‹ Le cardinal de Richelieu et la réforme des monastères bénédictinsChapitre 36 sur 183 · Ibid., no · texte numérisé non relu

Ibid., no

RICHEUEL COADJUTEUR DE l'aUBÉ DE CLUNV

n'clait pas rare de voir mander deux notaires royaux pour constater de façon authentique le litige, puis c'était rai)pcl comme d'abus porté au Parlement. Or le Parlement, qui depuis si longtemps s'essayait à jouer le même rôle auprès du roi, était presque toujours peu disposé à soutenir les droits de l'autorité : aussi l'abbé devait-il reculer, entrer en composition avec les rebelles, passer avec eux de véritables concordats ^

C'est exactement ce qui se produisit à Cluny, où les mornes hostiles à la réforme étaient de ])eaucoup supérieurs en nombre. A peine l'Abbé avait-il décrété — mesure qui pourtant s'imposait — que la petite communauté qui voulait suivre la stricte observance habiterait des lieux réguliers spéciaux et ferait l'office divin à part dans la chapelle de l'infirmerie, que la \'oûte, dans son assemblée du 27 novembre -, faisait des représentations sur les inconvénients de cette mesure et déclarait qu'il convenait mieux de célébrer l'office en commun. Or ce n'était pas le même bréviaire que l'une et l'autre communauté devait suivre.

Dom d'Arbouze convoque toute la communauté, fait constater à tous qu'ils ne peuvent s'entendre sur les moyens d'établir la réforme, et, s'autorisant de ce que le règlement de 1621 a été autorisé par le roi et le Parlement, lance son ordonnance du 2 décendîre qui en prescrit l'exécution et met tous les lieux réguliers à la disposition de ceux qui voudront l'observer, le tout par provision et jusqu'au chapitre général qui se tiendra le 14 mai suivant et réglera définitivement toutes choses '. Il la publie officiellement au chapitre le lendemain. Les religieux dressent aussitôt des mémoires i)Our s'y opposer ' et huit jours après, dans une assemblée tenue chez le prieur claustral, les sénieurs concluent qu'ils feront une remontrance à l'abbé au sujet de cette exclusion des anciens, du changement de bréviaire et de la division de l'office et se déclarent prêts à appeler comme d'abus contre l'introduction de la prétendue réforme dans l'abbaye^. L'abbé

1. Richelieu lui-même, nous le verrons plus loin, ne put éviter ces procès qu'en faisant évoquer les affaires au Conseil du roi et interdire au Parlement d'en connaître.

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