‹ Le cardinal de Richelieu et la réforme des monastères bénédictinsChapitre 43 sur 183 · Arch. Nat., LL 1333, fol. 3b · texte numérisé non relu

Arch. Nat., LL 1333, fol. 3b

'2. Il venait en outre d'être condamne par arrêt du Grand-Conseil du "i'î mars 1629, à la suite d'un procès que lui avait fait Dom Phiiilicrt Lempcrière, prieur du collège de Cluny, à rembourser à celui-ci près de 6000 livres, soi-disant employées aux réparations du collège. (Bibl. Nat., Coll. de Bourgogne, {. 87, fol. 249.)

Richelieu, abbé de Cluny.

Première période : de 1629 au concordat de 1034.

Le Gallia Chrisliana dit que Dom d'Arbouze transmit son abbaye à Richelieu le 3 août 1629. Cette date est inexacte, comme l'était déjà celle donnée pour la bulle de coadjutorerie. C'est en effet le 3 juillet, à Pans, que Tabbé de Cluny signa son contrat de démission de labbaye avec l'archevêque de Bordeaux, Henri d'Escoubleau de Sourdis, que Richelieu avait depuis longtemps à son service pour les affaires les plus diverses. Ce contrat fut ratifié le 28 juillet par le cardinal, qui se trouvait alors à Montpellier, et que \enait de rejoindre Mgr de Sourdis. Les religieux de Cluny le reconnurent le samedi 11 août i»our abbé, chef et général, dans la chapelle de Bourbon, en présence des deux émissaires de Richelieu, Scarron ^ et Céberet".

Dom d'Arbouze était retourné à Cluny aussitôt après avoir réglé toutes choses avec rarche\èque et, sans même attendre le consentement de sa communauté à l'acte qu'il venait d'accomplir, s'était empressé d'écrire au Père Joseph une longue lettre que nous reproduisons ici en entier, à cause du rôle important

1. .lean-Baptisle Scarron. marquis de Vaures, conseiller au Parlement et secrétaire du roi, mort prévôt dos marctiands en 1046, âgé de 7? ans. Son fils, Antoine Scarron. prolonotairo apostolique et aumônier du roi, était abbé de Rarzelles quand Richelieu, en juin 1637, lui fit retirer pour inconduite son abbaye et la fit donner par dévolu à l'abbé de Chappes, Roger d "Aumont, plus tard évêque d'Avranrhes. (Cf. Avenel, t. TI. p. 152 et I. V. p. 790).

?. André Céberet. secrétaire de Richelieu et plus tard du chancelier. CCf. Avoncl. t. Ml. p. 1001.^

60 lUCHELIEL ET LA KÉFOUME MONASTIQUE

que va jouer dé.^ormais dans rallaiie de luniou de (Jluny el de Saint-Maur le confident intime cl le meilleur ami de Richelieu.

P(i.r Chrisli.

Mon Hevkuem) Pkre,

Puisque ' a présent j"ay donné a Monseigneur le Cardinal lieu d'agir en la reforme de Cluny par la cession que je luy ay faict de tout le temporel et de la pluspart du spirituel attaché a nostrs dignité abbalialle, il plaira a V. H. s'employer vers luy a ce qu'il me libère des langueurs esquelles moy et les religieux de la reforme sommes réduits. Il le peull sans fraiz et sans peinne, car qu'il luy plaise agréer de nouveau l'assistance que nous avons des Pères do la Congrégation de Verdun et me commander que je convienne avec eux des articles de l'union, lesquels dressez et arrestez je les luy envoyeray pour recevoir son authorisation et tout le traicté se fera soubs son nom et authorité, parce qu'en iceluy nous insérerons que c'a esté a sa réquisition et poursuitte que ladite union s'est entreprise et achevée. Il fera congnoistre qu'il est plus exécutant que Monseigneur le Cardinal de la Rochefoucault lequel après avoir entrepris cette union ne l'a voulu poursuivre. Les moyens de parvenir a cette union seront sans fraiz et sons peinne en ce qu'il ne faudra qu'envoyer quinze ou vingt des anciens religieux de cette abbaye qui ne veulent entrer dans la reforme et les loger dans les dépendances esquelles ils seront très bien et subroger en leurs places autant de Pères reformez -. Quand cela sera accordé, l'on vous envoira le nom des religieux qu'il conviendra congédier et les places qu'ils debvront occuper ; ils seront sans subject de se pouvoir plaindre quand on les désintéressera et qu'on les fera conduire aux fraiz de l'Abbaye ^ : hors ce moyen je n'en vois aucun qui pui.sse servir a Monseigneur le Cardinal pour remettre et restablir cet Ordre, je vous prie très humblement luy vouloir faire entendre, car d'espérer que cet Ordre tout abbattu se relevé par la tenue d'un chapitre dans lequel présideront et définiront ceux qui n'ont nulle volonté de le relever, cette esper-ance est vaine et seulement imaginaire ; et de faict jamais les chapitres n'ont relevé les ordres abbatus, mais bien maintenu quand ils ont esté relevé par l'ordre que

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