‹ Le cardinal de Richelieu et la réforme des monastères bénédictinsChapitre 63 sur 183 · ff. EU-., France. Mém. el doc. t. 812. fol · texte numérisé non relu

ff. EU-., France. Mém. el doc. t. 812. fol

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tection, ce que l'ardeur de so» zèle luy feit selon leur espérance accepter avec non moins d'affection que d'utilité. Mais comme quelque temps après son décès, ladite Congrégation commença par une spéciale providence du Ciel a se multiplier et grossir, aussi eut elle besoing d'un plus puissant support qui pût non seulement en affermir les fondemens, mais aussi la maintenir, et en promouvoir heureusement le progrès. Pour ce, les Supérieurs qui en avaient pour lors, et ont depuis eii la direction, forcés doucement, Monseigneur, par l'esclat de vos héroïques vertus, saincteté de vostre zèle en la reformation des Ordres religieux, l'excès de vostre incomparable charité, et tant d'autres très rares qualités tpii vous font admirer, et regarder de toute l'Kurope comme un prodige de sagesse, jetterent a l'heure mesme les yeux sur Vostre Eminence pour requérir très humblement de sa bonté le bien de son favorable appuy. Mais la seule crainte d'est re, ou rejettes comme téméraires, d'oser mendier l'honneur d'une si haute et advantageuse protection, ou de se monstrer trop importuns en son endroit dans l'administration générale d'un Estât tel que celuy de France, les a juscjues a présent empeschés d'ouvrir la bouche pour manifester leurs sentiments et désirs. Toutes fois, ayans souvent fait rellexion sur la grandeur de vostre esprit, marquée dans la générosité de toutes vos actions (que l'heureux succès .semble mettre dans les miracles) et dans l'ordre incroyable que votre prudence apporte aux affaires tant dedans que dehors le Royaume, mais avec telle Iranquillilé, que sans empressement aucun vous vaqués en sorte au gouvernement universel des choses grandes que vous n'abandonnés pourtant pas le soing des moindres lorsqu'elles peuvent tant soit peu servir a l'advancement du service de Dieu, non plus que si vous n'aviés a faire ou penser qu'a une seule : la force de ceste considération surmontant leurs justes appréhensions, leur fait aujourd'huy [^rendre la hardiesse de se jetter en toute humilité aux pieds de Vostre Eminence, pour la supplier très instamment daigner prendre ceste petite Congrégation en sa protection spéciale ; esperans que, comme la divine Bonté bénit continuellement vos desseings, et regarde d'un œil d'amour vos saintes entreprises pour l'advancement de sa gloire, le service de Sa Majesté, et le bien de ceste Monarchie, elle favorisera aussi misericordieusement dans la pureté de vos intentions le soing paternel de vostre charitable sauve-garde. C'est asses, Monseigneur, pour inviter Vostre Eminence a leur accorder leur très humble requeste, de luy dire que ceste Congrégation a pris naissance et progrès en ce Royaume, dont chascun void les interests vous estre plus chers que la conservai ion mesme de vostre propre vie ; que c'a esté sous le règne tres-fortuné, et par l'exprès commandement de nostre glorieux Monarque, lequel a bien daigné interposer vers Sa Sainteté son authorité royale pour en procurer

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rentier establissenienl : (lu'elle a d'ailleurs droit de se dire vostre, attendu qu'elle est composée, partie d'abbayes qui vous appartiennent, partie d'autres des plus fameuses et célèbres, a la reformation desquelles il vous a pieu elïicacement contribuer avec vostre authorité, les soirigs de vostre insigne et recommandable pieté. De quoy elle se recognoislra éternellement obligée a l'extrême charité de Vostre Kminence et de toute la gloire de son advancement, comme elle tient de la clémence du Ciel, et de la bonté du Roy le bonheur de sa naissance.

A ces causes, Monseigneur, les Supérieur General, Vi.siteurs, et Senieurs du Régime de ladite Congrégation, pour et au nom de tout le corps d'icelle, osent en toute humilité supplier Vostre Eminence, d'agréer, et recevoir leur très humble requeste, afin que doresnavant respirant sous les faveurs de vostre singulière et paternelle bienveillance, elle puisse avec plus de tranquillité vivre dans l'observance de ses exercices, et prier plus efficacement pour la personne sacrée du Roy, prospérité de Vostre Eminence, et accroissement de lEstat. Ce sont les communs vœux que dressent continuellement au Ciel

De V^ostre Eminence

Les très humbles, très obeissans, et très obligés Religieux et serviteurs.

F. Grégoire Tarrisse, supérieur gênerai indigne.

Fr. CoLOMBAiN Régnier, visiteur de la province de France.

F. Gérard Desaleux, visiteur de la province d'Aquitaine.

Fr. Placide de Sarcus, visiteur de la province de Bretaigne.

F. Maur du Pont, senieur du Régime de la Congrégation de Saint Maur.

F. Cyprian Le Clerc, senieur du Régime de la Congrégation de Saint-Maur.

Le cardinal accepta le titre de prolecteur qui lui était offert ; le roi écrivit à 1" ambassadeur de s'employer au succès de la chose. Dom TarrLsse mandait au procureur général, Dom Placide Le Simon, que certainement cela ne ferait point de difficulté et lui donnait seulement quelques conseils : <( .le ^ ne sçay si à Rome on prendra garde à la protection générale du cardinal Barberin. Si cela est, il l'auldra dire que ceste protection spéciale ne préjudiciera à la générale du susdit seigneur, veu que ce n'est en

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