‹ Le cardinal de Richelieu et la réforme des monastères bénédictinsChapitre 9 sur 183 · Ibid., n · texte numérisé non relu

Ibid., n

3. Ibid., n" 13. « Les Pères de la \ oiillc sont les officiers et seigneurs de l'abbaye de Cluny, lesquels composent le conseil souverain de l'Ordre, à qui il appartient d'homologuer et ratifier tout ce qui se fait dans ledit Ordre, soit par les prieurs et communautés, soit par l'abbé même de Cluny. » C\rch. Nau, LL 1333, fol. ."!(;.)

10 liicmci.iF.u roT i.a rlfoume monastique

de contribuer en tout ce (|ui peut partir de notre consentement aux cuiiditioiiii raisonnables du payement de nos dettes et autres qui seront pour lors proposées.

Que si lesdils R. R. Pères de ladite Congrégation de Saint-Maur ne veulent entendre aux conditions susdites, ils seront suppliés de nous aider d3 cinq ou six religieux de leur Congrégation pour nous dresser et façonner par les exercices spirituels à une vie plus régulière et spirituelle que celle que udus menons.

Signé : D'Arbouze, abbé élu \

A CCS propositions les l*ôres du C'iiapiire fiient les réponses suivantes, demandant de préciser ces conditions, qui leur semblaient trop générales :

1° Est absolument nécessaire que M. de Cluny donne charge à son Procureur de déclarer au Chapitre si c'est son intention d'introduire les Pères de la Congrégation dans son abbaye et d'unir ladite abbaye à ladite Congrégation.

2° En quelle façon il désire traiter avec tous les anciens religieux, savoir ou en les contraignant de subir la réforme (ce qui n'aurait lieu), ou en leur donnant pensions proportionnées au revenu du couvent, à condition qu'ils permettent ladite introduction : qui est la plus facile voie.

3° S'il veut mettre toute la manse des religieux entre les mains desdits Pères à condition qu'ils payeront lesdites pensions auxdits anciens.

4° Quel fonds lesdits religieux de ladite Congrégation pourront avoir, lesdites pensions payées.

5° Savoir si les réparations de l'abbaye seront faites sur la manse des religieux ou non.

6° Si tous ceux de l'abbaye de Cluny veulent consentir à ladite introduction et aggrégation au moyen des pensions.

7° Si étant ainsi pensionnaires desdits Pères, ils voudront entièrement se séparer d'eux tant pour l'église qu'autres lieux réguliers. Quant à l'église, il sera expédient qu'ils soient séparés, si MM. les anciens ne veulent prendre le nouveau bréviaire et cérémonies de la Congrégation, et ensemble leur laisser toute la conduite et direction; de ladite église selon leurs constitutions. Autrement ce ne seroient que confusions. Quant aux autres lieux réguliers, sçavoir dortoir et réfectoire, il est en tout cas très à propos qu'ils soient séparés, afin que lesdits sieurs anciens ne détournent en rien lesdits Pères de leurs exercices spirituels et autres.

1. Il ne reçut la bénédiction .ibbalialc que le 4 avril 1623 des mains de Mgr Berthelot, évêque de Damas.

8° Si voulant se séparer ils voudroient céder auxdits Pères la grande Eglise et le grand dortoir.

9° S'ils voudroient consentir qu'après leur mort, leurs offices fussent unis à la manse.

10° Si MM. les anciens ne seroient pas toujours sous la conduite et obéissance de M. l'Abbé et son grand vicaire qui les maintiennent toujours dans le devoir.

11" Si MM. les anciens veulent consentir de ne plus recevoir de novices, mais qu'il n'y ait que lesdits Pères de la Congrégation.

12° S'ils veulent donner aux Pèi'es la charge de Grand Prieur, et s'il y en auroit rpielque autre que l'on y voulut mettre présentement.

13° Si les pensions des anciens ne seront pas supprimées par leur décès pour retourner à la mense des Pères de ladite Congrégation ;

14° et c'est l'article principal, sçavoir si faisant requérir la réfoi'me par le Procureur général de l'Ordre, les prieurés dépendants n'y seront pas compris, lesquels pour ce qui est des religieux qui généralement ne pourroient plus recevoir de novices non plus que lé grand Cluny, et ce par l'ordonnance qu'il faudroit que M. l'abbé fît, demeureroient toujour sous Tobedience et discrétion de, M. l'abbé et de son grand-vicaire : de telle façon qu'on ne les contraindront point daccepter la réforme ; mais conmie il y auroit plusieurs places vacantes dans lesdits prieurés M. l'abbé ou sun grand-vicaire de leur autorité ordinaire renipliroient les places au lieu de novices, des religieux d'un des prieurés qu'ils voudroient entièrement vuides : et qu'alors les Pères y enverroient un nombre suffisant de leurs religieux pour établir peu à peu dans les prieurés le même ordre qu'il y auroit dans la dite abbaye et ainsi successivement.

Manifestement les Pères de Saint-iMaqr voulaient traiter avec Cluny comme avec les autres monastères qui avaient accepté ou demandaient leur réforme, et la minutie des informations prouvait qu'ils ne voulaient point s'exposer à des surprises dont les suites leur seraient fâcheuses. A tous ces articles l'abbé de Cluny répondit très exactement :

Au l"'. L'intention dndit Abbé élu est d'introduire les Pères en ladite abbaye pour unir le convent chef d'ordre et les convens dudit ordre à la Congrégation sans toutesfois supprimer le nom et la dignité de ladite abbaye et ordre de Cluny qui ayant été des plus célèbres (le l'Eglise mérite encore par le mérite des anciens de retenir son nom et sa dignité ; et se ressouviendront les Pères que dès l'an 1614 lorsque feu M. le cardinal de Guise les fit venir de la Lorraine

pour les aboucher avec nous à Paris', ils ne se laisoienL point de peine d'entrer dans l'ordre de Cluny qui seroiL le chef de leur Congrégation, ainsi que les petits tleuves perdent leur nom eu entrant dans de grandes rivières.

Au 2* Il répond qu'il est assez éclairci par ce que niondit Seigneur Je Cardinal de Guise ordonna l'an passé que l'Ordre ne contraindroit personne et (jue la réformation seroit seulement pour ceux qui voudront vulonlairement s'y soumettre.

Au 3" H seroit d'avis que 1 on remit toute la mense des religieux en tre les mains des Pères qui .seroient chargés de payer les pensions >de ceux qui ne voudroient être en ladite réformation ; mais il est certain qu'il y auroit une extrême résistance à cela et qu'il faudroit plaider sur cet article : c'est pouiquoi il croiroit plus expédient ou de laisser à l'abbé le soin de les payer ou de leur assigner un fonds à jouir pour le payement de leurs pensions.

Au 4« Les pensions des anciens qui ne voudront être en la réformation payées et acquittées, il restera aux Pères plus de 8(300 1. de revenu sans le pain et le vin.

Au b" Toutes les réparations sont et demeurent à la cliarge de l'abbé qui en a dès ce jour pour 3(KH)0 1. à faire dans la maison de Cluny et au dehors dans les dépendances.

Au 6* L'on ne peut faire état du nombre assuré des religieux qui voudront embrasser la réformation, sinon de 7 ou 8 et de 20 novices: car pour les novices on mettra dehors ceux qui ne la voudront pas embrasser.

Au 7* 11 est certain qu'il faudra un arrêt devant que d'obtenir que les religieux refusant de se soumettre à la réformation quittent l'église à ceux de ladite réformation : bien, pour le reste, consentiront-ils d'être séparés ; ils feront infailliblement refus de changer leur office, bréviaire ou cérémonies.

Au 8* est répondu par ce que dessus.

Au 9* est répondu par ce que feu M"" le cardinal de Guise accorda, qui est approuvé par Sa Majesté, que par la mort les offices demeureront unis à la communauté, ce qui est du tout nécessaire : à quoi pourtant les officiers contrediront tant qu'ils pourront.

Au 10* Il est porté par ce qui fut ordonné l'an passé que les religieux refusants seront sous la juridiction du Grand Prieur, à plus forte raison demeureront-ils sous celle de l'Abbé.

Au IP Par ce qui fut fait l'an passé il est résolu qu'on ne recevra plus de novices que ceux qui voudront vivre en réformation et il n'y a personne des dits anciens qui puisse recevoir de novices.

Au 12" Par les mémoires envoyés à Dom Grenelle procureur, il

\. C'était au moment où Marie de MéiJicis songeait, comme nous l'avons vu, à unir Tabbaye Saint-Germain des Prés à la congrégation de Saint- Vanne.

LA RÉFORMi: MONASTIQUE AVANT 1627 13

est nommément dit que je bailleray aux dits Pères l'ofQce de Grand Prieur avec toute l'autorilë et pouvoir qu'un grand prieur a audit Ordre comme je suis prêt de faire. Pour les autres officiers, je ne pense pas qu'il y en ait un seul pour le présent qui veuille se remettre de son office.

Au 13* Les pensions des anciens et refusants demeureront supprimées par mort.

Au dernier article nous sommes content que le R. P. Prieur de Saint-Etienne avec procuration de nous porte ces présentes réponses aux Pères en leur chapitre général et que ladite réforme établie à Cluny le chef de l'ordre, l'on travaille à l'étabir aux maisons dépendantes dudit Cluny par les provinces de France.

Signé DAnBOL'ZE, Abbé élu.

Les Pères du chapitre, après en avoir délibéré, répondirent que l'affaire était trop grave pour qu'ils pusse'.nt donner une réponse immédiate et qu'il convenait de la laisser mûrir.

Tout en satisfaisant aux multiples questions ([ui lui avaient été posées, l'abbé de Cluny ne pouvait se méprendre sur le peu d'empressement que mettaient les supérieurs de Saint-Maur à accepter la charge de réformer son abbaye. Aussi, dès qu'il etit reçu la bénédiction abbatiale \ il vint lui-même à Paris, espérant mieux réussir en agissant personnellement. Il se fit accompagner de Dom Pierre Lucas et Dom Claude Bridet. délégués du chapitre de Cluny -.

Il espérait d'autant plus de ce voyage que l'année précédente le pape Grégoire XV avait adressé au cardinal François de la Rochefoucauld, évêque de Senlis et grand aumônier de France, le bref Speculatores domus Israël, du 8 avril 1622, qui le char geait de « la A'isite et réformation des monastères de religieux des Ordres de Saint -Augustin, Saint-Benoist. Clugny et Cisleaux\ » Ce bref avait été demandé par une lettre du roi, écrite oin 1621, à l'instigation du cardinal de Retz; aussitôt reçu, il fut revêtu de lettres patentes de Louis XIII, datées de Carcassonne 1& 15 juillet 1622. ordonnant son exécution par les soins d'une com-

1. Appendice, n° li. La veille même de sa bénédirlion. le 3 avril 1623, il obtenait des anciens religieux de Cluny leur consentement à la réforme. (Bibl. Nat., Coll. de Bourgogne, I. S7. fol. 108, on se trouve la liste desnoms des anciens).

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