‹ Le cardinal de Richelieu et la réforme des monastères bénédictinsChapitre 8 sur 183 · Bibl. Nat., Ld's 7'(, p · texte numérisé non relu

Bibl. Nat., Ld's 7'(, p

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7" Enfui on cleniantloia à labbé de Cluny d'approuver cel essai de rélonne par une ordonnance pour laquelle on sollieitera la confirmation du roi et la sanction du Parlement.

Le grand-prieur rentra à Gluny plein de joie et d'espérance; mais dès (lu'il voulut se mettre à l'œuvre et grouper autour de lui <fuelques moines pour exécuter ce commencement de réforme, il se heurta à de telles difficultés ot rencontra chez ses sujets de si vives contradictions (|ue, promptement découragé et jugeant un tel effort trop considérable pour ses soixante ans passés, il renonça à la réforme de son Ordre pour ne plus songer qu'à son propre salut et demanda humblement à Dom Martin Tesnière, qui déjà avait pu apprécier sa bonne volonté, de le recevoir au noviciat de Saint-iVIaur. Sa requête fut agréée ; mais l'abbé de Cluny, sur les remontrances sans doute de ses conseillers ecclésiastiques, refusa l'autorisation, représentant à son grand-prieur qu'il pourrait travailler plus efficacement au rétablissement de la régularité en restant à un poste qu'il occupait depuis si longtemps ; il lui demanda de rédiger un projet d'ordonnance, lui promettant de le faire approu\er sans délai par le roi et h; Parlement et de seconder énergiquement l'entreprise de la réforme. Telle est îa genèse du règlement daté de Parthenay en Poitou le 19 mai 1621 \ Moins de deux mois plus tard, le Parlement avait déjà homologué les lettres patentes données jiar le roi, du camp de Saint-Jean d'Angely : mais à ce moment le cardinal-abbé venait de mourir. Dom d'Arbou/.e, désormais seul chef de l'abbaye, ne 'voulut pas attendre l'élection du nouvel abbé pour demander au chapitre général de la congrégation de Sairït-Maur assemblé à ïumièges du li au 18 juillet 1621 de lui accorder quatre religieux, deux prêtres et deux jeunes profès, (fui pussent guider les moines de Cluny durant quelques mois dans leur essai de réforme. Une lettre de Richelieu, alors en disgrâce, mais qui s'intéressait déjà à ce qui se passait à Cluny, l'avait encouragé à faire exécuter au plus tôt le règlement du 19 mai". Malgré la recommandation du président du chapitre, Dom Colomban Réginier, qui avait été moine de Cluny et à qui Dom d'Arbouse avait

1. On y retrouve, sous une forme un peu différente, les sept articles indiqués ci-dessus d'après les Annales de Dom Mègc.

dévoilé son dessein de travailler à unir l'abbaye à la congrégation de Saint-Maur, la demande du grand-prieur ne fut pas agréée : on craignait, et l'expérience fit voir dans la suite que la crainte était fondée, que ce levain ne fût point suffisant pour soulever toute la masse.

Un mois plus tard, les moines de Gluny élisaient Dom d'Arbouze pour leur abbé. Dès que cette élection eut été ratifiée par le roi et le pape \ les démarches en faveur de la réforme reprirent. Le 12 mai 1622, l'abbé de Gluny manda près de lui Dom Henri Girard, prieur de Saint-Etienne de Nevers et procureur général de l'Ordre ^ et, après avoir pris conseil des membres de la Voûte ^ et des principaux religieux, il chargea le procureur et Dom Jacques Grenelle dé présenter en son nom aux supérieurs de la congrégation de Saint-Maur assemblés au chapitre général de Corbie les offres et propositions suivantes :

Nous offrons aux dits supérieurs la communauté de l'abbaye de Cluny qui vaut par an plus de 20.000 li\res de revenu, en prenant néanmoins sur icelle ce qui appartiendra à ceux qtii ne voudront être de la réformation. Le tout conformément à ce que nous obtînmes l'an passé de feu M. le Cardinal de Guise, abbé dudit Cluny, confirmé par Lettres patentes du Roi et enregistré en la Cour de Parlement de Paris.

Item ofïrons à celui que la dite congrégation de Saint-Maur voudra bailler pour chef et supérieur de ladite communauté, la charge et autorité de Grand Prieur pour en faire les fonctions tant en ladite maison de Cluny qu'es autres maisons dépendantes dudit Ordre.

Et en cas que lesdits Pères ayant examiné le revenu de ladite communauté réformée jugeassent qu'il fallut encore ajouter quelque chose du temporel, nous offrons y ajouter tout ce qui sera jugé et trouvé nécessaire, le prenant sur le revenu de Tabbé. Et les choses bien établies, si l'on reconnaît que l'on puisse unir tout le revenu de l'abbé à la manse commune, et surmonter toutes les oppositions et difficultés qui se pourront présenter pour cet effet, nous offrons

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