Coll. Fontcneau. I. 81, p
RICHELIEU, ABUÉ OE CLUXV. 1633. 93
Ce langage éiiei'gique éclaira le \'. Joseph. Le capucin a\ail sur l'archevêque de Bordi^aux et sur llichelieu lui-même, pdur comprendre de telles questions, l'immense avantage d"a\oir longtemi)s mené la vie religieuse. De plus, d'après le témoignage de Dom Tarrisse lui-même, « personne n'avait aussi bien que le Père Josepli compris l'esprit de saint Benoît*. » Il promit de parler au cardinal des dangers que renfermait le projet d'union, conçut à dater de ce moment une singulière estime de l'expérience et de la capacité de Dom Tarrisse. et reporta cette affection sur la congi'égalion tout entière -. Il lui demanda ensuite de ne point abandoimcr ses religieuses de Poitiers et de les laisser toujours sous la direction des Pères de Noaillé'.
Les vives angoisses du Père Général n'étaient point dissipées. Dès le lendemain, il écrivit au Père Joseph pour lui rappeler sa promesse de parler au cardinal et lui demander (juand il pourrait aller chercher la réponse. Il se présenta le soir même à 8 heures comme la \eille et rencontra à la porte du Palais Cardinal Dom Rollet et Dom Lemperière qui revenaient à la charge. Dom Lemperière aborda Dom Tarrisse, le combla de marques de respect et de dévoûment et l'assura qu'il était prêt à tout en fa\eur de l'union. Un mot sévère de Doin Tarrisse, prononcé sur un ton grave et doux, coupa coui-t à ces paroles cauteleuses : « Nous connaissons d'expérience votre amour de la paix et de la concorde, et nous savons aussi que Dieu qui juge les hommes d'après leurs œuvres vous donnera la digne récompense des vôtres. » Quand le Père Joseph eut expédié quelques personnes qui étaient avec lui. les deux moines de Cluny eurent leur audience, qui fut de courte durée, puis il reçut Dom Tarrisse très cordialement, l'assurant qu'il a\ait rapporté à Piichelieu leur