‹ Le cardinal Manning et son action socialeChapitre 11 sur 90 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

l'austérité de manning et sa tendresse de cœur.

Après la droiture et la piété, il faut signaler, parmi ses qualités morales les plus évidentes, l'austérité. Ceux qui le voyaient pour la première fois étaient frappés de sa physionomie d'anachorète. Il n'en avait pas seulement l'apparence; il en avait la réalité.

Ce prince de l'Église, ce parfait homme du monde, menait la vie pénitente d'un reclus. Sa nourriture était des plus simples; sa boisson n'était que de l'eau. Quand il se trouvait à quelque banquet offert par une des sociétés dont il faisait partie, il mettait ses gants rouges dans

son verre pour éviter qu'on y versât une liqueur fermentée.

Tous les journaux ont parlé de la pauvreté de la chambre dans laquelle il est mort. Elle n'avait que treize pieds sur seize, et tout le mobilier consistait en une commode de sapin, une table à toilette, un fauteuil de paille et un petit lit de camp.

(( Sa figure maigre, ses membres émaciés portaient les traces visibles de la mortification du Christ, et c'est ainsi que dans son corps mortel paraissait transparente la surnaturelle vie de son âme (1). »

L'ascétisme du cardinal Manning ne laissait peut-être plus voir suffisamment la tendresse de son cœur. Mais ceux qui l'ont approché s'accordent à dire qu'il avait une âme très affectueuse.

Comme tout Anglais, il aimait la nature, et quoiqu'il n'eût rien en propre, il savait trouver des jouissances dans le monde créé : il contemplait, à l'exemple de S. François d'Assise, les biens généraux qui ont été donnés à l'homme.

Page 1