Fagniez, ouvr. cit.. t. II. p. 90, note 2, et p
2. Dom Mège dit qu'à dater de c«;Llc entrevue la congrégation n'eut pas d'ami plus dévoué que cel homme, aussi puissant sur l'esprit du cardinal que le cardinal sur l'esprit du roi, o: que Joseph sur celui du Pharaon ». (Ms. lat. 138G1. p 21).
3. Nous voyons en effet Dom Maur Tassin, successeiu' do Dom Tarrisse comme prieur de Noailié, nommé visiteur de la Trinité pour trois ans. (Coll. Fontencau, t. 27, p. 577.) Dans la 44^ de? Epistres escrites ù plume volante, adressée le 31 janvier IG35 aux religieuses de la Sainte-Trinité de Poitiers, le Père Joseph dit qu'il vient de supplier à nouveau le Père Général de continuer à leur donner des Bénédictins pour confesseur.».
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(,'iilielien do, la \eille, que le cardinal comprenait ses raisons cl renonçait an i)rojet.. La congregalio [umosa avait vécu. De plus Kiclielicu, lonclu" des élog-es que It* Pcrt' Joseph avait faits des -Maurisics, était résoin doi-es et d('jà î\ leur donner son abbaye de Marinoutier.
le pi'iil rcna(|uit sous une autre l'orme. L'auteur du projet, l)t)iii llollol. nullement déconcerté par nn premier échec, reprit l'idée d'unir Saint-Vanne, Cluny et Saint-Maur en un seul corps (|ui serait une véritable congrégation bien homogène : Richelieu ne serait plus supérieur généralissime, il se contcnlerait du litre de Proteclenr. Dom Tarrisse envisagea la nou\eUe solution -avec sang-l'roid : il comprit qne Uiclielicu et le Père Joseph n'étaient nullement à craindre, bien au contraire, mais que Dom Rollet, Dom Lemperière et les autres flatteurs du cardinal étaient des ennemis dangereux contre lescpiels il fallait se prérnimir.
Il y axait parmi les ecclésiastiques attachés à la maison de Ivichelieu nn ancien moine de Cluny sécularisé, nommé Claude de Bruillait, doctenr es droits, plus connu sous le nom d'abbé de Conrsan '. Nul n'était plus dé\oué à la gloire du cardinal : i.l entra aussitôt dans les vues de Dom Rollet et de Dom Lemperière et se chargea d'aller proposer ;"i Dom Larrisse le nouxeau projel comme désiré à la fois ])ar Richelieu, par Saint-Vanne et par Cluny. Cette union d'ailleurs aurait pour Saint-Maur d'immenses avantages : que de monastères réformés ! que de collèges fondés ! Que ne pouvait-on entreprendre .a\ ec Richelieu pour chef ? L'abbé de Coursan fît même espérer qu'en faveur de cette union, le cardinal se démettrait de sa juridiction spirituelle sur Cluny. Le sage Dom Tarrisse ne se laissa lias éblouir ; la pourpre cardinalice elle-même ne lui semblait pas une égide suffisante : le projet était beau, mais irréalisable ; il y a entre les deux congrégations des di^■ergences absolues, un abîme qu'on ne saurait combler : l'abbé
1. Il est très souvent parlé de l'abbé de Coursan dans la correspondance de Richelieu, et le cardinal le chargea de nombreuses missions. On le voit notamment, en mai 1C31, muni de la procuration de Richelieu, maintenir énergiquement ses droits de préséance aux Etats de Bourgogne. Cf. Appendice, n" 98'^■^ Il devint plus tard priinicier de l'église de Metz et s'occupa des intérêts de Mazarin comme abbé de Sainl-Arnoul et candidat à l'évêché de Aîetz.
UICIIKllEU, ABBÉ DE CLUNY. 163i. 95
cl<? (Jluiiy csl |)cr|i(Hu('l cl ;i juridiclion absolue sur toiil rOrdrc, Ifvs supérieurs de Saiiil Maur sont a la noniinalion du cliapilrc général : les deux iéi>inics ne sauraient s'harmoniser.
Labbé de Coursan, un peu décontenancé. alLendit (pudcpics semaines avant de tenter uu nouvel assaut. Il fut repoussé de nouveau. Alors il alla voir Mole et lui persuada que le projet dimion était chose ai-rèlé(^ dans ICsiirit du cardinal. Mole, qui se souvenait des embarras qut> la congrégation de Saint-Maur avait eus jadis au sujet de l'union, réserva sa réponse, mais dès le lendemain il manda l)om Tarrisse. et lui, d'ordinaiie si ncl dans SCS conseils, paiiil embarrassé et anxieux, ne sachant (\uo dire. Comment pourra-1-on s'opposer à la volonté de Uirhelien. (|ui supportait si difficilement la contradiction ? Sans doute les craintes et les exigences de Dom Tarrisse sont parfaitement légitimes : comment s'accommoder d'un supérieur général séculier nommé par le roi? Mais d'autre part sera-t-il possible d'amener Richelieu à accepter un abbé triennal, nommé par le chapitre général ? Faute de mieux. Mole conseilla de garder une attitude passive, de ne rien précipiter, de mûrir toutes les démarches.
l'^sl-ce pour éviter les dangers cpie présentait celle imion fictive des diverses congrégations sous un même protecteur cjui serait lliciiidieu. que Dom Tarrisse résolul, au mois dr juillet 1G34, sur les conseils du Père Joseph et d'amis influents de la congrégation, de demander au cardinal d'accepter le titre de protecteur spécial de la congrégation de Saint-Maur ? Dom Claude de Vie en parle à deux reprises dans son Journal : il nous apprend une première fois que Richelieu reçut du pape en 1634 un nouveau bref lui donnant pouvoir de réformer l'Ordre de Cluny : cxlani in Archimo nostro romano ea de re concessœ, Utterse apostolicse Urbani VIU^. Il dit ailleurs qu'au mois de juillet 163'i il reçut de Paris une lettre où les supérieurs majeurs lui mandaient : « \ous - avons prié Mgr le ('ardinal de Richelieu d'être protecteur principal de nostre Congrégation. Nous avons dressé un mémoire de la suppli(|ue poui* obtenir le Rref de Sa Sainteté ^ que nous