‹ Le cardinal WisemanChapitre 57 sur 106 · Souvenirs, etc · texte numérisé non relu

Souvenirs, etc

Googk

venir « d'un état de choses, où une partie de la même communauté implorait de Fautre, comme un mendiant, le droit commun ». Dans un des partis survivait « l'orgueil d'avoir refusé ou d'avoir accordé», et dans l'autre, « l'humiliation d'avoir longtemps été repoussé avec mépris et d'avoir à la fin accepté son relèvement presque par contrainte ». Aussi bien, depuis la translation en Angleterre des établissements de Douai, et avant l'organisation des nouveaux collèges, l'éducation des catholiques anglais avait-elle laissé à désirer.

Il n'y avait donc guère à compter que ses coreligionnaires usassent de sitôt du droit acquis par l'Acte d'Émancipation de faire sentir leur influence dans la vie publique. Les catholiques âgés n'étaient ni aptes ni disposés à se mêler à leurs concitoyens; l'histoire était encore trop récente des avanies subies. Ils ne pouvaient de suite se joindre à eux pour administrer les affaires de la nation. Même les jeunes catholiques, car telle est la force des traditions de famille, ne pouvaient bénéficier immédiatement de la nouvelle législation. Il leur fallait du temps pour sortir de certaines habitudes de penser devenues héréditaires. Le sentiment persistait d'une irrémédiable inégalité en réalité déjà en grande partie disparue. « C'était ce sentiment de l'inégalité, écrit l'historien de l'émancipation ^ , qui affaiblissait l'énergie, paralysait les forces, détruisait l'ambition de tant de catholiques qui eussent pu employer leurs talents à s'élever au niveau de tant d'autres dans leur pays. »

Les autorités ecclésiastiques d'ailleurs se gardaient bien d'encourager les catholiques à se jeter sans réserve

Page 1