‹ Le cardinal de Richelieu et la réforme des monastères bénédictinsChapitre 102 sur 183 · Aff. Elr.. Rome, t. 50, fol · texte numérisé non relu

Aff. Elr.. Rome, t. 50, fol

Cardiml de Richelieu. fa

expédiée et sans aucune difficulté. Je vous ay lousjours cogneu si plain d'aiïeclion pour ce qui me concerne que je ne doute point que vuus ne soyez bien aise de m'en rendre une preuve en ceste occurcnce. Aussy ne vous y convieray je pas davantage, me contentant de vous asseurer que la ou j'auray lieu de m'en revancher, et vous faire voir combien j'estime et affectionne vostre personne, vous cognoistrez par effet que je suis véritablement

Monsieur,

Vostre très affectionné serviteur, Le Gard, de Richelieu.

De Huel ce i*"" jour de janvier 1636.

L'élection du cardinal n'avait eu d'autre motif que le désir de tlétruire la réforme : ces calculs furent cruellement déjoués. Pourtant, au premier moment, les réformés eux-mêmes éprouvèrent une certaine anxiété. Le cardinal devenait chef de l'Ordre et on ne pourrait rien faire sans lui et a lortiori contre lui. Appeler comme d'abus d'une élection qui ne paraissait pas fort canonique, c'était le froisser, alors qu'il l'avait approuvée en l'acceptant. Le nouveau général serait il favorable à la réforme ? L'attente ne fut pas de longue durée. Avant même la fin de janvier, Richelieu manda à Rueil l'abbé de Prières qui exerçait la charge de proviseur du collège de Paris et, dans un tête-à-tête qui dura plus d'une heure, <( il déclara ^ avec un grand air de confiance, qu'il n'avoit accepté l'élection faite de sa personne à l'abbaye de ('îteaux, que dans la vue d'employer toute l'autorité de cette charge et le crédit qu'il a voit auprès du Roi, pour le rétablissement d'une entière et parfaite régularité dans l'Ordre de Cîteaux, que c'étoit tout son dessein, qu'il sçavoit bien que le cardinal de la Rochefoucauld avoit, par l'avis de personnes qualifiées et expérimentées, pris les voyes les plus courtes et les plus assurées pour en venir là ; qu'il désiroit en toutes choses marcher sur ses pas et suivre ses vestiges ; que ce commissaire apostolique n'ayant plus de pouvoir, le temps de son bref étant expiré, il vouloit avec la seule autorité ordinaire de l'Ordre qui estoit entre ses mains, faire exécuter ponctuellement toutes ses ordonnances ; qu'il avoit besoin pour cela du ministère des réformés et de ses bons conseils, qu'il comptoit qu'il

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