The Daily News, cité par le Tablet, 1892, p
de ses coreligionnaires, appuyé cordialement le général Booth, le chef de T Armée du Salut? A notre avis, il prouvait par là son fervent amour pour les misérables ; il allait pour eux jusqu'à faire abstraction de son caractère de prêtre, car, de l'avis de ses propres partisans, l'Église perdit plus qu'elle ne gagna à cette alliance pour le moins hardie. » Ainsi raisonne le Spectator. Une main au général Booth, une autre au prince de Galles, Manning se présente devant ses contemporains comme la personnification du rôle social de l'Eglise : d'une part il respecte l'autorité; mais de l'autre il veut que tous les intérêts du peuple soient sauvegardés, et il déclare qu'il ira aussi loin que n'importe qui dans cette volonté charitable.
Qui mieux que lui joignit les actes aux sentiments et mit au service des pauvres une plus grande inteUigence de leurs besoins, une plus énergique volonté de les secourir? Être en relations constantes avec eux lui semblait le premier devoir. Le peuple est venu à moi, disait-il, avec ses doutes, ses misères et ses anxiétés. « Et, de vrai, combien sont venus? s'écrie son panégyriste. Que d'hommes et de femmes sans
foi OU n'ayant plus qu'une vague demi-foi, courbés sous leur propre fardeau ou portant la charge d'autrui, embarrassés par des questions sur les droits da travail ou sur les obligations religieuses, cherchant conseil et secours dans les divers intérêts de la vie présente, combien se sont arrêtés à la porte de Westminster, ont gravi les blanches marches de la maison épiscopale, et se sont assis en face de ce corps émacié et devant ces yeux si bons, pour être assistés d'une lumineuse parole et réjouis d'une attention délicate! Pendant un quart de siècle, à chaque jour, à chaque heure, on le vit descendre, infatigable et jamais rebuté, dans ces salles de parloir qui n'avaient besoin pour être attrayantes et accueillantes que de sa seule présence. Et quand il n'y avait point là de visiteur à qui dire la bienvenue, durant les longues heures de solitude, dans les intervalles que lui laissaient ses prières et ses écrits, il se tournait avec des yeux pleins de désirs vers le monde du travail et faisait sa ronde sur sa tour de garde, anxieux d'assister, de soulager, de sauver (1) ! »