The Tahlet, The Cardinal's inner life, by Rd. K. Vaughan
12 LE CARDLNAL MANNING.
(( Saint Charles Borromée, écrivait-il, appelle FEcriture sainte le jardin de Févêque. Peu d'hommes se promènent dans ce jardin, et moins encore le cultivent. » Il puisait dans la Bible les grandes inspirations de ses discours et les motifs élevés de ses actes. Ses livres favoris étaient , dans FAncien Testament , le livre de la Sagesse , — parmi les Evangiles , celui de saint Jean qu'il avait publié à part et qu'il aimait à distribuer à ses pénitents , — et parmi les Épîtres de saint Paul, FEpître aux Éphésiens, sur laquelle il appuyait principalement ce qu'il écrivait à propos de la divinité de FÉglise.
Les textes sacrés venaient se placer naturellement sur ses lèvres et sous sa plume. Ils donnent à sa phrase une vague grandeur surnaturelle qui dépasse et déborde la pensée humaine. Ils rendent son style rehgieux au sens strict du mot, rcligare, c'est-à-dire qu'ils rattachent l'humain au divin, le présent à l'avenir et le visible à Finvisible. Et l'on dresse la tête, en entendant ces voix d'en haut, qui ne sonnent pas comme des voix humaines. Et ces clartés mystérieuses qui traversent soudain nos lumières terrestres ressemblent aux éclairs loin-
LE PRETRE OU L HOMME DE DIEU. 13
tains qui entr'ouvrent un horizon fermé, et qui révèlent les profondeurs d'un autre ciel. Nous n'avons plus en France ces habitudes scripturales. Les Auiïlais les ont mieux conservées. Le cardinal Manning les possédait à un très haut degré.