Ibid., no
KICHKLIEU COADJllTEUR DE l'aBBÉ DE CLUNY 51
seule solution qui siiiiposait, riucorporalion pure et simple de Cluny dans la congrégation de Saint-Maur. Les moines clunistes de Saint-Arnoul de Crépy-en-Valois avaient été tellement édifiés par la vertu des premiers religieux mauristes qui avaient réi'oriné l'abbaye voisine de Saint-Faron de Mcaux qu'ils songèrent tous à embrasser la réforme. Kn 1622, alors que courait pour la première fois le bruit de l'union do Cluny et de Saint-Maur, ils députèrent le 0 août quel(jues-uns des leurs auprès du cardinal de La Uochefoucauld, qui venait précisément de recevoir le bref pour la réforme, le sui)pliant de déléguer l'évèque de Senlis et le prieur de la chartreuse de Bourgfontaiue afin d'introduire à Crépy quelques moines do Saint-Faron. Le cardinal, qui à ce moment avait encore bon espoir d'une solution, leur conseilla d'attendre plutôt c|ue l'union fût effectuée. Ne la voyant point se faire, ils s'adressèient directement aux supérieurs de Saint-Maur, qui, a\ec leur prudence habituelle, répondirent ne pouvoir rien faire sans l'autorisation de l'abbé de Cluny. Nullement découragés, ils eurent recours au roi, fort bien dis]).osé pour ces essais de réforme, mais qui ne i)0u\ait faire autre chose en la circonstance que de les renvoyer aux supérieurs des deux congrégalions intéressées.
Les moines de Crépy, dont la bonne volonté demeurait digne de tout éloge, voulurent alors adopter pour eux. et sans demander avis à personne, les anciens statuts promulgués sous le nom du cardinal de Guise. Ils en avaient le droit, puisque des lettres patentes du roi et un arrêt du Parlement les avaient sanctionnés. Ce n'était pas encore la réforme, mais du moins c'était un acheminement vers elle. Le prieur, qui dirigeait tout ce mouvement, Doni Amoul des Monceaux, plus tard vicaire général de Dom d'Arbouze ^ H pi-ocureur général de l'Ordre de Cluny, alla faire une retraile à Saint-Faron, se rendit un compte exact de l'observance des Mauristes et y rédigea pour lui et les siens un opuscule sous le titre Anni monastici distributio qui devait servir de base à l'organisation pratique de la vie conventuelle. Ce travail se répandit dans divers monastères clunistes où les bons religieux, quoifjue peu nombreux, gémissaient des divergences qui se voyaient dans la pratique de la règle ; il y fut accueilli avec