‹ Le cardinal Lavigerie et ses œuvres d'AfriqueChapitre 28 sur 60 · Rocedentcs a to in torra sci'ibentur. Jhkem., xvu, IS · texte numérisé non relu

Rocedentcs a to in torra sci'ibentur. Jhkem., xvu, IS

t.BSÉE ET LA MISSION DE LA FRANCE EN AFRIQUE 365 ii^es de l'humanité et de la justice ; lorsqu'elle porte m elle la lumière et le nom de Jésus-Christ jusque lans les régions barbaresjlorsque, dans le sentiment ilfïé du devoir, elle s'impose le sacrifice de ses Irésors Aii son sang pour arracher un peuple à la mort; iurîqu'elle souffle sur ses ossements arides et que peu peu elle leur rend la vie, il faut proclamer, dans une Eiénéreuse entreprise, une action supérieure à celle l'homme, et confesser, avec le Prophète, que c'est eu même qui inspire ces courages désintéressés et jpelle du tombeau ces autres Lazares.

traits, qui ne reconnaîtrait l'histoire de notre inquéte africaine, et si jamais la France a reçu une on d'en haut, quand fut-elle plus évidente? J'en ,e partout, ici, la marque assurée : dans les liu^es, dans les premiers pas, dans les progrès, dans obstacles, dans la valeur des chefs, dans la pa- Mce des soldats, dans la persévérance et le dévouement de tous, dans ce qui est fait déjà, et dans ce que ivenir réserve à cet immense continent dont vous MI ouvert les portes; en sorte que faire cette hisluire, c'est moins encore parler de vous, que constor, à chacune de ses pages, la main de Dieu qui tous guidait. El voilà pourquoi j'ai pensé ne pouvoir mieux célébrer, aujourd'hui, le rétablissement du tulle chrétien dans l'armée française, en Afrique, qu'en rappelant, en présence de ces autels, ce que '"US avez fait pour répondre à la mission providenlielle dont Dieu aconfié la préparation k votre valeur. Seigneur, soyez béni de ce que je vais placer aujourd'hui le nom de la France à cûté du vôtre, et de toque je le fais avec justice, puisque, pour préparer CCS jours dont nous voyons déjà l'aurore, vous mprunté son bras et son cœur! Soyez béni de ce que

la mission fiu'elle a reçue de vous peut devenir, $ elle le veul, un gage de votre miséricorde, et de c qu'au milieu même de ses douleurs, elle trouve, su ces lointains rivages, dans le souvenir des actes d ses Ois, une moisson de gloire !

Le XVI" siècle commençait, lorsque, sur les débri des principautés arabes de l'Afrique du Nord, s'élev. une puissance nouvelle, qui devint bientôt la terreu du monde chrétien.

Deux pirates, dont la légende populaire a immor Usé le nom, les Barberousse, établissent à Alger, pa la trahison et par le meurtre, un royaume qui restera jusqu'à lu Tm, digne d'une telle origine. Sans foi, san pitié, unissant h la plus audacieuse bravoure le géni' du pillage, ils forment autour d'eux cette terribi milice, composée de Turcs récemment arrivés en EU' rope du fond de la Tarlarie, et de renégats chrélieni ramassés, pour une vie de brigandage et de dëbau ches, sur toutes les cales de la Méditerranée. Le pre mier soin de ces hordes barbares est de dompter le: Arabes el de noyer dans le sang toute pensée de résis tance; puis, maîtres absolus de la terre, ils se tour nent triomphants vers la mer, el pendant trois cent ans ils courent à la curée du monde.

Durant ces tristes siâclfis, aucun navigateur chrétiei ne peut être certain, un seul jour, ni de sa vie, ni d< son honneur! A chaque moment, des extrémités dt l'horizon, du milieu des rochers, il peut voir s'élancci d'audacieux pirates, qui, poussant des cris inconnu! cl le menaçant de leurs armes, lui enlèvent d'un seu 'oup ses biens et sa liberté. Chaque nuit, les villes

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les villages, placés à la portée d'une incursion de ces sauvajîes agresseurs, peuvent voir leurs portes renversées, leurs maisons envahies et leurs habitants massacrés ou entraînés par la violence. Vainement la crainte universelle a-t-elle multiplié les défenses; Tainemeat a-t-on établi, sur les côtes de l'Italie, de l'Espagne, de la Provence, des îles delà Méditerranée, ces hautes tours que nous voyons encore debout comme un lugubre témoignage de tant d'abominables r'ntreprises : la ruse, l'audace, la persévérance triomphent de tout, et, chaque année, des milliers de vicllmes viennent grossir la troupe infortunée qui gémit dans les bagnes algériens.

Là, vendus comme un vil bétail, livrés à des maîtres avides, qui les torturent souvent jusqu'à la mort, pour les forcer au travail que refuse leur faiblesse, pour les contraindre à l'apostasie, ou pour les soumettre à d'infâmes exigences, ils ne trouvent d'autre adoucissement à leurs maux que le dévouement de ces Religieux intrépides voués au rachat, ou, pour le dire dun mot que l'admiration des siècles a consacré, à. la Rédemption des captifs.

Ceux d'entre vous, bien rares désormais, qui sont, m Algérie, les contemporains de la conquête, savent ce que je dis. Ils ont vu les dernières victimes de ces supplices. Ils ont vu les instruments qui les livraient à la mort, les crocs de fer qui garnissaient les remparts, cl sur les pointes desquels on jetait les esclaves, pour les laisser mourir de douleur, de soif et de faim aux rayons ardents du soleil. Ils ont vu les humides cavernes, où ils agonisaient lentement, privés d'air et de lumière. Ils ont entendu l'horrible histoire des cent ih Français, tombés, h la veille même de notre expédition, entre les mains de ces barbares, et dont les-

i'if

cent dix tôles, empilées dans des sacs immonclef furent livrées par le Dey Hassein aux outrages de 1 multitude.

A de semblables récits saus cesse renouvelés, l'Eu

rope se soulevait de douleur et de rage. Les prince

rougissaient du sanglant tribut payé à la barbarie

Les plus puissants, Charles-Quint, Louis XIV, avaier

tenté vainement de l'anéantir.

Ui Fiers de tenir en échec les maîtres du monde, dé

^■: fendus par des cAtes inhospitalières, appuyés sur le

r^S barbares populations de l'Afrique, enrichis par leur

-^ pillages, les pirates se proclamaient et se croyaien

invincibles. « Les eaux l'environnent, la mer est \i

t^- « source de ses richesses, les flots sont ses forteresse s

^xÙ. « l'Afrique et la Libye ses auxiliaires ', » Ainsi par

^j laient autrefois d'Alexandrie les peuples de l'Orient

■^3 ainsi parlaient d'Alger les peuples de l'Europe, déses-

, pérant de le jamais vaincre, et, pour échapper à ses

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