‹ Le cardinal WisemanChapitre 79 sur 106 · L EXODE DE · texte numérisé non relu

L EXODE DE

très en détail pour nous rendre compte des aménagements A y faire. La difficulté est d'abandonner un poste aussi important qu'Oxford; mais, d'autre part, il sent l'importance qu'il y a de donner à ses jeunes amis une édu- <5ation et une formation vraiment catholiques, ce qui ne peut se faire à Littlemore. C'est là une affaire, toutefois^ ^ont il ne faut point parler.

« Quant à son livre et à ses autres travaux, j'ai pensé <[ue la lettre qu'il m'a écrite à ce sujet vous intéresserait pour plusieurs motifs : l'' Vous y verrez combien, après tout, sa conversion fut soudaine, et combien imprévues (il me l'a répété plus d'une fois) furent les circonstances de son admission ; 2^ Vous y lirez quelque chose de son livre, dont je désire vous entretenir plus longuement. 3^ Vous pourrez, après avoir consulté le D"" Murray, me dire votre pensée sur la question de savoir jusqu'à quel point il lui est permis de continuer la venf^e de ses Tracts pour le Temps. Il en a la complète propriété et c'est la seule de ses œuvres pour laquelle il en est ainsi. La vente est actuellement peu considérable, mais c'est une question de principe. Les Tracts ont été et sont encore le moyen d'amener bien des âmes à la vérité ; mais ils n'en renferment psis moins l'erreur, et les vendre ne serait pas simplement une coopération passive, mais un acte positif de propagande lucrative. »

Wiseman s'étend ensuite longuement sur le livre projeté de Newman, « cette œuvre préparée de longue main, fruit de tant de méditations et de laborieux efforts ». Il en indique le plan, les idées directrices. « La partie principale du livre est celle où il montre la différence qui existe entre un développement et une corruption, et où il donne, pour distinguer Tune de l'autre,

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des critères illustrés d'exemples pris dans la philosophie, rhistoire etc. Ce livre, ajoute Wiseman, a été écrit en entier, tandis que Tauteur était encore Anglican, alors qu'il ne pensait pas encore à se réunir à nous, du moins immédiatement, et il n'y expose que la voie qu'il a suivie pour arrivera ses convictions personnelles. Mais à la fin, il déclarera qu'il est maintenant catholique, qu'il professe sa foi sur l'autorité de l'Église et qu'il croit en tout, selon ce qu'elle enseigne. »

Une telle œuvre est impatiemment attendue ; Wiseman annonce à son ami qu'après avoir hésité sur l'opportunité de sa publication, il va la revoir attentivement par lui-même, malgré ses occupations absorbantes, n'ayant personne sur qui il puisse se décharger en toute sécurité d'une tâche aussi délicate.

Dans un long Posù-Scriptum^ M»*" Wiseman fait part au D"" Russell .de nouvelles et nombreuses conversions au catholicisme et d'autres abjurations annoncées comme certaines, celle en particulier de M. Stokes, directeur de VEcclesiastical Almanack et secrétaire de la Camden Society. Et il termine sa lettre par ces paroles qui trahissent sa joie sans mélange : « Il me semble maintenant que je suis trop déchargé de mes croix; car, à l'exception de ma santé, je n'ai absolument plus d'occasion de souffrir. N'ai-je pas répété souvent que le jour de la conversion de M. Newman, je serai prêt à chanter mon Nunc dimittis? »

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