‹ Le cardinal WisemanChapitre 56 sur 106 · CHAPITRE VII WISEMAU EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII WISEMAU EN ANGLETERRE

Sommaire. — Arrivée de Wiseman en Angleterre. — Ses impressions sur les catholiques anglais. ~ Leur apathie politique. — Wiseman à Ushaw. — Son énergie. — Son portrait en 1835. — Ses conférences dans la chapelle de Sardaigne et à Moorfields ; leur succès. — Réplique aux lettres de M. Poynder sur l'alliance du papisme avec le paganisme ; impression faite par cette répliquesur M. Gladstone. — Wiseman et O'Connell fondent la Revue de Dublin. — Les premiers collaborateurs. — Retour de Wiseman à Rome.

Wiseman arriva dans son pays, au mois de sep* tembre 1835, rempli de zèle et avec la détermination de se faire en Angleterre l'auxiliaire du grand mouvement religieux que Lacordaire et Montalembert s'efforçaient de propager en France. Malgré quelques brefs séjoursen Angleterre pendant les vacances des années précédentes, il ne paraît pas s'être rendu un compte exact de la situation vraie de ses coreligionnaires anglais. Il arrivait, nous l'avons déjà dit, l'esprit dégagé de tout ce qui faisait le fond de l'état mental particulier à la « secte » écrasée des papistes anglais. Il n'avait dan& l'âme ni cette irritation intérieure, ni ce sentiment d'infériorité vis-à-vis du reste de la nation, dont ceux-ci ne pouvaient se débarrasser. « Nous avions quitté, jeune.

GooqIc

notre pays, dit-il, et nous ne savions presque rien des injustices dont souffraient nos aînés. Quoi qu'on puisse penser des inconvénienls d'une éducation à l'étranger,, elle présentait du moins à cette époque le grand avantage de former l'esprit et de fortifier les sentiments, à l'abri des querelles religieuses et de l'irritation qu'elle* produisent. Nous ignorions presque les propos amers^ tenus contre ce qui nous était le plus cher ^ »

Après avoir passé quelques jours à Golden-Square avec Tévêque Bramston, vicaire apostolique du district de Londres, sa première préoccupation fut précisément de se renseigner exactement sur les sentiments des catholiques, ses frères, en Angleterre et en Irlande : « Mon projet, dit-il dans une lettre à M. Monckton Milnes, est d'entreprendre un voyage ou plutôt une tournée k travers l'Angleterre et l'Irlande, avec la résolution de ne jamais coucher dans aucune auberge ou hôtellerie, pendant tout le voyage, mais de demander l'hospitalité aux nobles châtelains ou bons bourgeois de ces royaumes, capables d'apprécier suffisamment l'honneur de ma présence... »

Il a laissé dans ses notes quelques allusions à l'impression faite sur son esprit par les familles catholiques anglaises avec lesquelles, dans ce voyage, il entra pour la première fois en relations d'amitié. « Les catholiques viennent de sortir des catacombes. Les vieilles habitudes de secte proscrite pèsent toujours sur eux. » — « Leurs^ chaînes étaient enlevées, dit-il ailleurs, non la crampe et l'engourdissement qu'elles avaient produites.» Desdeux côtés, on ne pouvait d'un coup avoir banni le sou-

Page 1