AIT. élrang., Rome, vol. 907, f" 22o
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conclave, on connaîtrait mal les dispositions danslesquelles le gouvernement alteudait lY^leclion du pape. Pour s'édifier sur ce point, il faudrait se reporter aux inslructions adressées, par ce mèmfr gouvernement, au marquis de La Tour-Maubourg^ ambassadeur extraordinaire auprès du conclave, et au cardinal Isoard, le seul prince de l'Rglisfr qui fût en mesure d'y prendre part. L'inspiration qui les avait dictées était vraiment d'or et dignes à la fois de Rome et de la France ; mais, dans la réponse aux réclamations du cardinal, la politique avait apporté son alliage.
Lorsque, dans sa lettre du 4 décembre, j\L de Rohan réclamait les frais d'établissement du cardinalat, il ne pouvait connaître l'ordonnance qui lessupprimait, puisqu'elle était édictée ce jour-là même 4 décembre ; et l'eût-il connue, il n'aurait pu imaginer qu'elle lui fût opposable. Mais on en reste à se demander par quelle aberration un homme d'Etat, de l'intégrité du général Sébastiani, consentait à se faire le complice de la politique d'estaminet de M. Mérilhou, et annulait, par application d'une ordonnance du 4 décembre, une dette contractée le 5 juillet précédent. Ce ne pouvait être qu'en vertu de cet axiome de morale facile qui veut que ce qui est bon à prendre est bon à garder, Cet axiome, du reste, le gouvernement venait d'en faire une première et audacieuse application : la répartition du milliard des émigrés avait laissé un reliquat de cent millions, que l'on avait prisl'engagement de répartir entre les moins indemnisés des ayants droits. Le Trésor étant à sec et
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sons le prétexte qiK; rengagement n'était qu'éventuel, le ministère proposa de n'en point tenir compte et de considérer ce reliquat comme ayant fait retour à l'Etat. La môme étrange opération de Trésorerie fut appliquée à M. deRohan, et l'on s'en tint obstinément à cette confiscation, puisque dans son testament, à quelques mois de sa mort, le cardinal disait: « Si ma succession peut, dansdes temps plus calmes, recueillir ce qui est dû pour les frais du cardinalat et mes traitements, je veux que la moitié de celte somme soit employée à acheter des rentes pour le séminaire et l'autre à en acheter pour la basilique de la métropole, servant au maintien de la décence et de la pompe des cérémonies 1. »
Les temps |)lus calmes aiTivèrent sous le ministère Périer, qui, en rapportant l'ordonnance du 4 décembre, rétablit le traitement et les frais d'établissement du cardinalat. La fabrique de la métropole ni le séminaire ne pensèrent à réclamer et l'iniquité fut consommée.
Le 30 novembre 1830, dans une dépèche où il informait son ministre de la moi't du pape, arrivée la veille, M. Bellocq, toujours chargé de la gérance de l'ambassade en attendant le nouvel ambassadeur, exposait quels étaient les- membres du Sacré-Collège appelés à composer le prochain conclave. « Ily a, ajoutait-il, quatre cardinaux français, y compris. \L deRohan, celui-ci assez souifrant à Nice; mais il ne laissera pas échapper l'occasion