‹ Le Cardinal de RichelieuChapitre 88 sur 203 · Lettres et papiers d'État, VII · texte numérisé non relu

Lettres et papiers d'État, VII

3. Il paraît bien probable que ce fut un agent secret de Richelieu à Madrid, nommé Pujol, qui se procura une copie du traité {Lettres et papiers d'État, VI, 929.)

sa tête en livrant Sedan à Louis XIII, qui réunit cette ville à la France. Gaston se tira encore d'affaire en abandonnant ses complices et à force de bassesse. Il écrivit au Cardinal la lettre suivante :

A Bourbon, le 17 juin 1642.

Mon cousin, le Roi, mon seigneur, m'a fait l'honneur de m'écrire quel a été enfin l'effet de la conduite de ce méconnaissant M. le Grand : c'est l'homme du monde le plus coupable de vous avoir déplu, après tant d'obligations : les grâces qu'il recevait de S. M. m'ont toujours fait garder de lui et de tous ses artifices ; mais vous avez bien vu, je m'assure, que si je l'ai considéré, ce n'a été que jusques aux autels ' ; aussi est-ce pour vous, mon cousin, que je conserve mon estime et mon amitié tout entière, et comme je convois que vous m'y avez tout nouvellement obligé, par l'honneur que S. M. m'a fait de me donner le commandement de son armée de Champagne, je vous prie de croire que vous ne sauriez jamais avoir de plus véritable ni de plus fidèle ami que moi, ni qui soit avec plus de sincérité et de passion, mon cousin, votre affectionné

Gaston.

Quelque temps avant le supplice de Cinq-Mars, Richelieu avait écrit : « Je ne me plains point, en mon particulier, de ce misérable ; tenant à grande vanité que ceux qui en veulent au Roi et à l'État commencent toujours par tenter ma ruine, parce que c'est un signe assuré de ma fidélité et de la créance (croyance) qu'ils ont que je ne suis pas inutile à l'un et à l'autre ' ».

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