C.-irdinal de Rirlieli>:u. ,n
290 RICHELIEU ET LA HÉFOUMi; MONASTIQUE
lien de 1 oui i donl les Pères Jésuites poursuivaient à Rome l'union avec un de leui^s collèges, bien (jue déjà le concordat fût signé avec la congrégation. Il lui apprenait aussi qu'on venait de payer quatre mille livres au nonce sur les arrérages du quindennium des abbayes de Chezal-lienoît. Il ne tarda pas à apprendre de son correspondant qu'à Rome on était très irrité de la tenue de ce chapitre général qui avait été con\oqué avant la réception des bulles. On nosa pas prendre de mesures radicales, mais la mauvaise humeur se manifesta par de nouvelles difficultés et des retards multipliés. Les cardinaux exigèrent qu'on renonçât à étendre l'union aux monastères de Cluny situés hors de France : ce fut accepté. Ils demandèrent que les moniales fussent affranchies de la juridiction de l'Ordre : on l'accorda. Ils refusèrent la communication des privilèges et indulgences : on s'accommoda encore de ce refus, lis décidèrent que Richelieu ne pourrait prendre le titre et exercer les fonctions de protecteur qu'en qualité de vi Caire du cardinal Barberini ' : Richelieu renonça spontanément à un titre qui effarouchait à tel point et qu'on sollicitait vainement pour lui depuis deux ans déjà, et ne voulut plus s'occuper que de travailler à la réforme plus efficacement encore que par le passé.
La commission pontificale, un peu décontenancée de rencontrer si peu de résistance, se réunit à nouveau et prétendit exiger qu'on lui soumît les nouvelles constitutions de la congrégation de Saint-Benoît avant d'accorder les bulles. Or c'était précisément pour valider ces constitutions qu'on avait attendu si longtemps avant de réunir le chapitre général. Ce fut le maréchal d'Estrées qui se chargea de remontrer aux prélats commissaires l'extravagance de leurs exigences. Alors ils demandèrent pour Dom Lucas et Dom Rollet des procurations en forme données par leurs mo-
1. La réflexion que fait à ce sujet Dom Mège (p. 309) ne. manque pas de saveur : Negandum cardinali Riclielio honorificum Protectoris titulum et nomen, sed rogandum epistola singulari per cardinalem nepotem, ut sui absentis vices expleat ubi necesse fueiùl. Rem cerfè nimis ridiculam, vit cardinalis Riclielius viri, quem infra se liabebat, vel nulle modo concedebat sibi superiorem, vicarius esse tandem dignaretur, qui tune temporis vix Regem ipsum supra se patiebatur, certè in plerisque videbatur aequare, cardinali Italo licet Pontificis nepoti subderetur et subministraret.
iu( hf:liei; abbé de ci.lny. 1636. 291
nasières : visiMeiueiit. rancicn graïKl-prieiir de (Jluny soufflait à Home les diflicullés et chicanes de procédures à opposer. Le cardinal Barberini de son côté créait à cliaque instant de nouveaux embarras. Il était évident qu'on n'en sortirait pas, d'autant que les impatiences et les ^iolences do langage du maréchal d'Estrées n'étaient pas faites pour aplanir les obstacles et adoucir les heurts.
Il écrivait le 31 octobre à Al. de Chavignv. Léon Bouthillier : « Je luy parlay ^ ensuite (au pape) pour l'union de la congrégation de Saint.- -Maur avec celle de Clugiiy suivant la charge que m'en avoit donnc^e Monsiour le cardinal de Lyon en partant, et afin de luy monstrer que je ne croyois pas que les difficultés qu on y i'aisoit xinssent de luy, sachant (|ue je ne luy ferois pas déplaisir de me plaindre du Dataire qu'il n'ayme pas, je luy dis que l'ayant fait prier de vouloir assembler et tenir une congrégation pour cela, il avoit respondu brusquement à celui que je luy avois envoyé. Il me dit qu'il falloit excuser sa façon de vivre et son humeur assez mal réglée, et qu'il envoyeroit Monsignor PanziroUe pour luy ordonner de tenir ladite congrégation... IP m'a dit encore (PanziroUe) qu'il avoit charge d'aller voir le dataire pour luy ordonner une congrégation sur l'union de Saint-Maur avec Clugny, et s'est retiré en me disant qu'il attendoil bientost Monsieur le cardinal Bischi. »
Et le 22 novembre : « La congrégation ' sur l'union de Saint- Maur avec Clugny a esté tenue, sans toutefois y donner une dernière résolution ; je presse derechef les commissaires de se vouloir rassembler sur les difficultés nouvelles qu'ils ont apportées, lesquelles étant facile de lever, il faudra qu'enfin ils donnent les mains à la raison et à la justice, ou qu'ils fassent connoistre peu de zèle et de soin aux bonnes oeuvres que Sa Majesté et Son Eminence entreprennent. »
Dom Hubert Rollet s'était bien donné garde d'assister au chapitre général. Prudemment retiré en Lorraine, ne donnant aucun signe do vie, il continuait à nager entre deux eaux, attendant le résultat des élections. S'il avait été continué dans sa charge