'il en exécutait les desseins avec plus de capacité. Richelieu, esprit supérieur, devait envisager avec une plus haute étendue la situation de la monarchie. L'intimité profonde qui existait entre le Roi et son ministre résultait de la conviction puissante qu'ils se comprenaient. Il n'y avait là ni faveur ni amitié : c'étaient deux intelligences également froides, également réfléchies, qui se prêtaient secours dans les voies de l'unité royale, et l'une n'était soumise que parce qu'elle se sentait inférieure à l'autre... Louis XIII ne garda pas son ministre par faiblesse. Cet esprit-là lui convenait. Il se livra à lui corps et pensée.
M. Cousin, qui connaissait si bien le dix-septième siècle, a dit3 : « Richelieu laisse une mémoire abhorrée, et vivant il n'eut pour lui qu'un très petit nombre de politiques, a la tête desquels était Louis XIII » ; et, dans un autre ouvrage1 : « Richelieu connaissait
i. T. ni, p. 616.