Dittl. \at., Coll. nal'jzo, t. 17G. fol
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<^Hic kl chicane, la luamaise \i<'. la clilapiclalioii du bioii des maisons & le delTaul d'oheissance & de supetiorité peut produire, pai'oisl, au gi'and scandale de loules les \illes où les maisons sont ^issises & de lout le pays cii'con\oisin.
» r*our rOhser\'ance, il ny en reste a piesent que {|ualorzc maisons, dont tous les religieux ne croyent {)as estrc obligez en conscience a rojtscrxalion ili; leurs \œus. parce (|ue l'eslahlisscmenl de leui' Ohserxance n"a ])oinl esfé confiriné |>ar le pai)e ; et \"<)slre Eniincnice peut juger des la (|uel desordre se ])eut glisser dans rcs|>ri( tV- dans la \ ie ilun moyne (|ui nian(|ue de ce l'ondeni(Mil. Aussy \ oyons-nous qu'a la réserve de c|uelquc comniunaulé iju'ils observent encores a présent, les niesmes desordres qui sont parmy les anciens sont encores j)ai*niy ceux de l'Observance ; et tie plus (|u'ils quittent impunément & sortent de leurs monastères sans au(;un scrupule ; & que le temporel des principales maisons est en tel estât par leur mau\ais mesnage, que cette seule raison les obligeroit de quitter, ce qu'ils sont prests de faire tous les jours dans Saint Martin des Chanqjs. ({ui est la seconde de tout l'ordre. Ainsy, Monseigneur, tout convie Voslre Kminencc a y niellri' la main: & la gloire c'(- \o meiite envers Dieu qui luy en re\ iendront, m'obligent de la conjurer de s'y porter efficacement. »
Nous aurons l'occasion d'étudier, dans im prochain volume, ce que fit le cardiiud Mazarin pour tenter d'arrêter cette lamentable décadence de l'Ordre dont il (Hait de\enu le chef ; nous nous cou tenions juijoiu'd'hui de remarquer qti'à dater de 1612, les deux obser\ances subsistent côte à côte. Les anciens, à qui Uichelieu 4ivait interdit de rece\oir des novices, en acceptent tle nouveau après sa mort, ou, pour parler ])lus exactement, continuent comme par le passé à transmettre leurs jn'ébendes à des cadets de famille et, sous le nom de religieux de l'ancienne observance, à mener leur \ie cha(|ue jour plus molle et |>lus \id(^ de chanoines désœuvrés, sans réussir jamais à se signaler ni j)ar un lionune, ni par une œuvre (juelconque. jusqu'à ce que enfin, à li \eille de la l\r- \olulion, un arrêt du Conseil diktat de Louis X\l, en date du 27 mars 1788, et un Inef de Pie \'I du i juillet suivant ^iennent les svqiprimer définiti\en)ent, (■pargnant ainsi à l'Assemblée Nationale la suitrême injustice d(^ confondre cette bi'anche morto et imitile avec les arbres encor<> verts et pb'ins de sève (|u'eli(^ allait
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iiballio l'Ole iiirlc tic son yniiul coiii. do Taux thi 13 février 1790. L'Etroite Uhservance de C'Iuii} dura jusciu'au l»uul, et finit même ijonoiabicmcnt : son su])érieur général, Dom Courtin de iXeubouig, lut guillotiné à Paris le '^^3 mars ITOi »ivec deux de ses confrères |»oura\oii- continué à célébrer la messe, et le dernier grand-prieur (le Cluny, l>oin J.-lî. Hollii. nuMinit déporté à la citadelle de l'île de Hé le vl sei)tendji-e ITUU. Mais on est oblige de recomiaîtrc «jue dans tout le cours de son existence, elle non jilus ne i>rodiiisil à peu près aucun homme, aucune œu\re martjuantc. Toute racli\ité des (Jlunistes réformés semble s'être déi)ensée en interiuinables querelles de préséance avec les anciens, en stériles conllils de juridiction a\ec les abbés de Cluny. C'est à peine si riiistoiro littéraire peut faire mention de quelques rares ouvrages tr-ès peu connus sortis de leur plume; ils n'ont pris aucune part aux (pierelles doctrinales de ré[)0(jue, et quand on parcourt les listes des appelants de la constitution i'nigcnifus \ où les Bénédictins de Soint-Maur tiennent malheureusement une si large place, on serait presque tenté d'en vouloir aux Clunistcs de n'y être p<''niblcment représentés que par deux noms, tant cette abstention témoigne d'apathie et d'indifférence intellectuelle, lorsqu'on sait d'autre part qu'aucun ne se signala pour la défense de l'orthodoxie.
Xous a\ons \ u di'jà les tentati\es de révolte (|ui se produisirent à l'abbaye de .Marmoutier après la mort de Pàchelieu : elles sont h' type de toutes les autres. A Paris, Dom i'aron de Challus, n'ayant plus à craindre le recours au cardinal, se laissa aller à toutes les imaginations de son ambition d'illuminé et réussit à troubler toute la congrégation ]jendant jtlusieurs années. Dom Lemperière lrou\a moyen d'ol)tenir gain de cause auprès de juges mal informés et réintégra le collège de Cluny où il fil son entrée triomphale pendant la semaine sainte de 1643 : peu de temps après, les réformés en étaient expulsés violemment par des gens armés. Fort de cette éclatante revanche, Dom Lemperière devint Tàme de la i'é\olte dans tous les monastères où il a\ait accès. Il donna asile dans son collège à Dom Pierre Lucas et Dom Hugues Ba-
1. I,a Con*liliition L'niqenilus déféré:' à l'Jlglisp niuvcrpolle, ou Recueil général des actes dappel inlerjeté? au futur concile général... Cologne, 1757,. 3 vol., in-fol. (Dihl. Xat., I.d'' 1"..)
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taille, devenus niaiiitenanl complètement hostiles aux Mauristes, cl qui venaient de préseutei- une requête au Grand-Conseil en ap-polnnt comme d'abus du concordat d'union, ("est lui encore qui excita les anciens reliyieux de Saint-.Marlin des Ciiami)S à chasser, les armes à la main, les Mauristes de leur monastère, dans la nuit du samedi 30 octobre lOi-i, au grand scandale do tout Paris. Encore quelques années, et il deviendra giand-i)ricur de Cluny.
On retrouve la main de ses émissaires dans l'affaire de ]\Iontmajour. Le cardinal Bichi, qui en était abbé, n'aimait pas les Mauristes et avait fait tout son possible pour entraver leur introduction, mais avait été obligé de se contenir tant que llichelieu a\ait \écu. La reine-régento l'ayant envoyé en mission à Rome, il s'arrêta dans son évêché de Carpenlras oïi le Aisiteur de la ])ro- \\iicc et le prieur de Montmajour allèrent le saluer. Il les invita poliment à quitter d'eux-mêmes l'abbaye, s'ils ne \oulaicnt être maltraités. Et en effet il refuse dès lors de payer ce qu'il doit à la communauté des réformés et par contre exige qu'ils paient des pensions à certains religieux anciens qui avaient quitté le monastère depuis quinze ans et dont quelques-uns avaient même apostasie, |)uis. afin de ruiner leur crédit, fait répandre par tout le pays le bruit de leur prochain départ. Il détermine les anciens à demander au pai'lement d'Aix la rupture du concordat fpt'ils ont signé avec les Mauristes et l'expulsion de ces derniers. Le prieur des anciens et le sacristain, pour aller plus vite, nkmirent même deux compagnies de soldats qui devaient faire maison nette le 25 juin lGi3. ("ette expédition militaire avorta ; mais à l'instigation du cardinal lîiciii. les consuls de la ville d'Arles, qui avaient eux-mêmes introduit les réformés peu de temps aiipaiavant, écri\ent à la reine que les Mauristes sont entrés par Aiolence à Montmajour. qu'il les en faut chasser et les remplacer par des Chartreux: que les anciens seront sécularisés et formeront une collégiale à Saint- Antoine d'Arles, qui se recrutera paraii la noldesse de la \ille et du pays. Le cardinal Bichi promet au parlement d'Aix de remuer €iel et terre pour arriver à ses fins, obtient du prince de Condé des lettres pour le gouverneur de la province et part pour Rome. Dom l'arrisse fait informer la reine-régente de ce qui se passe : désirant vivement la réforme et aimant les Mauristes, qui à sa grande joie et par exception pour elle, dirigent les religieuses de