Testament du cardinal, étude Fuulaua
400 LE CARDINAL DE ROUAN-CIIAlîOT
(le paraître à Rome, dont la volonté expresse du pape lui avait dernièrement refusé l'approche, et d'y venir recevoir le chapeau des mains du pape futur 1. »
De Nice, le cardinal était parti, sans aucun délai pour Rome. En quittant Gènes, il avait informé son cousin, le duc de I.ucques, qu'il passerait dans ses Etats et s'arrêterait à Massa. Nous avons dit comment cette Altesse avait rompu avec les pieuses pratiques de sa première jeunesse ; ses (h'd)ordements devinrent tels et lenchaînèrent au point que sa femme, archiduchesse d'Autriche et du plus grand mérite, dut se séparer de lui. On pardonnait beaucoup, dans un certain monde, à cet agneau parce qu'il avait refusé de reconnaître le gouvernement de Juillet et aussi parce qu'il continuait de se dire le fils soumis de l'Eglise, quand il faisait si bon marché de ses enseignements. Le cardinal était à peine arrivé à Massa que le duc entra comme une trombe dans sa chambre, se jeta dans les bras de son cousin et le pressa sur son cœur à FétoufTer. Le cardinal, cette première fureur d'embrassements calmée, s'était excusé de s'être laissé prévenir par Son Altesse. « Vous êtes plus que moi, lui répartit le duc, vous êtes cardinal et, pendant la vacance du Saint- Siège, vous êtes la plus haute autorité de l'univers ! » Il ne quitta son éminent cousin qu'après avoir obtenu de lui l'engagement qu'il descendrait à Rome, dans son palais de Lucques, où il