C:^ corsaires, se résignant, l'un après l'autre, à achetei
:-— honteusement à prix d'or une paix chaque jour violée,
-^^ Dieu cependant a déjà choisi le bras auquel il va
i^~ confier sa vengeance. Mais la France ne s'y portera
:r^ pas d'elle-même. 11 faut, si je l'ose dire, qu'on l'aille
^^ chercher, et que des coups répétés triomphent de sa
longue résistance.
^^ C'est d'abord l'acte insensé par lequel le Dey d'Alger
' — inflige à notre représentant le dernier des outrages , et
lui déclare, par surcroît, n'avoir nul souci ni de son roi ni de sa nation. C'est la destruction violente de notre commerce et de nos comptoirs dans la Régence. 11 semble que cela doive suffire pour nous précipiter
1. Aleiandria populorum ; aquœ in circuitu ejus : cujus diviiiio, .re : aquce mûri ejus... Africa et Libyes in auiilio suo. Naiium,
mitE ET LA MISSION DE LA FRANCE EN AFRIQUE 36
W ces barbares ; et cela surfit, en effet, dans les con Mis du Souverain, où un soldat et un prêtre font pai iiffif à ceux qui les entourent l'émotion de leur foi ( 'i( leur vieil honneur. Je les nommerai tous deux, ca ii-ûQt droit ila reconnaissance de l'Algérie. Le soldt tiail un Clermont-Tonnerre, que sa noble devise ' ai liirisailà relever la tète devant l'injure, alors mêm ^ lous eussent voulu la laisser impunie; le prôlr ilîit l'éloquent évêque d'Hermopolis.
Ils comptaient sans les résistances calculées d'u parti déjà redoutable, qui repoussait une guerre, d'o a religion devait sortir vengée, et le prestige des roi irès chrétiens entouré d'une auréole de gloire. Devat fdie opposition menaçante, il fallut que ^honneur à il France attendît trois ans.
Mais c'est en vain, politiques, que vos calcui fiierchent à se soustraire à des desseins plus hauts. E TOD proposerez- vous au pacha musulman de l'Égypl fe se faire le champion de votre querelle ; en vain ir wquerez-vous l'autorité de la Subiime-PorLe; en vaii Jissimulant le dépit de ces insuccès et tremblant d lÉcontenter une nation puissante, enverrez-voi humblement demander à ce chef de brigand, qui voi ''fave, une démarche ambiguë, dont vos cœurs abaîssi seconlenteront.il va frapper enfin un coup qui briseï ws résistances. A votre ambassadeur, qui attend, dai Is rade d'Alger, sa réponse à votre prière, il enverr; pour toute excuse, avec l'insolence d'un barbare, ui i^rdée de ses canons chargés à mitraille.
C'est le coup de tonnerre par lequel la Providem lifchaine la tempête.
La France se réveille au bruit des canons d'Algc
Elle sent qu'elle cesserait d'être elle-même, si elle i
vengeait un tel outrage. Le vieux roi Charles X décla
aux représentants de la nation qu'il ne sauraiilelaiss
impuni. En un instant l'ardeur guerrière, si longlem
comprimée, se manireste de toutes parts. On voit d
officiers, des généraux mêmes solliciter de faii
j^ comme simples soldats, la campagne d'Afrique, L'e
^,z thousiasme éclate surtoul dans les provinces mérîilr
P^ nales. victimes séculaires de la piraterie musulman
!^ Ce fui au bruit des cloches, avec l'accompagneme
■■~* des chants sacrés et des bénédictions de l'Église, ai
^^ acclamations d'un peuple qui mêlait les ardeurs de
J^ï foi au souvenir de ses soulTrances, que l'armée, co
^ I duite par Bourmont, monta sur la Hotte qui lui él^
.;^,^ préparée; et lorsqu'un descendant de saint Lou:
"~ l'héritier même du triine, vint traverser & Toulon I
J^ longues lignes des vaisseaux, où les soldats de
- , France juraient d'èlre dignes de leurs pères, oiil
',;; matelots sur leurs vergues faisaient monter jusqu'ar
J^ cieux l'antique cri de guerre de la patrie, il semti
li^ aux témoins de celte scène sublime qu'un souffle d
~S croisades vint soulever nos drapeaux!
^> C'est ainsi que notre flotte preud sa roule, au milii
^j des sympathies ardentes de tous les pays ehréliei
j~ qu'elle laisse derrière elle. L'Espagne, l'Italie, les il
de la Méditerranée, se rappelant leurs villes ince
diêes. leur commerce ruiné, les morts tombés sousl
coups des barbares, les esclaves sans nombre, homrat
femmes, enfants, arrachés violemment de leurs mug
el gémissant encore dans les bagnes, unisseul le»
vœux pour son triomphe, et notre armée s'avan'
vers le sanglant repaire de la piraterie, soutenue dai
son entreprise vengeresse parles bénédictioDsdupr"
sent el les longues malédictions du passé.