‹ Le cardinal de Rohan-ChabotChapitre 38 sur 107 · Archives de la maison de Rohan · texte numérisé non relu

Archives de la maison de Rohan

La comtesse, à qui était adressée cette lettre, était M"" de Rohan. tante de notre abbé ; elle était veuve du duc de La Rochefoucauld, massacré à Gisors. et s"était remariée au comte de Castellane, père du futur maréclial. M'"' Boni était W" GrefFullic, femme de ce futtir maréchal.

LE CARDINAL l)L llOIIAN-CILAIiOT 215

graphe du roi au pape, lui désignant M. de IVjiian pour le chapeau, et, en réponse à cette notilication, un engagement ferme de la cour romaine. Le 28 septembre précédent, le cardinal de la Genga, secrétaire d'Ellat du Saint-Siège, avait été élu au Souverain Pontificat, et il avait pris le nom de Léon Xll. Le candidat de la France à la papauté avait été le cardinal Gastiglioni, auquel le cardinal Severoli était opposé, par le parti zelantc dont il était le chef. Ce parti était l'ardent sectateur des idées ultramontaines, de l'inflexibilité des anciennes doctrines et Tennemi de toutes les concessions qu'avait imposées l'esprit du temps et grâce auxquelles le Saint-Siège était rentré dans les relations les meilleures avec toutes les cours de l'Europe. L'Autriche, qui voyait dans le cardinal Severoli, l'implacable adversaire de sa domination en Italie, écarta sa candidature en exei'çant contre lui le droit d'exclu'^ion qui appartenait aux couronnes. Severoli s'en vengea en employant tout ce qu'il avait diafluence sur le cardinal la Genga, zclaiilc comme lui, pour qu'il acceptât la candidature à la papauté. La Genga fut amené à céder par l'implacable obstination de Severoli; celui-ci se promettait bien, le nouveau pape lui devant son électioa, de ne lui rien laisser du pouvoir. « Ce nouveau pape n'a contre lui, écrivait le duc Laval-Montmorency, notre ambassadeur, qu'une santé alfreuse qui le retient les trois quarts de sa vie dans son lit ; mais la liberté effrénée de li presse n'épargnera pas les souvenirs dune vie dissipée ([u'il répare, aujour-

216 LE CAIîDlNAT. DE ROUAN-CIl AliOT

d'Iuii, par de grandes au-térités. Après le cardinal Car-tiglioiii, ((ui avait le \œii de noire cour, il était impossil)le d'avoir un pape qui dût lui être plus agix'ablc '. »

Léon Xll avait choisi, comme secrétaire d'Etat, le cardinal dclla Somaglia : ce prélat était âgé de quatre-vingts ans. Un aurait pu se demander ce quallaicnt devenir les relations avec une cour représentée par un agonisant et un octogénaire. Mais le cardinal délia Somaglia était un esprit de premier ordre, sans la moindre défaillance, rompu aux grandes atlaires, aussi clairvoyant que résolu et mesuré, du reste entièrement acquis à la France. Son action était malheureusement contrebalancée par Tàpreté de la domination de Severoli. Bien ne peut donner idée de l'activité de cet indomptable prélat : atteint d'une allection de poitrine, qui le clouait sur son lit et à laquelle il allait succomber, il avait trois secrétaires qu'il mettait sur les dents, se ménageait des allidés partout; conibiniiit, croisait, entrecroisait se» intrigues, et accablait de ses niises en demeure le malheureux p;tpe qui en géuiissait. mais finissait presque toujours par se rendre-.

Page 1