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le pape, dans Iar[[ic1le on ne faisait que renouveler les dispositions des Synodes et des onciens Canons; et on employait les admonitions paternelles au lieu des odieux anothemes (I).
Il ne faut point oublier le décret contre le duel que le Condle redigra dans li s formes les plus sévères, en frappant d'exeoriimuiiicalin:) lis prinets qui auraient accordé la faculté de 6e battre en champ clos, ans:i bien que tous ceux qui auraient piis part au duel On y joignit de plus les peines criminelles et la perle de la suzeraineté de l'endroit où le duel se serait passé, si ce lieu relevait de la suzeraineté de l'Église.
Enfin le jour si impatiemment attendu de In clûture du Concile arriia. Le cardinal Morone entonna l'hymne d'action de grâces et ensuite congédia K s Pérès. On dressa des instruments de racle du Concile reçus par tons ies notaires pré senls, et signes par de n\ cent cinquante-cinq i'orcs du Concile; savoir quatre l^alsot: présidents, deux autres cardinaux, trois patriarches, vingt-cinq archevêques, cent suixanlr-tiuil
l,rs mi ni sires di s pnis-ann's prése il!r an Concile au moment de la clélure, apposèrent leurs signatures sur des expéditions séparées.
A son retour à Rome, Moronc reçut du pape l'accueil que ses services éminenls lui avaient mérité. Pie IV en pleine coiiecé^aliini consisioriale lit l'èlogc de la grandeur d'aine et de la sara fermeté du cardinal, cl it le chargea expressément
dépêche du U juin Wll r fis mi il i.iri-'fL ou* el les imprudences oui pli» ébranlé l'Église dans tous lis temps que lu hiréiiei. Voir Tlieiner, Histoire des Deux Concordats, etc., 1. 1, p. Vil. (1) Pall&vicioo, t. C, tir. XXIV, ehap. n, n. 5.
Je surveiller l'exécution des décrets du Concile qu'il avait si habile me ut présidé.
Selon l'usage du temps, Moronc changea plusieurs fois d'évêchés ; étant passé de celui de Modène a l'éiêché de Novarc, il Ht publier dans ce diocèse des règlements d'une utilité reconnue. Apres la mort de son ami Foscherari, il reprit ce siège, auquel il renonça ensuite en faveur de Sisto de' Viccdomini, comme il avait laissé celui de Kovorc à Jean- Antoine Serbcllom. Fixé a Rome et devenu un des plus anciens membres, et ensuite le doyen du Sacré-Coilégc, il eut successivement les évéchés d'Oslia, de Velletri, de Porto, de Frascati et de Palestrine. A la mort de Pie IV, en IliGG, il se forma dans le conclave un grand parti pour le porter au tronc pontifical : mais son Élection rencontra un double obstacle; l'opposition de quelques princes, et celle du cardinal Ghislieri qui, après avoir examiné avec un scrupule critique toute la conduite et les opinions de Moronc, qu'il reconnut irréprochables, ne se crut pas à la fin encore usscï tranquille pour lui accorder son suffrage. Ce qui fit écarter Moronect accepter Ghislieri.
Moronc avait fait dans sa jeunesse de bonnes éludes ; il avait été reçu dudeur ii l'université de Padoue dans les trois facultés de philosophie, de théologie, et de droit, et toute sa vie il garda le goût des travaux littéraires que ses occupations différentes ne lui permirent pas de suivre avec assiduité. Il prononça quelques discours d*apparat aux dictes. d'Allemagne, et au Concile de Trente (I). Il écrivit descom-
[lj On cite surtout celui qu'il prononça à la reprise du Concile do Trente, le 13 avril 1563, en qualité de premier légat. Il se
conciliation ï domine; il aspire à ce que pni àenique tt unio
menlaires sur quelques psaumes, ctsur les Jeux Épitres canoniques de saint Pierre. Il nous reste un assez gi'iiml eîoiilIuv ilo ses lettres et de ses dépêches, empreintes de cette clarté rte jioufi'cs et rte colin soliriétë de p!)r,i=o? qui car.idi tison: un esprit capable de se concentrer dans le vrai. Nous citerons deux de ses lettres; elles peuvent servir d'exemple de sa manière de voir et de sa manière d'écrire. Le 1-2 janvier 1541, se trouvant à la dicte de Worms, Morone fait rï son ami Contarini un eiposd détaillé de ce qui se traitait dans celle Assemblée. On y passa en revue les hommes et les choses, les négociations courantes cl les desseins tachés des puissances. On y déplore que la théologie soil di'veir.it un agent des passions des hommes (1), et on y peint la politique iirlillcieusc do Mgr de (iranvellc qui, à force de former des intrigues dans tous les sens, Unissait par se brouiller avec tout le monde et nuire à ses propres intérêts [2). Interrogé par l'historien Paul Gioviosur la crise )niliiiijue de ce temps où Charles-Quint luttait contre des revers imprévus, et Henri II sk livrait à de fallacieuses espérances,
ahi;t -iim tidrcrsariis omnibus, quanliim fieri poleril, suive filiale oigne apostolkœ sedis dignitaU constilaatur.
(1) La leolagia ora i /alla minislra dtile passioni dtqli nomini.
(S) Monsignor o"i GramiUa non vorrtbbe Jiariir * •«"» fan qvalcht effets non mena per todditfari alla colon (à c bisogno delta cenrea maestà chi all'onor sno; e maslra fan ta rarieth B(i ntgoziart. pirmadendon font lia bene vsare agni arlif-cio pir tirare le cose al sua distgno, che alie nesegue conlrarii effetii, c gliainmi or de' président!, or de' callolUi. or de pratertnuii, ara ancoro ai noi afiri reslano moite roltc offtti. Tanto i ftriealota l'arlifaiosa prudema. Voyez Jfpnwnrafi di fana lelteratnra tratti dai maaoecritli di ilansignor Lodocieo Bcccadclli, etc. T. I, p. 100.
Moronc lui fuit part de ses tristes prévisions. 11 craint que lu Concile, au lieu fie calmer les esprits, ne fini^e ]ur Il'h aigrir et redevienne une source pluloldc malquede bien (1). Les inquiétudes de Morone se font plus vives a mesure qu'il voit s' avancer la rupture entre le roi Philippe II et le pape Paul IV. Dans la crainte des plus grands dangers qui vont arriver, il écril au cardinal Poole qu'il voudrait Être chartreux ou camaldulc, ou, ce qui valait sans doute mien*, aller rejoindre son ami en Angleterre.
Moronc apportait dans ia conduite des affaires une extrême circonspection. Il déploya celte qualité autant dans l'exercice de ses fonctions publiques que dans ses simples rapports privés. Sa correspondance avec Contarini et avec Poole noos eu fournit de numiiiL'in remplis. Il discute avec ce dernier les points les plus délicats au moment où la reine Marie s'apprclait à faire le grand coup d'État pour rétablir le
ijiu'iti'jn îles plus graves cl qui s'est plus d'uno fois présentée encore de nos jours : celle de la vcnle, non autorisée par le pape , des biens ecclésiastiques. Au moment d'eiéculer son projet de changer la religion de l'État, la reine Mario devait songer surtout à ne pas susciter de nouveaux troubles dans son pays, et certes il y en aurait eu de terribles , si on se fût permis de réagir sur ces ventes. Le bon sens de Morone ne pouvait hésiter sur le parti a prendre a ce propos, et il se rendit volontiers l'organe du Sainl-Siége qui, dans celle occasion, comme dans d'autres semblables, lit preuve d'une condescendance
(1] Voir sa lettre du 7 janvier 1552 dans la livre lli" des L<!lere diprineipi'a principi.
sage et éclairée (I), s'appurant d'une part sur une considération politique d'intérêt religieux et de l'autre sur une distinction subtile entre vendre et donner (2).
liait le talent de calculer la portée des circonstances, qui entre pour beaucoup dans l'art des négociations (3).
(1) < L'Eglise, tout en protestant contre celle UMirpslion, s>M • toujours ïuq, en définitive, dans la Irislc nécessité de transiger « i co BU] et. > (La P. Augustin Tliuii.ur. Histoire dt-.* Deax Concordait de lar/pnliti'jitc franraive cl de In rrjml/fpci-iviij'ici'. l'aris.
(2) Voici iijriirci.jui s- 1 ■ - st. ji r i r 1 1 1.- le ojriliiiiil Morone d;im sa lellre au cardinal l'oole, du " novembre 155-1 : Il timoré amen-a dallu difficollh dei beni ecclcsiaslici Si veto chc sono ftrmi
uoilo piii ItcitO il farlo per la ricuperatione di 1m /tcijno inlicro, et per la sainte di tante anime. (T. IV de la correspondance citée da cardinal Poole, pag. 171-X7Î.)
(3) Lcllre au cardinal Poolc du 15 janvier 1555, dans le V« vol. do la correspondance citée.
C'est a lu jeunesse que sonl confiées les destinées do l'avenir. Nous vivons de traditions, et le travail d'une génération devient h richesse de celle qui la suit. L'importance rte l'éducation se fait surtout sentir lorsqu'il s'agit d'assurer l'inflexible crmliimili'' tien principes. Le Concile de Trente n'a point Jailli a cette tâche, et par l'établisse ment des séminaires il a rendu un grand service à l'Église en lui préparant les éléments d'un bon clergé (1). Ce n'est pas que cet établissement, comme toutes les institutions humaines ne puisse s'améliorer en ce qui lient au système des éludes, et aui habitudes sociales.
Morone suivit cet exemple et il contribua puissamment à la fondation du Collège germanique, qui devait recevoir des jeunes gens allemands venus a [tome pour y faire leurs éludes. Ces relations internationales lui plaisaient d'autant plus que cela se rapportait a l'Allemagne, pays qu\: aCets-
Kous avons déjà vu Morone empressé ù suirre les ensei-
i fondateur, s'était lin et à l'cnseigne- 'c l'orthodoxie reli-
(1) Voir le chapitre iviii* de la Î3" session (lu Concile de Trente. On trouve surtout remarquable le soin qu'on y prend do recueillir les fonds nécessaires pour l'établissement des Séminaires, et comment on fait prévaloir à tout autre intérêt celui de l'éducation et de l'instruction des élèves.
(S) H. Slignet, Charles-Quint, aie., chap. m. Voici un témoiBnAfiO dont l'impartialité no sera point douteuse : i The order of jesuits « nions cou M f/imr ukil.j mr-n iml inftrinr in yin-crilij, constance, » cournjs and avslerîty of iif", la the apostles of the Rcforam- < lion. » (Itacaulay, Essay-Rankc's history of the Popes.
L'amour de la littérature classique s'était répandu a la cour de Rome, surtout depuis le régne de Léon X. L'éclat jeté autour de lui par les plus beaui génies cachait, sans les effacer, les faiblesses de l'homme et les fautes du souverain (I). Bembo, Sadolcl, Flaminio, Coniarini , Giberti, Vittoria Colonna, tout ce monde de grand savoir, et d'habitudes élégantes, se trouvait en parfaits ropporlsovcc Morone, qui avait encore plus de gofit pour les lettres que de loisir pour les cultiver (3). Il ne manquait pourtant pas de zélé pour le progrès lies études. C'est on grande partie pur son intervention qu'un projet, préparé depuis longtemps par les cardinaux Ceryini et Fnrnese, reçut son exécution. Paul Manuce, crudil aussi célèbre que typographe renommé, graceà l'appui de Morone, et o l'autorité de Chartes Ilorromée, alors cardinal secrétaire d'Etat, transporta son établissement au Capitole, dans li> palais du peuple rumain (intedibus populi romani), et travailla [imitant neuf uns au grand aranlage do la haute littérature ecclésiastique.
(1) Un savant Allemand, qui connaît aussi bien l'iiistuiro d'Italie que la langue italien ne. fuit i.ir..[u ut avec raison que il stcoln XV, tnenlrc neiçrautli C'ii'ei'ii e'aim-nici min a graci.-oiino reptntajlio Fautoriti spirilualc del pnpato, lo tratse net torlfcc degli affari polilici, e preparb quille vita splcndida, te sivvole, ma piulfoslo inonJono che religiosa, occupait di politica, di guerre, di leltere, di arti, t più ancnra abissnta ncl nepolisma, e in mire ptnonali, che giunse eiUapicc ioIio Leone X, ncl citi numc si suolt riauu- Htcrc i«l(o ci'u che cosliluitet l'aUcanza del pantificato colla coltina tu <:<!c mit di snverchiu ispirulti du giiftfu del mondo antico. Délia diplomazia- italiana dal secolo XIII al XVI, par 11. le baron Alfred Reuniont, pag- 120-31.
(3) Morono, danj ses réponses auï commissaires de l'Inquisition, parlant d'un livre qu'il n'avait pas eu le temps île liru, ajoute : PfrrAc al Itqijcr cl scritrer molto la volurs et volimlà mia presto li ilraccano.
Des Événements extraordinaires survenus a Gfincs ramentrcnl île nouveau, nu bout ds quelques années, le cardinal Morone sur la scène politique.
André Doria, L'homme le plus important que l'Italie ait produit an ivi' siècle, celui qui s'aerjuit tant de gloire en combattant sous tant de pavillons diiïérenls, conçut le dessein hardi de délivrer sa patrie du joug de l'étranger et du fiéau des parlï3. Sa prudence et sa bravoure vinrent aisément à bout (le celle grande entreprise. Le pays étail désolé par la peste, épuisé par les impùls, déchiré par les factions, dans cet étal enfin qui n'est ni la vie ni la morl, el d'où l'on ne sort que par un acte sublime, ou une résolution désespérée.
André Doria, disposant des forces de l'Empereur, avait peu a craindre de la résistance de la garnison française, logée dans la ville. Le plus difllcile pour lui élait d'empocher le retour de l'anarchie, et d'assurer, par de sages réformes, un avenir prospère à sa patrie. C'est sur cela que Doria devait porter tout le poids de son expérience et de son autorité morale.
Dos essais de réforme de ce gouvernement défaillant avaient été faits à la vérité, <K-s 1321, par le doge Octavicn Fregoso, el renouvelés ensuite par Théodore Trivulce, commandant pour le roi de France; mais aucun d'eux n'avait réussi. 11 fallait pour atteindre ce but le dévouement énergique d'André Doria, qui venait de quiLtcr le service de François 1", pour passer a celui de Charles-Quint, en se réîcrvant pleine liberté d'action pour secourir et pacifier sa patrie. Lui seul pouvait accomplir celle œuvre gigantesque.
Le 13 septembre 13S8 on convoqua à Gènes une grande asscuililée de tous les citoyens jugés capables delrniter Les affaires du Gouvernement. On décida de poursuivre le travail
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commencé, touchant la réforme, et on invita André Doria à mener i bonne fin la délivrance et la restauration de la république.
Comme les discordes civiles avaient bouleversé l'Etat, en réformant le Gouvernement on songea avant tout à déraciner les causes de ces dissensions ; et on y parvint jusqu'à un certain point. On s'attacha a donner de la solidité à une machine tant de fois ébranlée, on constitua un Gouvernement a base aristocratique, mais d'une aristocratie limitée plutôt qu'absolue.
On établit d'abord que toute distinction de partis entre les citoyens devait disparaître; qu'on devait effacer toutes les traces (les factions des Guelfes, et des Gibelins, des Adorni. et des Prcgosi. Une seule distinction fondamentale était maintenue, celle de la noblesse et du peuple. La noblesse formait l'ordre auquel était ouvert l'accès nu* honneurs publics , et confiée l'administration de l'Etat. Tous les citoyens pouvaient arriver a la noblesse par la naissance ou par le mérite personnel.
Pour créer celte constitution, on établissait que toute famille qui tenait sii maisons ouvertes ti Gènes, en ce moment, ciceplé les familles Adorno et Frcgoso dont, en raison des dissensions passées, on aurait voulu supprimer le souvenir cl le nom, serait considérée comme un centre qu'on appelait hùlcl (Albergo), et destinée a grouper- les aulres familles moins répandues des citoyens dignes de la noblesse, et on obtenait ainsi que les familles de partis différente 6fl trouvassent confondues dans un atbcrijo commun. On inaugurait par la un système de uision , seul moyen présumé efficace pour apaiser les esprits et calmer les passions. Dans les affaires politiques ce système est généralement d'un effet assez prompt, mais de peu de durée. Pour que les fusions se
maintiennent il faut un équilibre de forces et d'intérêts, qu'il est plus aiai d'imaginer que de ûxer. Aussi, h peine un trouble sérieux vint-il a éclater, tel que la conspiration de Fiesco, on engagea André Doria, comme prieur perpétuel de la Commission de réforme, 6 modifier la Constitution de 1H2S dans le sens d'annuler la prépondérance des nouveaux nobles, dont plusieurs s'éloient jetés dans la eonju-
André Doria céda facilement à ces conseils ; il s'empressa de façonner la Constitution selon la circonstance, et sous prétexte de donner du garibo (ce qui en dialecte génois veut dire tournure) a la loi de 1328, il fit promulger, en 1347, une nouvelle organisation de la république qu'on appela vulgairement la lo! du garibttto (bonne petite tournure).
Le but principal de celte loi, faite par l'autorité de Doria, plulùt que par una délibération libre des conseils de la république, était de favoriser la vieille noblesse, en substituant, pour l'élection d'un certain nombre de magistrats, In voie du scrutin à celle du sort. Ainsi pour le grand conseil, cent membres devaient être nommés aux voix; des autres quatre cents, cent devaient également être élus aux voix pour composer le petit conseil. L'élection des membres composant les deux conseils n'était plus, comme dans l'ancienne constitution, dévolue a l'ordre entier de la noblesse. Les deux collèges, les huit prolecteurs de la banque de Saint- George, tes cinq syndics suprêmes, et les sept membres de la magistrature des extraordinaires, devinrent lus électeurs des membres des deux conseils. C'était te pouvoir constitué se reproduisant par lui-même. Tant que vécut André Doria, on marcha, à l'aide de ce tempérament, assez respecté par les nouveaux nobles et par le peuple, mais à sa mort, arrivée en 1560, les agitations reprirent de nouveau. La vieille et la
nouvelle noblesse se séparèrent. Deux grands partis se formèrent qui, aspirant chacun a gouverner le pays, en préparaient la ruinn. On distinguaîl le parti des vieux nobles do celui il m s nouveaux par le lieu où ils se réunissaient ; ainsi l'on disait |« porli(|ue de Saint-Luc ou vieux j>i.irtîi]ui; ; !u portique de Saint-l'ierre ou portique nouveau. Le peuple, voyant tn noblesse désunie, sentit à son tour l'oiL'iiilton du l'ambition; il voulut ec mettre de la partie, L'n bomme appartenant a la noblesse, hardi et entreprenant, Bariolomeo Coronalo, en devint le chef. Comme II arrive toujours, le fi'jlrii'ijieiil de la ville déchaîna toute sorte de passions et de cupidités; on demandait, d'un cété, l'nholilion de la loi du garibelto; de l'autre, la suppression des douanes et l'augmentation des salaires. Dans un moment de terreur, le Sénat faiblit devant l'insurrection, et le 13mars 1575 la loi du garibetlo fut abolie. On accorda ensuite de nombreuses agrégations a l'Ordre do la noblesse, la suppression de l'impOi sur lu vin, et un surcroît de paye aux ouvriers. Ln réconciliation ne fut pourtant pas de longue durée. Les ticux nobles quittaient Géncs pour aller dans leurs terres. On redoutait une prise dormes de leur part; la ville do Finale éloit le rendez-vous des chefs du parti. La faction de Coronalo dominait dans l'enceinle do la ville de Gènes, Les nobles du portique de Saint-Luc avaient pour leur premier chef le prince Jeun-André Doria, ils trouvaient duns leurs domaines, chez leurs paysans, des ressources que le portique do Saint-Pierre ne pouvait se procurer. Une escadre espagnole revenue de Lépantc était sous les ordres du prince
L'arrivée il Gi'urs de Hom Juan d'Autriche, ayant à sa suite cinquante galères, faisait nailre de vives et justes inqtiié-
tudes. Le pape Grégoire Xlll sentit mieux que tout autre les dangers que courait l'Italie. Il y avait tout à craindre pour clic, si Gènes devenait un foyer de révolutions, ou si l'Espagne, profitant du moment, se rendait maîtresse de cet Etat. Grégoire XHI cuira résolument dans cette question brûlante ; il ne tarda pas a envoyer a Gènes le cardinal Morone, en qualité de légal, el avec la destination de médiateur. Le chois de la personne, qui élail sans contredit la plus considérable du Sacre -Col lége, monlrait suffisamment toute l'importance que le Saint-Siège attachait à cette crise politique. Le pape n'hésila point à faire entendre la vérité tout entière au Gouvernement de la république.
A peine entre dans la ville, Morone se vit assailli par des prétentions opposées, au milieu desquelles perçait une demande qui paraissait inspirée par des sentiments modérés. Une requête lui fut présentée de la part de quelques chefs du parti populaire, dans laquelle on disait qu'il était parfaitement égal au peuple d'avoir la Constitution de 15Î8 ou celle de 1517, et que, pourvu qu'on le délivrai du fardeau des impôts, il se tiendrait pour salisfait. Le cardinal, espérant se tirer d'affaire par cet expédient, transmit la requête au Sénat. Miis les nouveaux nobles qui y siégeaient, no tardèrent point ù s'apercevoir que c'était Ih une manœuvre du portique de Saint-Luc. La requête fut dérérêe a l'autorité judiciaire qui répondit par la promptitude des jugements à l'euipresscment de l'acciiEation. Une réaction violente s'ensuivit contre le parti des vieux nobles, et Morone cul ù employer utilement sa pacifique influence pour cmpScbcr des dégâts el sauver des victimes.
Grande élait l'anxiété des princes d'Italie ù la vue do tous ces désordres, el du parli que pouvaient en tirer les puissances étrangères. François de Médicis, grand-duc de Toscane, el Emmanuel - l'biiibert, prince de Piémont, se
hatèrcnl do prendre des précautions. Le premier fil avancer des troupes fers la frontière génoise, el, pour mieux engager le pape il en finir au plus vite, en usant île toiile son autorité, il ne manqua pas de lui faire envisager le danger d'une invasion de huguenots du coté de la France, assez ifi.infifiV. à intervenir dans ces querelles.
On doit celte justice au pape Grégoire XIII j il ne prit le rôle do médiateur que comme organe de la chrétienté, et comme défenseur de la liberté cl de la tranquillité de l'Italie. Plut au ciel que telle eût toujours été la politique do la eour de Rome I Les qualités émincnles qui distinguaient son légat, étaient une garantie de l'intelligence et de la bonne foi qui auraient présidé a cette négociation. L'Empereur et le roi d'Espagne se joignirent au pape. Pliillppe II comprit qu'il ne pouvait pas s'emparer de Gènes, mais il tiVul carda de renoncer à l'influence acquise par ses rapports antérieurs avec la République, dans l'intérêt dea possessions de sa couronne en Italie. L'empereur HaiirolHen ne pouvait pas non plue abandonner la vieille prétention de considérer Urnes comme une mouvance do l'empire.
Si le portique de Saint-Pierre avait été le premier a exciter dea troubles dans l'Étal, le portique de Saint-Luc fiait le dernier a se plier il l'idée d'une réconciliation sincère. Les sucets que ce parti avait obtenus dans la guerre civile, el les grands moyens diût le prince Doria pouvait disposer, rendirent la vieille noblesse plus arrogante et moins Iraitable. II fallut en venir aux recommandations les plus sévères, presque aux menaces (1), pour réduire ces chefs orgueilleux à accepter des conditions raisonnables.
(1] Voici en quels lermej la Pape éiTimil i la fvigriHirii; il.; Gîncs, le 21 aoftl 1575 : Oui! mim non viieal reliras discordias (ancrtal Dei miserkordia line "rnrnj trd vestr't! Riipublka einrissima, totiKSijue Italiœ et Catholicœ Ecdcsiœ partis noh'IiMi-
Les ministres désignés par ies puissances médiatrices furent : le cardinal Morone pour le pape, l'ériqne d'Acqui, Pierre Fauno Costacciaro pour l'Empereur, le conseiller Don Juan liliaqucz pour le rui d'Espagne.
La prince Doria ayant formule une espèce à'uliimalum adressé au cardinal, on allait ouvrir les conférences. Pour
pendant le cours des négociations, les trois ministres demandèrent au Gouvernement que l'administration de lu justice criminelle fût remise entre leurs mains, ainsi que le eom mandement des troupes de la garnison de Gènes, pendant tout le temps de la duri'e du compromis. Celte demanda souleva l'indignation générale : à Gènes aussi bien qu'à Finale, où se trouvaient réunis les chefs de la vieille noblesse, on prolesta hautement que jamais on ne permettrait pareille atteinte à la souveraineté génoise. Le peuple furieui courut a la maison du légat cl il s'y serait porté au* plus graves eicès si le Sénat n'avait immédiatement publié la déclaration qu'on n'aurait rien toléré qui fat contraire a l'indépendance et a la liberté de la République.
Costacciaro et Idiuqucz se rendirent a. Finale pour engager le parti do Saint-Luc à se désister d'une partie des demandes consignées dans l'ultimatum du prince Doria. On accéda a leurs propositions et on arrêta des articles préliminaires qui portaient:
Que le cardinal légal cl les ministres de l'Empereur el du ma întertium ipectare? Omtiea vident; vos loti qui in mediis flammii virsamini incendiwn ipsum non videlis ntqae senlitis, nul certt, si senlitis, eo aeerbitetie pertenistis Ht in veUram pemiciem alstinatlaivti runtis, vettramqae incendi-am veslrti ruina eilinjacre luiorelin. (Thciner — Annnlts Ecdcsiastici,
roi d'Espagne seraient autorisés à réformer les lois cJe la Uépublique dans le terme de trois mais. En attendant ehaque parti se tiendrait daiii le slulii quo, les bandes soudoyées par la vieille noblesse restant exclusivement ù la charge de celle-ci ;
Que les ministres arbitres pourraient réclamer vingt filages de chacun des partis, pour sûreté de l'exécution des traités ;
Que tant que durerait le compromis, tous les citoyens, sans distinction de parti, seraient libres do vivre où l»n leur semblerait, sur le territoire de la République. Uéscrve était faite quant a ceux qui avaient encouru la peine du bannissement pour cause politique, de pourvoir a leur égard, après la clûture des négociations ;
Qu'on ne pourrait faire des armements, ni mettre des obstacles à l'œuvre de pacification. On laissait libre au prince Duria de se servir des ports de la République pour y faire stationner ses galères, sur le pied de paix. Les privilèges accordes par la Constitution de 1328 a lui et à sa famille lui étaient conservés,
Que les puissances médiatrices seraient requises du garantir pour deux ans l'exécution des délibérations que leurs ministres allaient prendre.
Six jours étaient accordés au portique de Saint- Pierre pour se décider sur l'acceptation de ces préliminaires. Les nouveaux nobles, qui composaient le Grand-Conseil, y consentirent sous quelques modifications admises par le portique de Saint-Luc.
Mors les ministres arbitres, munis do pleins pouvoirs, dans l'intention de se soustraire aux sollicitations et aux intrigues, afin de mieux vaquer a leur grande alTaire, quittèrent Gènes et allèrent demeurer a Casai, capitale de Mon-
ferrai. Chaque partout; délégua sii Je ses membres pour accompagner les plénipotentiaires et leur rournir (les renseignements dans leurs intérêts respectifs.
Arrivés a leur tranquille résidence, ces ministres eurent le bon esprit de déclarer qu'ils ne recevraient que des communications écrites. On évitait ainsi le double danger, d'alimenter une loquacité inutile et de donner lieu à des susceptibilités fâcheuses.
Ces hommes rompus au* affaires, après 'avoir étudié sur les lieux l'état des opinions cl les besoins du pays, ne cessaient de recevoir de tous cotés des avis et des recommandations. Le Congrès ne pouvait donc pas marcher vile, et au bout du terme Qxé de trois mois, on demanda une prorogation de pouvoirs, qui fut accordée jusqu'au 51 mars de l'année lii'B. L'impatience gagnait !a vieille noblesse désireuse de rentrer dans (iv'iie.-i. Elle pressait les agents du roi d'Espagne de seconder son désir, on insistant pour une prompte conclusion des négociations. Le duc d'Albe lui répondait que ce qu'il pouvait y avoir de mieux pour elle , c'était de couper court en laissant le roi faire la guerre, qui profiterait bus nobles de la vieille roche. Ces perfides insinuations tombèrent devant le patriotisme sincère des Génois ; il n'y avait plus de dissidence entre les partis dès qu'ils'ugissait de 6auvcr l'honneur et la liberté.
EnÛn après avoir mûrement pesé les raisons et les convenances, et apprécié les remontrances spéciales qui leur avaient été présentées par Marc -Antoine Sauli pour les nouveaui nobles, et par Léonard Lomnllino pour les anciens, les plénipotentiaires achevèrent leur travail. Dans le doute de rencontrer encore quelque difficulté, ils jugeront a propos d'envoyer deux délégués a Gènes pour exiger du Gouvernement la promesse de ne point créer d'obstacles à l'accepta -
ti'on pure et simple de l'acte délibéré par te Congres qu'on allait lui transmettre. Quelques inquiétudes se manifestèrent à l'occasion de celte demande; ou se méfiait de tout le monde; mais l'impuissance d'agir calmait les défiances. Les plénipotentiaires à leur leur prirent une altitude sévère cl leur arbitrage, mieux connu, fut enfin agréé.
L'acte du Congrès fui publié solennellement a Casai, dans l'église de la Sainte-Croix, le 10 mars 1376; on le promulgua û Gènes le 17 du même mois. Voici quelles en étaient les principales dispositions.
On faisait d'abord disparaître toute différence précédemment introduite entre les citoyens. On effaçait les dénominations de gentilshommes vieux , nouveaux , agrégés , populaires, du dedans, du dehors, des portiques de Saint- Luc, de Saint-Pierre, et tous autres noms, prénoms, et surnoms de personnes, de nuances, de factions, de familles, û'Atberg/ii, lieux ou portiques; en un mot tout ce qui était capable d'entretenir la discorde en Ire les citoyens.
On prescrivait que tous les citoyens qui, depuis 1528, auraient pris des noms, devises, armoiries, autres que ceux qui leur appât tenaient, devaient les quitter et reprendre leurs véritables noms de famille.
Dans l'ordre entier de la noblesse ainsi reconstitué, ou prit cent vingt pères (synonyme de notables et d'anciens) qu'on appela le Simintiire. (U'i;\-r! l'tnirtil censés, par leurs vertus, leur fige, ci leurs talents, mériter d'être élevés a la dignité de Sénateur. Leurs noms devaient être renfermés dans une urne et deux fois par an on devait en tirer cinq dont trois pour les joindre ou collège du Gouverneur, et deux à celui appelé des Procureurs, en remplacement des cinq qui sortaient de charge tous les deux ans. Le nombre des aspirants se complétait par des candidats élus par les
deui conseils de la manière suivante : le petit Conseil formait une liste d'un nombre de candidats double do celui qu'on devait Élire, et le grand Conseil choisissait dans celle liste.
Par celle môme réforme le Sénat Tut composé de douze membres, le collège des procureurs de huit, outre les procureurs perpétuels qui avaient été doges.
Le grand Conseil fut formé Je quatre cents memliEGa.— dont cent constituaient le petit Conseil : ces deux Conseils étaient nommés par trente électeurs, choisis ù cet elfcl par le petit Conseil, dans l'ordre enlier de la noblesse.
Au petit Conseil et oui deux collèges appartenait la droit de foire les lois, la guerre on la pais, de contracter les alliances, etc., a la majorité des quatre cinquièmes des
On donna pouvoir oui deux collèges et au petit Conseil
La réforme admettait parmi les aspirants a la noblesse, les fabricants de soie, de laine, de draps, les mocals, les médecins, les notaires, les capitaines, et patrons de navires, à condition que ceux qui exerçaient un art mécanique dussent l'abandonner aussitôt après leur inscription dans le livre de la noblesse.
Le doge, les sénuteurs et lis procureurs, en sortant de charge, étaient soumis au symlicat (I).
Ceux qui avaient été doges, et par suite élaicnl devenus procureurs perpétuels, étaient soumis lous les deux ans au
(I) Le syndical était une espèce de censure qui recevait les plaintes et les accusations portées contre les magistrats pour itc> faits de tour administration antérieure.
syndical, pour que, dit la loi, ces hommes ne dueitnncnt pas orgueilleux par le continuel exercice de Fautortiè.
Les doux collèges cl le petit Conseil nommaient deux conservateurs des lois, chargés de veiller i leur observation, spécialement en ce qui concernait l'élection des magistrats
L'élection du doge se faisait de la manière suivante : le Br.uid rinnieil choisissait, par scrutin secret, quiiizu membres, parmi lesquels le petit Conseil en clioisisanil six, et dans ce dernier nombre réduit le grand Conseil, a. la pluralité des vuii, nommait le doge.
Eli lin celle réforme admdliiit tkux vvitsi-r tuteurs de la paix pour aïKiiscr du ueilhs discordes civiles et empêcher cju'il n'en surgit de nouvelles.
Afin que l'exécution de la nouvelle Constitution fdl micuï assurée, les médiateurs nommèrent de leur propre auluiilé les membres du grand et du petit Conseil, et ceux du Séminaire. Ils désignèrent aussi cinq individus pour prendra place au Sénat, cl deui pour entrer au collège des procureurs. Tout en faisant cet acte d'aulorilé, les médiateurs déclarèrent que ni eux ni leurs souverains n'entendaient aucunement porter ntLdiit,'. à la liberlé et à l'indépendance de la République.
Le Sénat fit publier le 17 mars 1376, ainsi qu'il a été dit, la nouvelle Constitution, et réuni dans l'église de Saint- Laurent, il jura de l'observer (1).
Cette Constitution conçue dans l'esprit de ceUu du KiiS, régit la République de Gènes jusqu'au jour où les dé m a-
(1) La voûta du premier escalier do l'holcl-de ville de Gênes est ornée de vieille! peintures qui représentent la rérepliuu C.iij dans la ville au légat llorone et il Don Juan d'Autriche. '
gog lies l'abolirent. Cette œuvre tic destruction fut consommée en même temps qu'on se rendait coupable d'une brutale ingratitude en abattant la statue d'André Doria, le plus grand citoyen, le vrai libérateur de sa patrie.
L'n sanglant épisode de ce long drame politique nous rappelle des leçons qui abondent dans l'histoire et dont on profile rarement. Barloloraeo Coronato, le favori du peuple, l'homme (le la révolution, tomba sous le glaive de la toi, comme conspirateur, et le peuple assista impassible ou supplice de son séducteur.
Le cardinal Horouc retourna à Rome où de grands honneurs l'attendaient On lui décerna une espèce de triomphe en reprenant l'usage, abandonné depuis longtemps, de In réception solennelle du légat en consistoire. Le U avril 137G le Sacré-Coliége alla a la rencontre du cardinal Morone jusqu'au monastère de Sanla Maria dd Popolo. Une procession se forma, les cardinaux étaient a cheval suivis de leurs massiers. Ha se dirigèrent vers le Palais du Vatican ; du château Saiul-Ange on fit des salves d'artillerie. Arrivés au Palais ils mirent pied 1 terre ; il n'y eut que les cardinaux de Trente et Farntse qui se donneront le plaisir de monter la rampe ù cheval, jusqu'au premier étage. Le légat so présenta au pape entra deux cardinaux, dans la salle du Sacré-Collège et y reçut les félicitations les mieux senties et les plus méritées (I).
A peine Morone avait-il joui de quelques Jours de repos qu'il dut se remettre en mouvement pour une autre mission.
Il lui fallut reprendre le chemin de l'Allemagne, ce pays qu'il avait visité tant de fois, et dont il gardait le meilleur
(1} Journal du maîlro des cérémonies Hacantlns, vol. XIV. pig. 341 Voir Theiner, I. c.
souvenir. Grégoire XIII ['envoyait comme légat à la dièle qui ac tenait ù Ralisboune, et il voulut que le cardinal eut à sa suite les mêmes personnes qui l'avaient accompagné à Gèiics; c'élait rcconnailre à la fois lea services rendus et faciliter au vioui ministre l'accomplissement de sa tache.
UaxJmiUen 11 siégeait sur te tronc impérial. On le savait moins prononcé en faveur des catholiques que ses prédécesseurs, Ferdinand et Chu ri es- Qui ni. Le pape tenait beaucoup à empêcher qu'on n'accédât trop facilement au* pré- Iciilions des prinevs |irotcMajits, cl pour ne point if départir de la pulilîijuc alors traditiimiuille de la cour de Home, il sollicitait une nouvelle guerre contre les turcs, même après la \ictuire éclatante de Lépantc.
Suivaient deux objets d'une politique toute Fï'culïi:ri' ; la qoestion de la double élection du roi de Pologne, et celle de la pacification des Pays-Bas. Un sait qu'Etienne Uatlori avait été élu roi do Pologne, cl que MaiimiUen sa portail son concurrent ; le premier, payant de sa personne, l'autre, se confiant à l'inlrigne. La cour de Home se trouvait dans nu de ces embarras, qu'elle a reiicuiiln; souvent, tle devoir iiiéiitjgnr iulérfls diaini:lialetiH'jil oppuiéi, el à l'aide d': \pi'diL']its plus ou moins ingénieux gagner du temps pour enfin se décider à coup sur. Moronc répondit aux sollicitations de Maximilieu que la coutume du Saint-Siège élaif d'accepler l'obéissance, de quelque prince qu'elle lui vienne; qu'il ne pouvait donc pas refuser les ouvertures faites par Unttori, mais qu'il chercherait a ne pas trop contrecarrer l'Empereur (1).
(1) !n ques(o ragionamcnlo, écrivait le Légat a si Cour, cou Ivaaa ccauïont siprala richitila che. tua mafSll fi che itotlro Sîgr.ore roda iruttcnulo col TramUi/ano, le dira, corne ia mt.
La plus grande réserve fiait d'aulani plus commando a Morone, que iîcs envoyés do gouverncmcnl rte Pologne venaient d'arriver à liatisbonnc pour engager l'Empereur a se désister de ses prétentions à la couronne de Pologne.
Il arrivait en mémo temps dans celle ville un ambassadeur du Grand-Duc ou czar de -Moscovic (II, chargé de négocier une alliance entre son souverain et l'Empereur, dans le but de se porter contre les turcs et d'empfchcr nue Ballori ne se tournât contre les moscovites. Ma*imilien répondit au moscovite qu'il ne manquerait pas de se prévaloir do ses otlresdèsquc l'occasion s'en présenterait, en lui promcltant a son tour une réciprocité de secours.
Cet échange de promesses flatteuses, et de bons procédés cju'iiiiil 'les desseins différents elle/, les deux puissances. Les moscovites espéraient qu'une fois la guerre allumée, ils pourraient s'emparer de la Livonie, pays si longtemps disputé. L'Empereur aspirait à se rendre maître de la Pologne en faisant rentrer, moyennant l'appui îles moscovites, Elatlori en Transylvanie, et en châtiant les seigneurs polonais qui s'élaient opposés à son élection.
Ainsi qu'il arrive souvent, l'intrigue se mêla aux complications naturelles de l'affaire, et finit par la gâter en voulant
di(n:n da ijiialioir/irf l'rinciye h.i v'j'jlia dare; t jlf allegai iestnipio medemo del Re di SavatTO, cou dire aiico il rimedia délia profetla ttc; nondiineno cheavrei ecrillo tpregoto SuaSantith ad aniar Irnlfenufn,' ed a compiaccrc il degidtrio suo. (Voir Thcincr — Armait) Eccltsiattid, ad an. 1578.)
(1) C'était Jean h Terrible; l'empereur llaximilien fui le premier, entre le.i souïerains de l'Europe, qui le salua du litre d'Empereur.
trop l'arranger* Il y avait alors en Pologne un nonce du pope, Vincenio Lauro, tout dévoué aux intérêts de l'Empereur. Ce nonce forcé de se retirer après te succès obtenu par Baltori, imagina une négociation qu'on pourrait appeler des mariages impromptu. Baltori avait épousé Anne (t), une enfant, la dernière descendante directe des Jagollons. Lauro, parlant de la grande disparité d'âge entre ces deux époux, qui ne laissait guère d'espoir de succession, s'avisa de proposée une espèce de traosaclion entre les prétentions opposées des deux princes. Suivant ce projet, Malhias, archiduc d'Autriche, qui avait aussi dans ses reines du sang desJagcllons, devait épouser la 1111e du roi de Suéde, laquelle serait immédiatement déclarée héritière de la reine sa merc et de sa tante Anne, dans tous les biens sis dans le royaume de Kaplas, et provenant de la succession de sa grand'mèrc Bonno Sfona, ainsi que dans la principauté de Brunsnick. On aurait assuré a Anne la jouissance de ces biens pendant sa vie; Mathiaa devait rester en Pologne avec sa femme auprès de sa tante, pour y apprendre la langue et les habitudes du pays. Ces deux époux auraient été couronnés du consentement de Baltori et de sa femme, qui, de leur cAté, devaient renoncer, en cas de veuvage à se remarier. Si la princcscc suédoise tenait a mourir avant Malhias, celui-ci ne pourrait contracter mariage que de l'aveu de la reine Anne. Dans le cas où la princesse survivrait a son mari, elle devait épouser l'Empereur ou son fils- Lauro subordonnait, comme de raison, ces combinaisons à l'approbation du Saint-Siège. 1! demanda que Moronc fut chargé do se joindre h lui pour mener a bonne lin ces arrangements.
(1) Kilo était □Ile do Sigism on i- Auguste, dernier souverain do la famille des Jageltons.
Nous no ferons paa le tort a Morone de supposer qu'il ait pu croire un instant h la possibilité do soulcnir cet échafaudage de conditions absurdes. Le cardinal obéit aux ordres du Saint-Siège en s 'abouchant avec Lauro a Breslau. On lll la démarche contenue auprès de Battori qui ne tarda pas h repousser ce projet qu'il qualifiait, à bon droit, de contraire au principe sacré de la libeH6 des mariages, et il sa dignité do souverain reconnu de la nation polonaise.
Dans tout ce qui tenait au x questions religieuses et ecclésiastiques discutées entre l'empereur et le cardinal légat, il ne pouvait y avoir de résultats définitifs qu'après tes délibérations île In diète; et dans la dièle le parti protestant était nombreux cl redoutable.
Ce parti n'était ébranlé ni pur la condescendance que Maximilicn montrait envers la cour de Rome, ni par l'opposition ferme et énergique qu'il rencontrait chez les princes et les prélats catholiques.
C'était l'intérêt politique, plus encore que le lien religieux qui unissait les princes protestants; se soustraire a h sujélion de Home cl s'enrichir des dépouilles du clergé catholique, c'étaient pour eux des arguments hien autrement puissants que les formulaires religieux dont la variation continuelle dimiuuait chaque Jour l'importance (1).
La mission de Morone ne resta pas sans résultat, puisqu'il parvint à faire échouer les projets des protestants. Malgré toutes les obsessions de ce parti, l'Empereur ne fléchit point; il déclara qu'il n'accorderait rien su-dclà de ce qu'il avait juré de leur maintenir, c'est- a-dire ia pariai Horone, dans une déptchc du 19 juillet 1576, écrivait: Discnrrcnda niandio particolarenieMo sienne lett» chc sono in Rrr marna, cht si pua dire esservi timlt sorti di frâi quanlc loaa
flcation de l'Allemagne telle qu'elle avait été précédemment établie.
Quant qui affaires des Pays-Bas, elles Étaient dans un étal qui ne laissait guère d'espoir de s'améliorer au gré du pape, ni de recevoir une solution pacifique quelconque.
Nous ne dirons pas que la diplomatie est tracassière et impuissante quand elle n'obtient pas de résultats aussi prompts que décisifs. La diplomatie a rempli sa tâche quand idle est parvenue à développer les germes de combinaisons l>nVxis(;ijit(!s, dans un sens favorable au pouvoir qui l'emploie. Elle ne tranche pas les difficultés, elle les tourne. Sonaclion tend plutôt à amoindrir le mal qu'à agrandir le bien. Moronc pouvait donc se féliciter de l'issue de sa légation, quand il voyait s'éloigner l'orage qu'il était venu conjurer, et s'apprêter de meilleures chances à ia politique du Saint-Siège.
Au mois d'oclobrc 1H76, peu de jours aprÈs que Moronc eut quitté Ralisbonne, l'Empereur mourut (1), jeune encore, mais malade depuis longtemps. Les inquiétudes qu'on avait conçues touchant l'orthodoxie de Maximilion 11 se dissipèrent a l'occasion de sa mort. L'évéquc de Torcello qui, après le départ de Moronc, était resté îi la diète en qualité de nonce, raconte, dans une de ses dépêches, que l'Impératrice se trouvait & l'église nu moment de la mort de l'Empereur. A son son retour de In messe, elle allait entrer dans la chambre de Maximilien, quand la duchesse de Bavière, qui avait assisté le malade jusqu'il la fin, la retint en lui disant : ■ Vous n'êtes plus la femme, maintenant vous êtes la mère
le (iHù < castelli, aa:i le paroehiej pirM ognano si labbrica tina fede a sou raoJo. (Theiner, 1. c.) (1) Le 12 octobre.
u de l'Empereur. ■ nmpératrico répliqua : « Esl-il mort en catholique? i et sur la réponse afllrmalivc (lo In duchesse, elle s'écria t Que Dieu soit loué! ■ et s'évanouit aussitôt
Morone se rendit fa Rome ; il y remplit les fonctions ordinaires au* grands dignitaires do celte cour. Il était protecteur des royaumes d'Angleterre et de Hongrie, et de l'archiduché d'Autriche. Il exerça une surrcillancc active sur lo collège allemand, sur le collège anglais (1), et sur dillérenls ordres religieux.
11 y en a qui croient que le pape roulai! encore envoyer Morone en Flandre pour y travailler à apaiser la révolte. Mais Philippe 11 en aurait juge autrement. Ce roi avait plus de confiance dans les expéditions du duc d'Albe et d'Alcxnndre l'arncse, que dans l'intervention équitable du cardinal diplomate.
Morone mourut fa Rome le 1" décembre 1580. Son corps fut enterré dans IVglise de Sainte-Marie de la Minerve, cheflieu de celle inquisition qui, de son vivant, ne l'avait point épargné. Un monument très^modeste lui fut élevé par ses neveux, Jérôme Morone, comte de Pontecurone, et Horace Morone, éveque de Sutri et Ncpi.
Telle a été la vie du cardinal Jean Morone, que nous avons mise sous les yeux du lecteur dans la persuasion qu'elle offrirait de l'intérêt à ceux qui étudient en détail riii.-k'iri' <h ii (!i[iliiniatic. Nous avons cru qu'elle pouvait fournir quelques bons exemples surtout aux Italiens. Dans la suite des faits que nous venons do raconter on voit ce que peuvent pour la conduite des affaires une raison calme et une intelligence éclairée. Jean Morone, qui a pris part aux
(1) FricUot, I. c, p. 5».
négociations les plus importantes et les plus difficiles de son temps, à qui l'Église catholique est surtout redevable de l'heureuse issue du Concile de Trente (1], se montra toujours, avec un égal Oclat, homme d'Elat, homme d'Église et homme de lien.
(1) Rsnke. — Ilistaire de la PapÊMli pendant lu XVP et
XVII" tiieiti. liv. m, S m.