Cf. Bibl. Nat. Ld^e
2. On trouve le texte de cette lottre dans l'article cité plus haut de la Revue des Quesi. hist., t. 49, p. 130.
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voulu la reine, c'était inlioduirc dans l'abbaye parisienne les Pères do la congrégation réionnée, récemment érigée en Lorraine par Dom l)idi«;r de la (.'oui-, et elb^ aurait pris dorénavant le nom de congrégation de Sainl-dvi mmu, jadis de Sainl-Vaiine.
Dès ce moment, les moines lorrains axaient connnencé de rél'orinei- le collège de Cluny à Paris et l'abbaye Saint-Augustin lie Limoges (KilL!) : puis ce fut le tour de Noaillé et de Saint- I^'aron de Meaux (1015). de Jumièges (1616) et des Blancs-Manteaux (JOIS). Le tout s'ét«tii fait avec la permission du roi donnée par lettres patentes du 1'^. septembre 1010 ^ En l'année 1618, les moines réformés français étaient assez nombreux déjà pour songei- à s'unir en congrégation distincte : on ne pouvait, sans inconvénient pour la cause de l;i réforme, continuer à dépendre d'un Etat étranger (|ui axait juste l'étendue d'une province de France. In premier chapitre général se tint en novembre 1618 à Paris, au monastère des Blancs-Manteaux, en vertu des lettres patentes données par Louis XIII au mois d'août précédent pour l'érection de la congrégation nou\elle qui se rangeait sous le \ ocable de Saint-Maur -.
Dom Laurent Bénard, le principal instigateur de cette réforme, fut chargé d'obtenir de Piome les bulles nécessaires ' ; mais il y eut des retards provenant du mauvais vouloir de certains ministres de la Cour pontificale et le saint religieux mourut a\ant la fin des négociations, le 21 avril 1620. au collège de Cluny dont il était recteiw. I^ pape Paul V n'avait accordé l'expédition de^ bulles (|ue de vive voix quand il mourut lui-même le 28 jan-
1. Xouc publions co.c lettres jtatentes on l'Appendice, n» 2, car elles iniporlcnt grandement pour la question qui fut âprement discutée dans la suite de savoir" si Louis XIII avait jamais permis l'agrégation des monastères de France à la réforme de Saint.-\ anne.
2. Voir à l'Appendice, n" 3. Voir aussi dans le ms. fr. 15769 de la Bibi. Nat., f. 471, le Cerlifical des commissaires élus par le chapitre général célèbre aux Blancs Manteaux de Paris pour régir la congrégation : Ils. ont pris le nom de congrégation bénédictine de Saint-Maur et nommé pour supérieur Dom Tesnière. Signé : Martin Tesnièrc, iLaurent Bénard, Anselme Rolle, 7 avril 1619.
3. Certificat de Robin, banquier de Paris, comme il a escrit a Rome pour faire confirmer par authorité apostolique l'érection de la congrégation des Bénédictins dite de Saint-Maur, et de l'union du convenf des Blancs Manteaux de Paris a la dite congrégation. 8 nviil 1619. (Bibl. Nat., ms. fr. 15769, f. 472).
LA ni:roRMK monastique avant 1627 5
vicr 1621. Le 12 mars suivant, Louis XIII devait écrire au marquis de Gœuvres, François-Annibal d'Estrées, son ambassadeur à Rome, une lettre très pressante ' pour demander à (irégoire XV de légler l'affaire par bref, car l'expédition des bulles coûtait de grosses sommes que la jeune congrégation était hors d'état de payer : ce qu'elle possédait ne pouvait déjà sullire aux pensions qu'elle devait faire aux anciens religieux et aux réparations considérables que réclamaient les bâtiments des monastères qu'elle venait d'occuper. En même temps, le marquis de Puisieux recommaïudait à l'ambassadeur de presser de son mieux les officiers de la daterie apostolique; le cardinal de Relz de son côté faisait au pape un grand éloge des Mauristes.
Grégoire X\' fît expédier gratis les bulles d'érection le 17 mai 1621, accordant à la nouvelle congrégation les mômes grâces que Clément VI II avait départies à celle de Saint-Vanne, lui dormant tous les privilèges concédés par ses prédécesseurs à celle du Mont-Gassin, sur le modèle de laquelle il érige celle de Saint- Maur, et la mettant sous la protection du cardinal de Retz. Pour faciliter l'établissement de la réforme, le pape supprime les anciens offices claustraux et les unit à la mense conventuelle à mesure qu'ils viennent à vaquer-. Aussitôt après la réception d>i document pontifical, le nombre des abbayes se multiplie qui demandent la réforme et la congrégation de Saint-Maur commence à s'établir fortement.
Cette même anmie 1021, l'abbé de ("luny donna à ses moines un règlement de n'îforme daté du 10 mai ^ « fie l'advis el con-
2. Ces linlles de Grégoire W, Sacri Aposlolatiis ministerio, qui ont élc publiées déj;i à diverses reprises, lurent fulminées par l'oHicial de P.nris le If) moi 1ii2{), et des lettres patentes du roi des 15 juin lOSl et 15 mars lfi32 en ordoimèrent rexéculioii : l'arrèi de vérification rendu au Parlement de Paris est du 21 mars 1032. On en trouve un exemplaire aux archives des Affaires Etrangères, Rome, 27, fol. 30, et à la Bild. Nat., Ldi«, 197* et
3. Cet important document est reproduit en entier à l'Appendice, n» 5. Il y est dit qu'd a été décrété sur les avis du grand-prieur qui a consulté à ce sujet des « personnages de grande doctrine et eminens en la pratiquide l'observance régulière » • ce sont ceux de la réunion du 23 mars dont
G lUCHEI.IEi; ET LA HÉI OllME MONASTIQUE
seil » de Doiu (i\rboii/.e, son graiul-prieur. En réalité, ce règlelueul avait été rédigé ciitièremeiil par ce dernier : l'abbé, Louis do Lorraine, cardinal de (luise, s'était, malgré son litre d'archevêque de lleinis, marié avec une ancienne niaîlrosse d'Henri IV, (Charlotte des Essarts. dont il avait eu cinq enfants ^, et il avait un jour contraint le roi à l'enfermer au château de Vincennes pour l'empêcher de se battre en duel avec le duc de Nevers. 11 n'avait donc aucune des qualités requises pour réformer les mœurs de ses religieux ; il mourut du reste quelques jours après avoir signé ce règlement, le 14 juin 1621.
Par contre, le grand-i>rieur de Cluny. l)om Jacques de Veny d'Arbou/.e, était un excellent moine, d'une vio tiès régulière^ pieux. anini('' (rexcollenfe? inlenliojis. <i (|ui gémissait sincèrement sur la décaficncc de sa maison, mais très pacinfiue. timide, indécis et totalement incapable de mener à bien une réforme sérieuse. Il était fils de Michel Veny. seigneur d'Arbouzc ^, premier maître d'hôtel du frère du roi, l'rançois, duc d'Anjou (plus connu sous le nom de duc d"Alençon, mort en 1584), et en même temps bailli de Montpensier et gou\erneur d'Aigueperce ; sa mère était Péronnelle de Marillac^. Il fui d'abord prieur commendafaire, puis prieur titulaire de Ris en Auvergne, ensuite recteur du collège des Bénédictins de Dole où il rétablit l'ancienne discipline. 11 fut ensuite ])rédicateur et prieur claustral de l'abbaye de Cluny, puis grand-prieur « par l'ésignation du prédécesseur et le souhait imiversel des religieux ^ ». Toujours il avait eu un vif désir de \oir la réforme de l'Ordre de Saint-Benoît, Depuis la nomination du cardinal de Lorraine en 1612. c'est lui qui gou- \ernait réellement l'abbaye et tout l'Ordre de Cluny. Les pouvoirs
il est parlé plus loin. Ge règlement fut contîrmé par lettres patentes du roi du 4 juin 1621, registrées on Parlement le 3 juillet suivant. (Bibl. Nat., Coll. de Bourgogne, t. 87, fol. 88).
1. Le cardinal de Guise n'était pas prêtre, et ne reçut jamais que l'ordre du sous-diaconat.
2. Marguerite do N'eny d .Vrbouze, en religion sœur Marguerite de Sainte- Gertrude, (1580-1627), fille de Gilbert de Veny d'Arbouze, seigneur de Villemont, et nièce du grand-prieur de Cluny. fut la première abbesse et la réformatrice du Val de Grâce.