‹ Le cardinal de Richelieu et la réforme des monastères bénédictinsChapitre 35 sur 183 · Avenel, p · texte numérisé non relu

Avenel, p

5. On verra plus loin combien cette affirmntion epl illusoire.

C'était au moins la seconde fois ' que Richelieu adressait pareille demande aux supérieurs de Saint-Maur ; pour la seconde fois on se déroba. Pour nous expliquer ce refus, voyons ce qui s'étiiit passé dans l'abbaye de Cluny pendant les deux derniers mois de cette année 1627. Dès le 4 novembre, Dom d'Arbouze, renou\elant son ordonnance du 15 mai précédent, impose à tous ceux qui voudront se réformer le règlement de 1621, leur permet d'élire un supérieur, et ajoute cette clause grave que toutes les prébendes qui viendront à vaquer appartiendront à la communauté des réformés -. Pourtant le conseil de la communauté, la X'ortte comme on disait à Cluny, voyant qu'aucun des religieux anciens ne sera contraint d'embrasser la réforme, consent, le (3 noA embre, à l'exécution du règlement de 1621 * ; elle signifie deux jours après au grand-prieur sa délibération ; mais celui-ci, Dom Jean Sesse, déclare qu'il ne peut l'approuver parce qu'il n'est pas encore en paisible possession de sa charge : il a appelé comme d'abus aux Requêtes du Palais, et ensuite au Parlement, de l'ordre que lui a donné l'abbé le 25 septembre 1623 après a\oir déclaré le titre de grand-prieur éteint en faveur de la réforme : or cette affaire n'est point jugée définitivement.

C'est qu'au début du XVII* siècle, les abbés — et il faut entendre ici, non point les abbés commendat-aires, mais les abbés réguliers, ayant pleine juridiction spirituelle, comme l'était Dom d'Arbouze, comme le sera après lui Richelieu — étaient loin d'avoir sur leurs sujets ce pouvoir quasi absolu, despotique et facilement arbitraire, qu'on leur voit au XI X^ et au XX* siècles, même dans nos pays de république, de monarchie constitutionnelle ou de démocratie. A côté de l'abbé se tenait alors le conseil de la communauté : c'était une puissance à côté d'une puissance. L'abbé édictait un règlement, lançait une ordonnance : les sénieurs étudiaient ce règlement, vérifiaient cette ordonnance, et souvent décidaient qu'il fallait faire des remontrances à son auteur. Quand l'abbé n'écoutait pas ces remontrances et voulait passer outre, il

1. Noir la lotire rlu 8 juillet, citée plus h-nut. De plus, dans son règlement (lu 4 novembre. Dom rlArliouze dit qu'on n'a pu obtenir le concours des Pères de Saint-Maur.

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