X. lUciltl.ItU ABBÉ OÉNÉnAL DE PnÉMONTHÉ
Dans les documents (lue nous avons consultés pour préparer cette élude sur Richelieu réformateur des ordres monastiques, nous avons toujours trouvé associées ensemble les deux affaires de Cîteaux et de Prémontré. Le cardinal fut élu à la même époque abbé général des deux Ordres et, lorsqu'il demande à Rome ses bulles, il fait toujours mention à la fois des deux abbayes. Pour l'une et pour l'autre, ce qu'il affirme de façon constante, c'est son \if désir d'y établir la réforme. Malgré cela, le petit nombre d'historiens qui se sont occupés de la question accableni Richelieu d'amers reproches, se plaignent avec véhémence de son intrusion, de ses abus de pouvoir et affirment que sa violente intervention a compromis l'œuvre de la réforme dans l'Ordre de Prémontré ^ .\ous estimons que ces accusations ont exactement la même valeur que celles rencontrées précédenmient à propos de Cîteaux, de (hezal-Benoît ou de Gluny et nous nous contenterons d'indiquer à grands traits le rôle de Richelieu.
A la fin du XVP siècle, le 49® abbé général de l'Ordre de Préînontré, Jean Despruets, avait dirigé tous les efforts de son
1. Citons un seul exemple, tout léccnl. Le R. P. Godefroid Guigue écrit dans les Annales relifiieuses des Pères Prémontrés du 15 janvier 1912 : « Les enfants de saint Norbert n'ont pas Ricliclieu en vénération et pour cause. Le cardinal désira un jour la commende des abbayes de Gluny, de Cîteaux et de Prémontré, .\pparemment, il ne voulait se servir de son autorité que pour rétablir la réforme dans divers couvents des trois ordres ; mais il visait surtout aux revenus do ces établissements, chefs d'Ordres, et peut-être même aux richesses des maisons qui en dépendaient. Avait-il besoin de ces ressources pour la guerre ou pour ses extravagances personnelles? Mystère » Puis il nous parle do « la conduite scandaleuse du ministre souvei'ain >■■. nous le dépeint « grand intrigant, fastueux et rapace à l'excès », qui « dissipe les biens de Prémontré et cela jusqu'à sa mort ». Nous connaissons déjà ce style. Mais pourquoi décupler les chiffres, et nous dire cjne « le train extravagant du ministre, qui éclipsait la magnificence royale elle-même, montait à quatre millions par année, en monnaie de l'époque et malgré les temps difficiles )\ alors <iue le Compte de l'année 1639 de la Despence de la maison de Monseigneur le cardinal duc de Richelieu, publié par M. Maximin Deloche, nous dit expressément: «La somme toialle de la rccepte du présent Estât se monte à la somme de quatre cens quarante deux mil huit cens quatre vingt quinze livres, et la dépense se monte à quatre cens quatre vingt quatorze mil quatre cens soixante seize livres six solz » ?