Bibl. Nat., Ooll. de Bourçiogne, 87, fol
2. Les deux religieux de Saint-Yonne qui et.ûent à Cluny, voyant qu'il ■; ne réussiraient à rien faire tant qu'ils demeureraient seuls, s'étaient engagés en effet, lors de la rédaction des nouveaux statuts, à obtenir de leurs .supérieurs l'envoi d'un certain nombre de confrères.
3. On voit avec quelle désinvolture l'abbé parle ici de ce à quoi les moines bénédictins tiennent le plus, la stabilité dans le monastère.
niciin.iEi;, ABBii di: cluny. 1G29. 61
peu ont projeté et practiquc. Ainsy le vostre a esté restably et tous les autres que nous voyons aujourd'huy esclairer dans le chandelier de l'Eglise. Ainsy celuy des Pères de la Congrégation de Verdun que Monseigneur a mis dans son abbaye de St-Pierre de Chaalons on Champagne ' par un seul religieux lequel aujourdhuy estdecedc et duquel seul Nostre Seigneur s'est voulu servir pour restablir et en Lorraine, en la Franche Comté, Flandre et France, la plus part des maisons de l'ordre St-Benoist ; en quoy il n'a usé de contraincte ains de la force du seul exemple. Car d'espérer aussy que l'Ordre de Cluny puisse se restablir et retourner a sn prisline splendeur par la rigueur de la force et par les loix d'un chapitre, comme croit Monsieur Joly, Advocat de Monseigneur, c'est s'abuser et se contenter d'une apparente et non vraye spéculation, et puis toutes les forces du monde n'en sçauroient venir a bout ; l'exemple de la seulle maison des Cordeliers a Paris en fait foy, celle des Augustins etc., et l'expérience que j'en ay me faict assurer cette proposition. Et puisque nous voyons que le moyen dont se servent lesdits Pères pour remettre l'Ordre de St-Benoist est grandement doux et efficace, par la séparation de ceux qui aiment leur profession de ceux qui baissent jusques a leur tonsure et habit, pourquoy en rechercher ailleurs et peult estre d'imaginaire ? Monseigneur le Cardinal n'eust jamais restably ces Abbayes au grand contentement des voisins s'il neust introduit lesdits Pères dans ses Abbayes : c'est prendre loy de luy et suivre ses volontez que de luy demender pour Cluny le mesme bien et moyen. Je vous prie donc au nom de Dieu vouloir luy faire entendre le contenu de cette lettre et luy faire comprendre que les séculiers ne sont point capables de reforme, la practicjue est maistresse, il fault des gens de mestier. Que s'il croit n'avoir assez de spirituel cédé, je luy en cederay autant qu'il luy plairra et tout s'il veult et Tay desja voulu faire entre les mains de Monsieur de Bourdeaux lequel n'a voulu recevoir ma démission ; je vous assure que je languis et crains de mourir devant que voir la renaissance de cet Ordre' qui par cette union ne peult recevoir
1. Richelieu fut nomme a.'jbé de Saint-I*icrre-au-Mont on 1024 à la morl de l'évêque Cosme Clausse ; il demanda au chapitre général de 1G27 un Père de la congrégation de Soinl-Vanne qui parvint à y rétablir robservance.
2. Dom Didier do la Cour-, morl i Sainl-Vanne do Verdun, le H novembre 1623, âgé de soixante-douze ans.
?>. Dom d'Arbouzc ne vil jamais cotte renaissance ; car, ainsi que le dit un opuscule sur Cluny, inlitulé Helormalionis causa peroralw, et adressé à Maurice Le Tellier, la réforme de Cluny ne devait jamais parvenir à l'âge parfait : Ab anno 161G ad 1621, sub Giiisio abbale, priori maiori d Arbosio, viro religioso, nasci cœpiL reformalio : puerescere sub ipso de Arbosio abbale, adolevil autein sub D. Cardinuli Hichaelio. (P.ibl. Ste-Geneviève, E 2036.) Elle mourut dans l'adolescence.
de la diminution ains de raccroissement pour le tout, et pourveu «lu'il plaise a Monseigneur )u'escouter en cela et que dans trois ou quatre maisons des premières de cet ordre, sçavoir celle de Cluny, la Charité sur Loire et St-Martin des Champs a Paris l'on y introduise lesdits Pères, l'on verra dans deux ou trois ans cet Ordre renaistre et prendre vie de jour a aultre pour servir encore l'Eglise universelle comme il a faict autrel'fois pendant tant de siècles. Sinon je me i-etijcray de cette maison pour vivre ailleurs en repos et en la tranquillité que je recherche depuis longtems. Je ne fais a présent que vivotter et ay de la peinne de me pouvoir recolliger ayant affaire a des personnes qui n'ont point de sentiment de leur salut ; c'est ce qui me bourrelle et qui me faict mourir. Du moins quand je leur auray moyermé de bons exemples, je seray consolé. Je vous escripts ainsy au long affin que vous soiez instruict de tout et que vous en parliez en après a Monseigneur que je prie a joinctes mains me vouloir tirer de ces inquiétudes. J'ay esté bien ayse de rencontrer l'occasion de ce bon Père Recollet gardien a Cluny, lequel est sçavant de tous nos affaires ; sans cette occasion j'eusse envoyé deux de nos religieux et si encores j'eus.se esté rendu certain du lien ou doibt Monseigneur faire du service je n'eusse laissé de les luy envuyer, et si Vostre Révérence le juge nécessaire pour l'efïect de l'obtention de ce que dessus et que l'on ne doibve plus nous remettre, il vous plairra me le faire sçavoir et incontinant la vostre receue, je ne manqueray de les licencier. Ils sont dans les mesmes impatiences que moy qui suis et seray toute ma vie pour telles obligations.
Mon Révérend Père,
Vostre bien humble et plus affectionné serviteur en N.-S.
A Cluny ce Ib inillel 1629.
Le Rd Père Archange du Tillet m'a faict espérer toute charité de Vostre Révérence ; nostre ordre vous sera obligé.
Le cardinal, de son côté, remerciait sans retard celui qui venait (le lui résigner la plus belle abbaye du royaume :
Monsieur,
Au retour ^ de Monsieur de Bordeaux j'ay veu le traicté qu'il vous a pleut faire avec luy de la démission de vostre abbaye de Cluny en ma faveur, dont je me ressent beaucoup vostre obligé, vous en envoyant la ratiffication pure et simple et ne voulant contrevenir en façon du monde a aucun poinct d'iceluy, et comme Je