La mort de sa mère et celle de son frère
trement,je ne ferai rien qui leur soit avantageux, et me perdrai assurément.
J'ai dit, en général, tout ce que j'estime qu'il faut faire ; ceux qui resteront après moi se serviront de mes conseils comme ils l'estimeront à propos.
La conversation semble terminée ici; elle continue cependant, mais nous n'avons pas les réponses du Roi ou celles de la Reine, auxquelles Richelieu répliqua encore longuement. Entre autres raisons qu'il donna pour justifier sa retraite, nous citerons encore celles-ci :
Il y a encore à considérer que Monsieur, en m'estimant plus que je ne vaux, me hait extraordinairement, et que souvent on lui donne des conseils violents contre moi, qui enfin peuvent avoir leur effet, puisqu'il n'y a rien d'assuré en un jeune prince, à qui l'impétuosité de l'âge ne permet pas encore de se proposer la raison pour règle, ni d'être détourné d'un mauvais conseil par la considération de la conscience...
S. M. n'ayant point d'enfants, il me reste encore des maux à prévoir et appréhender, dont sa bonté et sa fermeté ne sauraient me garantir; s'ils arrivaient, la seule voie de mon salut serait en ce cas que Dieu m'appelât du monde; mais la morl, qui ne vient pas toujours à souhail, pour n'être pas à la disposition des chrétiens, ne saurait me servir à coup près (sic).
Partant, il n'y a que ma retraite qui me puisse mettre à couvert...
Louis XIII garda Richelieu et fit bien.
Les lettres du Roi au Cardinal deviennent dès lors nombreuses et tout à fait amicales. Il est sans cesse aux petits soins et plein d'attentions pour son ministre.
constamment malade ou souffrant. Il va tenir le conseil à Ruel, résidence favorite du Cardinal, pour lui éviter la fatigue de venir à Saint- Germain, résidence de la Cour quand elle n'est pas au Louvre. Quelques citations feront bien connaître cette correspondance si intéressante et les véritables sentiments du Roi à l'endroit de son prétendu tyran.
Pendant l'expédition entreprise contre le duc de Lorraine, en 1633, Richelieu était tombé malade à Saint- Dizier. Fort inquiet, Louis XIII avait envoyé au Cardinal son médecin et un chirurgien qui l'avait guéri par un coup de lancette; il lui écrivait coup sur coup, afin que le porteur de ses lettres lui rapportât des nouvelles. En voici une :
Mon cousin, ne pouvant être en repos, si je n'ai souvent de vos nouvelles, j'envoie Montorgueil pour m'en apporter. Je prie le bon Dieu de tout mon cœur qu'elles soient telles que les désire la personne du monde qui vous aime le plus et qui n'aura point de joie qu'il ne vous revoie en parfaite santé. Louis (26 octobre).
A une autre lettre du Roi envoyée le 3 novembre, Richelieu répondit par celle-ci, datée du o novembre :
Sire, l'honneur qu'il vous plaît me faire me sert beaucoup plus que tous les médecins du monde. Je pars aujourd'hui1, pour me mettre en chemin de vous aller trouver. Ma première journée sera à Monceaux, la seconde à Vaudoy, la