Le parlement de Toulouse
après sept courriers envoyés coup sur coup pour me donner loule assurance ; après avoir conspiré avec les étrangers contre mon État, et avoir presque entièrement soulevé une des principales provinces de mon royaume *, que je confiais à sa fidélité, et ce qui me touche plus sensiblement que je ne vous le puis dire, après avoir contribué, ce que vous savez, à séparer de moi ceux que toutes sortes de considérations y devaient inséparablement conjoindre, pour lesquelles je ne manquerai jamais de faire ce que la nature et le sang désirent de moi, avec les mêmes soins que toutes les lois divines et humaines m'obligent, sur toutes choses, de prendre pour le bien de mon État et pour empêcher la ruine et la désolation de mon pauvre peuple causées par ces misérables révoltes. Ce que j'ai vu avec tant de déplaisir, que je n'ai pu m'exempter de prévenir de semblables malheurs par cet exemple. Les moyens que j'ai donnés au duc de Montmorency de se signaler en diverses occasions sont autant de témoignages de la confiance que j'avais en lui qui l'obligeaient à demeurer inviolable dans son devoir; et au lieu de cela, il est venu combattre mes troupes, a été pris commandant une armée contre moi et ayant l'épée à la main teinte du sang de mes fidèles sujets.
Je ne veux point répondre à ce que vous dites, que, sans l'espérance qu'on vous avait donnée de sa vie, vous ne vous fussiez pas soumis aux conditions que je vous ai accordées: chacun sait en quel point vous étiez, et si vous pouviez faire autre chose. Tout ce que je puis faire en cette rencontre est de vous convier, comme je fais de tout mon cœur, de ne vous remettre plus en cet état, mais de rentrer au plus tôt en votre devoir et me donner plus de sujet de demeurer, comme je désire,
Votre très affectionné frère, Louis.
A Saint-Germain-en-Laye, le 23 novembre 1632.