‹ Le cardinal Manning et son action socialeChapitre 64 sur 90 · Commentaire sur V Encyclique. Texte anglais, p · texte numérisé non relu

Commentaire sur V Encyclique. Texte anglais, p

2. En France, la loi de 1841 dit que les enfants doivent avoir au moins huit ans pour être admis dans les manufactures; mais, comme ils doivent continuer à fréquenter l'école pendant deux heures par jour jusqu'à douze ans,

Repos du dimanche et travail de nuit : encore deux questions sur lesquelles l'intervention de l'État réclamée par le cardinal Manning n'est plus contestée par aucun homme pratique. Sans nul doute il faut à cette intervention des tempéraments et des exceptions que justifient pour certains travaux des raisons techniques, pour d'autres des nécessités urgentes, pour plusieurs des besoins sociaux. Mais le laisser faire ne livre-t-il point l'industriel honnête et consciencieux qui tient compte des intérêts moraux de ses ouvriers, à la concurrence déloyale de son voisin qui les méconnaît et les dédaigne ?

Aussi ne suis-je nullement surpris de trouver dans une pétition de ï Association catholique des filateurs du Nord, — dont plusieurs sont opposés en principe à l'ingérence de l'État, — les phrases suivantes sur le travail de nuit :

(( Le travail de nuit est contre nature; il ruine les santés'; il est une cause active de perversion morale; il brise les liens de famille; il crée au patron qui s'y livre des facilités de concurrence et une notable diminution des frais

il s'ensuit que l'âge de douze ans est le minimum habituel pour le travail aux usines.

généraux; à rencontredu travail de jour, il ne paie pas d'impôts ; il ne peut manquer dès lors de se généraliser, s'il n'est interdit; généralisé, il amènera une surproduction énorme qui se traduira pour les ouvriers en chômages périodiques. Le travail de nuit doit donc être interdit dans les industries textiles (1). »

Un interventionniste ne parlerait pas mieux, et le Cardinal souscrirait des deux mains à ces considérants qui s'appliquent dans l'espèce au travail de nuit, mais qui conviennent tout aussi bien au travail du dimanche.

Pour qu'on interdise celui-ci, il ajoute aux raisons économiques des considérations morales et religieuses : « Personne, dit-il, ne saurait impunément outrager la dignité humaine que Dieu lui-même traite avec révérence, ni se mettre en travers de la vie spirituelle, cette vie céleste d'ici-bas qui nous prépare à la vie éternelle de là-haut. Il est certain que plus les vérités morales et chrétiennes animent une nation, plus cette nation est élevée, délicate et indépendante. Plus au contraire elle perd de

d. Cité par M. Urbain Guérin, l'Évolution sociale, liv. i : le Travail, \). 61.

vue ces mêmes vérités, plus elle devient sensuelle, grossière, et souvent esclave. Accepter un traitement qui le met dans Fimpossibilité d'arriver à sa fm, cela n'est point permis à l'homme. Il ne peut vouer son âme à l'esclavage. Il ne s'agit point ici de droits humains à exercer, mais de devoirs divins à remplir. Donc aucun homme ne peut s'engager à travailler durant un nombre d'heures ou de jours qui rende impossible pour lui la vie d'un chrétien ou d'un être moral. De là découle l'obligation de chômer les dimanches et fêtes (I). »

En Angleterre , une loi du 27 mai 1878 interdit le travail du samedi, après midi, et du dimanche , toute la journée , dans les manufactures et dans les plus petits ateliers , pour les jeunes gens au-dessous de vingt et un ans et pour les femmes de tout âge. La conséquence a été la clôture de toutes les usines durant la seconde demi-journée du samedi, et c'est ce qui permet la sanctification du dimanche.

Toutes les petites besognes et travaux domestiques ou de propreté ou de jardinage , tous les

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