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de yraiid-priLMir de (Jluiiy, peut-être se serait-il déclaré satisfait et aurait-il lixé sa stabilité dans la nou\elle congrégation : mais quand il \ it î»oni Pierre Lucas (du [)Our son successeur, bien que pour luénoger sa suscei)tibilité on lui eùl donné la seconde dignité dans la congrégation, celle de premier assistant du Père Général et prieur de Saint-Germain des Prés, il jeta aussitôt les hauts cris, dit qu'il ne s"(''t;'.il nullemenl démis de son grand priorat, qu'on lavait dépouillé sans motif d'une l'onction ipi'il tenait directement du cardinal de Iliclielieu et ({ue le Tait do l'aNoir nommé premier assistant n'était (piuno ruse des supérieurs de cette congrég'ation où il ne s'était pas stabilit; et où il était bien résolu à n'accepter aucune charge. De l'ait il refusa toute marque d'acceptation de son obédience de prieur et, quand il revint à Paris, au lieu de descendre à Saint-(lenuain des Prés, comme c'était son devoir, il alla demeurer à Saint-Martin des Champs, et rédigea une plainte en règle (|u'il présenta au conseil de Uichelieu : il fut débouté.
Durant tout un mois, Dom Tarrisse inulliplia les instances pour le faire venir dans l'abboye dont le chapitre général lui avait confié le gouvernement : ce l'ut en pure perte. Il devint visible aux yeux de tous que si Dom Uollet eùl à la rigueur accepté la première place à Cluny. son org'ueil blessé ne lui permettait pas de se contenter de la seconde à Paris. Dom Tarrisse en informait Dom Placide Le Simon dans une lettre du 2 décembre : il lui donnait en même temps avis de la déclaration du roi contre les religieux de Corbie. Le 16, il lui mandait de faire signer la grâce relative à l'union a\'ec Cluny à n'importe quelles conditions, et d'en envoyer aussitôt un certificat en forme, ou bien de se procurer un acte authentique certifiant c[u'il poursuit l'affaire depuis deux ans sans avoir pu avancer d'un pas. Les lettres du 23 et du 28 décembre parlent de la commission qu'a reçue le nonce à Paris ^ de faire une enquête sur l'union de Cluny — il était vraiment temps de se décider, — de l'affaire de Corbie et, pour la dernière fois, du protectorat de Richelieu : c|u'il en laisse la no-
1. Le nonce, qui avait d'oliord épousé les répugnances romaines, n'eut pas plus tôt étudié les documents qu'on lui soumit, qu'il promit son concours et se porta garant des excellenles dispositions de Richelieu et des supérieurs de Sainl-Maur à l'endroit du Saint-Siège.
lUCIlKLlIii: ABBÉ DE CLUNY. 1636. 293
minalion à la libre disposition du i>aiie sans s'opiniàlrer, puisqu'on non veut pas, à d<Mnand(?i- le cardinal-ministre, pourtant le seul possible.
L'un def=' derniers actes du supérieur général de la congrégation de Sainl-Maur. ou mieux de Saint-Benoît, en cette fin d'année 1630. lut un acte de charité fraternelle envers la congrégation de Saint- Vanne, dont pourtant il n'avait pas ou trop à se louer depuis que le cardinal de Richelieu avait définitivement accordé ses préférences à Saint- Maur. La Lorraine était alors ravagée par la guerre, qu'allaient suivre l)ientôt comme de coutume la famine et la peste \ et les Pères de Saint-Vanne, obligés d'abandonner ime partie de leurs monastères, se trouvèrent très embarrassés de trouver un abri pour leurs religieux. Dès que Dom Tarrisse en fut informé, oublieux des mesquines rivalités de naguère, il écrivit à Dom .Antonin Jacquet, leur président, cette lettre empreinte d'une extjuise charité :
t Pax C h ri S'il.
Mon Uévérend Père,
Ayant appris non sans très grand regret l'affliction dont il a plu à Dieu visiter votre sainte Congrégation dans la playe commune, et que pour cette cause vous êtes contraints d'abandonner plusieurs de vos monastères, nous nous sommes reconnus obligés de témoigner à vos Hévévenres que nous compatissons avec un très vif ressentiment à votre douleur et y prenons telle part que si le malheur nous etoit également commun: votre Congrégation en général nous étant aussi chère que la nôtre, et vos personnes en particulier que nos propres personnes. Mais afin que vos Révérences en expérimentent les effets, nous vous offrons de très bon cœur nos monastères et vous prions très instamment nous faire l'honneur de les accepter et vous y retirer avec la même franchise et liberté que dans les vôtres propres ; et croyez que nous tiendrons à une faveur particulière de vous y recevoir et de vous y servir principalement en cette occasion, et nous souhaiterions si c'étoit la volonté de Dieu que ce fût en une autre qui nous donnât à tous plus de consolations. Nous vous accommoderons le mieux que nous pourrons en attendant qu'il plaise à la miséricorde de Dieu retirer la main de sa jus-
l. T^om CnlniPt. Histoire de I.orrainr. l. HT. col. 357.
29A iU(Ui;i.ii;t i:i i.\ i!i;ionMi; mon astioi l
tice et en disposer aiilronu'iif : iui iiiuins niang(M"ons-iious en paix le peu que le bon Dieu daiyncra donner à ses servilcurs. Que votre Révérence donc en dispose quand bon hii sendilera. Je la supplierai seulement de nous donner avis un peu auparavant du nombre de ceux quelle voudra envoyer afin (jue j'avertisse les supérieurs des lieux où il les faudra placer : vous assurant que ce que je dis procède du fond du cœur avec toute la franchise et candeur possible, et selon le sentiment de nos Pères qui le désirent et vous invitent avec une affection très cordiale. Si j'avois des ternies plus pressans et plus efficaces je les emploirois pour vous persuader encore d'avantage ; mais je crois que ce vous sera assez que le cœur parle et les effets quand il vous plaira. Ce qu'attendant je prie Dieu qu'il vous continue ses saintes grâces et fortifie le conrage afin de suporter ces souffrances avec mérite et nous rendre dignes û'y participer et à vos saints sacrifices en qualité de votre etc.
fr. Grégoire ïarrisse.
Le Président et les visiteurs de Sainl-Vanne lui envoyèrent tous les religieux qu'ils voulurent. Il les reçut avec affection et cordialité, en retint quelques-uns à Paris, et distribua les autres en di^ ers monastères des mieux accommodés. On en compta jusqu'à dix-huit dans une même maison. Comme il y avait assez de jeunes religieux pour faire un cours, on leur donna un maître et ils firent leurs études dans la congrégation. Jamais, dit Dom Martène qui nous a conservé cette lettre, le P. Tarrisse n'eut plus de joie, et il recommanda particulièrement ces religieux aux supérieurs des monastères où ils furent envoyés.
L'année 1637 revit les mêmes démarches, couronnées du même insuccès. Pour ne point fatig-uer l'altenlion du lecteur, nous nous contenterons de signaler rapidement les documents qui nous certifient cette invraisemblable résistance de la cour romaine à une entreprise reconnue bonne par le pape dès le premier jour et qui ne pouvait avoir en effet que d'heureuses conséquences pour TEglise et la religion.
A la date du 8 janvier, l'ambassadeur Annibal d'Estrées écri\ait à Bouthillier de Chavigny : « Quant à l'union ^ de Saint-Maur avec Clugny, voyant les longueurs que le Dataire y apporte, j'en ay