‹ Le cardinal de Richelieu et la réforme des monastères bénédictinsChapitre 100 sur 183 · Bibl. Nat.. Ld · texte numérisé non relu

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RICHELIIiU AUDE GÉNÉIIAL DE CÎTEALX lUl

gieux el luouastères qui le (Jeiuamieraienl, et même les religieuses ; les relorniés auraient l'entière administration du collège des liernardins. L'a'bbé de Citeaux et les quatre premiers abbés étaient tenus de ne troubler en rien les réformés et d'obéir à cette ordonnance sous peine d'oxconiiiiunicatit^n.

Dès que Richelieu eut connaissance de cette nouvelle ordonnance, il députa l'abbé de Cinq-Mars, futur évêque d'Auxerre, et l'abbé Desclaux, son propre confesseur, au cardinal de la Rochefoucauld pour le prier d'exécuter l'ordonnance du 27 juillet et de commencer par le collège de Paris, l'assurant qu"a\ant peu le i-oi donnerait des lettres patentes. Elles furent en effet données le 2 se|>tembre ; elles étaient doubles : l'une confirmait l'ordonnance et en enjoignait l'exécution, l'autre ordonnait aux proviseur, officiers et religieux du collège des Bernardins d'obéir à tout ce (|ue leur ordormerait le commissaire a|)Ost<jlique. Celui-ci fît signilier toutes ces pièces aux intéressés et dès le 6 5(>pteniliro lit la visite du collège, accompagné de l'éxèque d'Auxerre et des conseillers d'Klat de Lezeau, de VerthamonI et Beaubourg, et aussi d'un exempt des gardes chaigé de contenir au besoin les rebelles. Personne ne se présenta pour les recevoir. T.e cardinal réunit tous les religieux, fit faire lecture des pièces, nomma proviseur le Père Jean Jouaud, abbé de Prières \ et procureur le P. Chenu, les installa et fil chanter le Veni Creator. Ensuite toutes les clefs furent remises au nouA'eau proviseur : la réforme était introduite au collège des Bernardins.

Ce coup d'autorité consterna les premiers abbés de Cîteaux. Ils s'étaient enfuis de l^aris. ne prévoyant (jue trop que le cardinal de la llochefoucauld s'efforcerait de mettre la réforme par le même procédé dans les autres maisons de l'Ordre. Ils écrivent de Cîteaux le 1" octobre ]fi35 2 au cardinal de Richelieu au sujet de la réforme de l'Ordre, se plaignant vivement des violences

1. Ce religieux était dès cette époque, ou fut nomme peu après secrétaire du conseil ecclésiastique de Richelieu. Il signe on cette qualité une ordonnance du 17 décembre 1640 rendue sur la requête de Dom Lemperièro. grand-prieur de Cluny. Il remplit la même charge sous l'abhntiat du cardinal Mazarin.

2. Aff. Etr., France. A/ém. et doc, l. 815, fol. 392. Voir aussi le « Mémoire pour les Pèie.s de Citeaux y. 1635. f Arch. Nat., I. 74R. dossier 3. piècf 20).

192 UICIIEI.IEU LT l,.V Kl-.rOUME MUXASTIOLL

(juils \ieiiacul de siil)ir : ils ii'ublieiinfMil poinl de réponse, lis uc trou\enl alors daulrc solution tiue dengager plus avant le premier ministre dans leurs intérêts en le faisant abbé de Cîteaux. Une l'ois général de TCh-dre, il ne pourra plus ne point le protéger. \ous venons de voir ((ue les intrigues de l'abbé de Coursan ne furent pas étrangères à cette déterininalion. Doni Pierre de .\i\olle con\o(|ua dune le 19 novembre 1635 une réunion capitulaire de tous les [>rofès de l'abbaye de CUeaux, à kuiuelle assistèrent aussi les quatre premiers abbés, annonça qu'il donnait volontairement sa démission et permettait de procéder à l'instant ïnème à une nouvelle élection. Tout était concerté à l'avance : le cardinal de Richelieu fut élu à l'unanimité abtié de Cîteaux.

Le prince de Condé. (jui avait assisté à l'élection, en donnait a\is à Richelieu par cette lettre un peu obséquieuse :

.Monsieur.

Ouoy ' qu'à mon grand regret je sois fort inutille a vostre service, neantmoins mon afection a vous en rendre quelque petit qu'il puisse estre m'a obligé d'aller a Citeaus ou j"ay assisté a relectioii que les Religieus ont faite de vostre personne pour leur Abé et Generallissime de leur Ordre. Tout si est passé avec grand honneur et le tout a esté fait du conssentement de tous nul contre disant, .li aportay la veille, afin que tout allast ainssi, ce qui dependoit de moy et le s"" abé de Courssan vous en rendra conte : avant mon arrivée et celle dudit sieur abé, quelqu'un qui nous avoit devancé avoit gourmande un des Abés et fait chasser deus religieus docteurs de Sorbonne : par l'avis dudit sieur Abé de Courssan, nous apaisâmes cet .\bé et fut fait scrutateur et vous a très bien servi. C'est lAbé de la Ferté et flsmes revenir ses deus religieus, et eus de retour se sont "monstres tout a fait vos serviteurs. Ainssi tout a esté fait avec grand douceur et sans violence, et le Te Deum chanté en ma présence avec une joie infinie. Ce m'est un grand contentement qu'aies ceste Abaie et en ce qu'il vous plaira di ordonner je vous y serviray dintandent et de conservateur de vostre bien...

CSuivent des renseignements sur la modération dos taxes ; le prince redem.Tnde ses chevau-légers ; il a visité hier les fortifications dAuxonne ; le duc Charles est arrivé à Besançon, etc.)

1. .\ff. Etr.. France, Mém. et doc., t. 1490, toi. 487. Voir aussi la « Lettre au cardinal de Richelieu, contenant la relation de l'élection de sa personne pour abbé de Cîteanx, [par Jacques Le Belin''. Dijon. 1635. in-4o.

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