Ihid., t. VUl, p. \~i
3. On lit dans une note de Saint-Simon sur le Journal de Danqeau (27 sept. I(i86) : « Il faut, une fois pour toutes, dire ce que c'est que ces justaucorps à brevets. Au commencement que le roi fut amoureux de M"" de la Vallière et qu'il ne s'en cachoit plus, la cour étoit à Versailles au même état à peu près où Louis XIII l'avoit mise, qui n'étoit rien. Le roi y alloit une fois ou deux la semaine, en très petite compagnie, passer une partie de la journée avec M"" de la Vallière et il imagina un habit bleu doublé de rouge, avec la veste rouge, et l'un et l'autre brodés d'un dessin particulier. 11 en donna à une douzaine de ceux à qui il perniettoit de le suivre à ces promenades particulières de Versailles et qui, avec cet habit et non sans le porter, alloient ces jours-là sans le demander. Dans la suite, ces habits se multiplièrent jusqu'à quarante, où ils sont demeurés fixés, et, f|uand il en manque, le roi l'accorde par un brevet, d'où ils s'appellent justaucorps à brevet, lis ne donnent ni puissance, ni entrée quelconque; toute la distinction est qu'ils se portent en deuil et qu'ils sont portés tous le temps où l'or et l'argent étoient défendus sur les habits. »
Lorsque, en 1682. M. de Vardes se présenta au roi, après son retour d'exil, et revêtu d'un vieux justaucorps comme on les portait à vingt ans de là, Sa Majesté s'étant moquée de ce justaucorps, M. de Vardes lui dit : « Sire, quand on est assez misérable
La duchesse de Rohan, depuis le mariage de son fils, sa bru ayant pris le titre de duchesse, prit celui de princesse de Rohan. Elle mourut, le 8 avril 1684, à l'âge de soixante-sept ans.
Il était un point de l'histoire do M™^ de Rohan qui n'avait pu être fixé jusqu'ici : était-elle morte protestante ou catholique?
Tallemant, dont les allégations dénigrantes sur M™" de Rohan se réfutent d'elles-mêmes, Tallemant prétend qu'elle abjura, à Sully, pour se marier, puis, qu'ayant fait reconnaissance à Gergeau (c'est-à-dire abjuré son abjuration), elle serait en dt'hnitive revenue à hi foi catholique à Saint-Nicolas-des-Champs. De tout cela rien qui ne soit le contre-pied de la vérité. Quelle raison, en elfet, y aurait-ii eu de stipuler, au nom de la régente, dans le contrat de mariage Rohan-Ghabot, que les enfants à naître seraient catholiques, si, par suite d'une abjuration, les deux époux avaient eu la même foi? Et puis, sitôt après le mariage, si M™" de Rohan-Chabot avait été' catholique, comment le procès que lui intenta sa mère aurait-il été porté devant la Cliambre de l'Edit, qui ne pouvait connaître d'un ditî'i'rend que lorsque les parties étaient toutes doux j)rotestantos.
A la date du 8 avril 168i-, Dangeau inscrit, dans son Journal., la mention suivante : « Le roi envoya le duc de Charost cIk^z M™° de Rohan, qui se mouroit, pour tâcher do lui faire écouter les gens qui lui parleroient de changer de religion. » Puis, le
pour être éloigné do vous, non seulement on est malheureux, mais on est ridicule. •»
samedi 9. il ajoule: «M"" la princesse de Rolian mourut à Paris. » Dangeau ne prend pas la peine de nous révéler si les gens, qui jiarlèienl à la princesse, parvinrent à la faire abjurer; ])onr lui, une médecine prise par le roi avait un Lien autre intérêt.
La Notice hisforiqur ef (jènéaloglcpie sur la maison de Chabot dit que M'"" de Rohan fut enterrée, près de son mari, dans l'église des Céleslins'; le Père Laplace donne même, dans ?,on Recueild'épitaphes, celle qui fut gravée sur la tombe de la princesse : quatre vers de la dernière platitude, mais qui ne signifient al)solument rien, s'il n'en résulte pas que .M"' de Rolian fut inhumée dans le tombeau de son mari-.
j\I. l^augel fait enterrer la princesse d'abord aux (k^lestins, j)rès de son mari; oubliant ensuite celte première indication, il la fait enterrer à Charenton, où se trouvaient le temple et le consistoire, une sorte de Port-Royal protestant. Puis, s'autorisant du silence de Dangeau et sans autre preuve, il n'hésite pas à dire : «Elle se refusa à changer de religion et mourut dans la foi que son père avait tant de fois défendue les armes à la niain'^ »
\. Notice historique et j^énéalofiiqiie de la maison de Ch;ibot. (Bibl. nat.)