‹ Le cardinal WisemanChapitre 32 sur 106 · Voir Bossuet, correspondance avec Leibnitz, Lettre XXI · texte numérisé non relu

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RECTOÎIAT DU COLLÈGE ANGLAII^ i20

deFroude et de leur complète sincérité. Ces deux impressions étaient opposées aux idées couramment admises parmi ses coreligionnaires, à Rome comme en Angleterre , où Ton ne voyait dans les sympathies pour rÉglise catholique manifestées par les Anglicans que des sentiments tout superficiels d'ordre esthétique. Que si elles étaient plus profondes, Fadhésion à TEglise d'Angleterre, — alors incontestablement et avant tout protestante dans sa note religieuse, — était supposée incompatible avec la sincérité. Wiseman, âpres cette courte entrevue, en jugea différemment, et, avec un optimisme de bon augure, il se prit à penser que, si de tels hommes représentaient la naissante génération d'Oxford, centre intellectuef de l'Angleterre, de grands changements étaient réservés à son pays. L'existence de telles opinions à Oxford même ne justifiait certes en rien les chimériques espoirs du P. Spencer ; mais elle renfermait du moins plus que la promesse de quelques retours individuels, clans un peuple de plusieurs millions d'âmes. Un mouvement, qui était bien dans son genre un mouvement d'ensemble et de corps, se dessinait dans l'élite intellectuelle de l'Église anglicane, et ce mouvement devait renfermer des éléments particuliers de puissance, précisément parce qu'il se prétendait aussi national que catholique. Il apparaissait au clergé anglican comme l'œuvre de ses amis, tandis que les soutiens héréditaires du Siège romain lui semblaient forcément, dans une certaine mesure, se dresser contre leur Église en ennemis.

Cette année marqua dans l'esprit de Wiseman l'éclosion de nouvelles espérances. « Du jour où je reçus la visite de Newman et de Froude, écrivait-il en 1847, je

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n'ai plus hésité à croire qu'une nouvelle ère commençait pour l'Angleterre, et je me dévouai à ce grand objet... Et, pour m'y donner exclusivement, j'abandonnai mes études favorites des années précédentes.»

Toutefois, ce changement dans ses visées ne se précisa qu'après quelques années, et nous avons la preuve, on le verra plus loin, que tout d'abord il avait la conviction que le résultat immédiat de l'efifort commencé serait la déproiestantUation de TEglise anglicane et de l'àme anglaise, plutôt qu'un mouvement accentué de retour à l'obédience catholique. La période de sa vie qui suivit la visite de Newman est caractérisée par une reprise de ses études philologiques, plutôt que par une participation active aux affaires d'Angleterre.

Ses vieux amis, en communauté de pensées avec lui^ avaient quitté le Collège ; ils n'étaient plus là, les enthousiastes comme le P. Ignace Spencer, les esprits cultivés et puissants comme feu le D"" Logan, et il semble que, pendant un instant, Wiseman ne trouva personne qui les remplaçât. En septembre 1833, il écrit de Monte Porzio à un ancien élève à qui il demeura très attaché \ ces lignes qui nous le montrent vivant à la campagne, pendant la chaude saison, en compagnie des étudiants du Collège et de sa petite chienne favorite Minna.

« Depuis que nous avons quitté Rome, c'est à peine si nous avons eu un jour sans pluie. Je suis sorti une fois à cheval pour montrer aux nouveaux les antiquités d'Albano. Aujourd'hui un groupe a excursionné à Tivoli, mais il a plu à torrents toute la journée, bien que la matinée eût été belle. A part cette sortie, je ne suis pas

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