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LE CARDIN Al. DI-: l'.OHAN-CH AHOT 135
résignation faiblît, fcllle demanda à son mari de ne pas la quitter et elle expirait le lendemain, à huit heures du matin. Pour achever le portrait que nous avons ébauché de la princesse, nous ne saurions mieux faire que de reproduire l'épitaphe, gravée sur son tombeau, dans l'église de la Hoche- Guyon :
« Ici repose la dépouille mortelle dArmandino- Marie-Georgine de Sérent. princesse de Léon, enlevée par les tlammes à deux familles, dont elle était le lien et le charme, par la perfection de son caractère; à la société, dont elle était lornement et l'exemple j)ar son esprit et ses vertus ; il la religion qu'elle faisait aimer par sa charité, sa douceur et sa bonté; aux malheureux, dont elle était l'appui et plus encore la consolation.
« Elle expira. a|)rès quinze heures de soutîrances supportées avec une héroïque et chrétienne résignation, le 10 janvier ISl"), âgée de vingt-quatre ans.
« Dernière de son nom, ayant perdu son père et son oncle victimes de leur dévouement à leur |)atrie et à leur roi.
<• Pn/'z- pour son ànir ! »
Ce n'était pas trop des sentiments de profonde piété que n'avait cessé d'avoir le prince pour qu'il pût traverser sans en être écrasé une pareille épreuve. Il restera. |)our M'"' de Serrent, le plus attaché des lils ci ci»nlinuci"i d'avoir chc/ clic.
jusqu'à son dernier jour, son appartement et plus tard sa chapelle^.
Son malheur datait à peine de deux mois, quand éclata le coup de foudre de l'île d'Elbe, qui dispersait à nouveau la cour. Le 19 mars, à minuit, le roi avait quitté les Tuileries et s'était dirigé sur Abbeville, escorté par sa maison militaire. C'est à Abbeville que le duc de Rohan et le prince de Léon se séparèrent de Sa Majesté : le premier, pour remplir une mission en Angleterre ; le second, pour rejoindre le duc de Bourbon en Vendée, et tenter d'y provoquer un soulèvement.
Le comte de Gastellane écrivait à son fils, le futur maréchal :
K 19 mars.
« M""* de Rohan fait pitié, elle fuit Paris pour se retirer avec sa famille à Acosta-. »
La reine de Naples écrivait, à ce moment, à M"" Récamier : « Je viens de recevoir des nouvelles bien alarmantes. On dit Paris tout en révolution, le roi perdu, etc., etc.; enfin tout sens dessus dessous. N'oubliez pas que votre famille,
1. M"" de Sérent, qui, lors du mariage de sa fille, habitait rue de Lille, s'était transportée, en 1814, rue de TUniversité, dans l'hôtel de Sérent, qui, ayant été affecté, après conflscation, à un service public, ne lui fut restitué que par la Restauration. Cet hôtel a disparu lors de l'ouverture de la rue de Villersexel.
2. Acosta était le château des Gastellane. La comtesse de La Rochefoucauld, soeur du duc de Rohan, veuve du La Rochefoucauld massacré à Gisors, avait épousé, en secondes noces, Boni de Gastellane, père du futur maréchal; elle était universellement aimée et vénérée.
votre amie (M"' de Staël) avez ici des amis qui seront heureux de vous recevoir. Vous y trouverez amitié, service et protection. Dites à M. de Rohan qu'il sera reçu ici avec sa famille, comme il Ta été quand il était seul'. »
Avant de suivre le prince dans son nouvel exil, indiquons un incident dont il aurait été le héros et que rapporte M. Geoflroy de Grandmaison dans son livre sur la Congrégation : « Lorsqu'au début de sa burlesque et tragique aventure (c'est des Cent Jours, de Lagny et de Waterloo qu'il s'agit !) Napoléon, arrivé aux barrières de Paris, devant la garde nationale rangée en bataille, on fit l'appel de ceux qui voulaient défendre la royauté les armes à la main, à l'une des compagnies, trois volontaires sortirent des rangs : c'était le duc de Rohan, d'IIaranguier et Xavier de Ravignan-. » Le duc de Rohan? voudrait-on nous faire croire que le premiergentilhomme de lachambre s'était engagé comme garde national ? Si c'est du prince de Léon qu'il s'agit, comment un major de chevau-légers serait-il devenu simple soldat citoyen? c'eût été se faire d'évèque meunier. Tous deux étaient, le 20 mars, nous l'avons dit, non aux barrières de Paris, mais là où ils devaient être, près du roi en fuite. Cette prétendue manifestation aux barrières est donc — je ne dirais pas burlesque — mais aussi controuvée pour le père que pour le fils.
Le duc de Rohan retrouva, à Londres, jV!"" de