De Saint-Germain
volontiers. Je ne l'ai point vu depuis. Tout ce que dessus a été en la présence de Gordesi.
J'ai montré à Gordes ce mémoire avant que vous l'envoyer, qui m'a dit n'y avoir rien lu que de véritable.
Après avoir lu ce Mémoire de Louis XIII, il est inadmissible que le Roi ait pu s'entendre un instant avec Cinq-Mars pour chasser Richelieu.
L'armée royale, avec Louis XIII et le Cardinal, était venue, comme nous l'avons dit plus haut, assiéger Perpignan. Le Cardinal tomba gravement malade et fut obligé de se retirer à Narbonne. Les conjurés croyaient sa fin arrivée, tout en formant cependant plusieurs projets d'assassinat*.
Le Cardinal les laissa se réjouir, se tint sur ses gardes et, averti de tout ce qui se tramait, attendit patiemment que la copie du traité qu'ils avaient signé avec l'Espagne fût entre ses mains1. Lorsqu'il l'eut (12 juin), il le montra au Roi, qui donna aussitôt l'ordre d'arrêter Cinq-Mars et de Thou. Toujours malade, Richelieu avait dû se retirer à Tarascon, dont le climat lui était meilleur. Louis XIII, également malade, alla voir son ministre, et, dans cette entrevue, le sort des conjurés fut décidé. Cinq-Mars et de Thou furent conduits à Lyon, jugés, condamnés comme traîtres et décapités (12 septembre 1642). Le duc de Bouillon sauva