Ourr. cit., t. II, p
Cardinal de Richelieu. 3
moutier et Saint-Lucien de Beauvais, et plus tard l'abbaye de Saint-Mélainc de Hennés et les 15.000 livres (jumelle rapportait. C'est le Hième lUchelieu (jui, dans 1' « Avis donné au roy après la prise de la lloclielle pour le bien de ses al'faires^ », daté du 13 janvier 1629, ne craint |)as de i'ournir à Louis XI 11 des indications discrètes sur ses défauts, puis l'ait lui-même son examen de conscience et écrit ces lignes :
On ne m'estimera pas, à mon advis, intéressé si on considère que j"ay refusé cent mil pistoles de financiers qui me les offroient, sans tliminution d'un sol du traicté qu'ils faisoient avec Sa Majesté, grâces que le feu roy a souvent accordées en occasions semblables, prenant le temps à faire du bien à ses serviteurs sans qu'il luy en coustast rien. Que je priay mesme la reyne de ne prendre point ce qu'ils luy vouloient donner, de peur qu'on pensast qu'à l'ombre de sa bonté j'y eusse part. Que j'ay refusé vingt mil escus de pension extraordinaire qu'il pleust au roy m'offrir, quoyque je despense grandement et ne subsiste que par les libéralités de la reyne sa mère. Qu'au lieu de prendre une abbaye qu'il luy avoit pieu me donner, je la laissay au chancelier, qui ne servoit pas mieux que moy, et en donnay une autre pour contenter le président Séguier, qui prétendoit avoir cette première abbaye.
Si c'est estre intéressé de n'avoir rien pris, pour la considéralion du roy, du débris des carraques dont il m'appartenoit plus de cent mil escus, et dont on m'offroit deux cents mil livres comptant; que d'avoir renoncé aux gages de l'amiraulté, qui valoienl plus de quarante mil livres ; que d'avoir emprunté plus d'un million de livres pour faciliter le secours de Ré ^ et le dessein de la Rochelle, j'avoue que je le suis Quant à la charge de la mer,
je proleste devant Dieu n'en avoir jusques à présent touché un seul sol, quoy(iue légitimement j'en ave peu avoir plus de cent mil escus. A l'avenir, le commerce estant bien estably, elle ne sera pas infructueuse .Te puis encore dire avec vérité que depuis que je suis
appelé aux affaires, je despense quatre fois autant que je faisois auparavant, sans avoir beaucoup augmenté de revenu. .Je puis dire aussy que j'ay servy dans l'armée en qualité de général sans en prendre les appointemens ordinaires, et il n'y a personne dans le conseil au dessous de moy qui ne tire de Sa Majesté trois fois plus d'appointemens que je ne fais. C'est l'ordinaire, la grandeur et le