‹ Le cardinal WisemanChapitre 90 sur 106 · Exode, nv · texte numérisé non relu

Exode, nv

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empêcher que tout le peuple ne périsse. Puis enfin le diacre définit pleinement la nature de la fête qu'on célèbre, en chantant l'Évangile, qui raconte l'entrée triomphante de Jésus à Jérusalem, et les acclamations qui l'accompagnèrent. Le célébrant, (à la chapelle Sixtine, le Pape lui-même), procède alors à la bénédiction des palmes, c'est-à-dire invoque la bénédiction du Ciel sur tous ceux qui les porteront dévotement et les conserveront en souvenir de ce mystère, prélude de notre Rédemption.

... Après la distribution des rameaux, la scène du triomphe de Jésus-Christ est représentée d'une façon vivante par une procession où on les porte. Là encore la signification dramatique de la scène est donnée par le chœur qui, après avoir raconté comment le Sauveur envoya deux de ses disciples à Béthanie pour lui ramener l'humble ânesse sur laquelle il doit monter, décrit cette marche dans une série de strophes dont la beauté croît jusqu'à atteindre le sublime du lyrisme, et s'écrie : « Par la foi, soyons unis aux anges et à ces enfants qui proclament le triomphe sur la mort. Hosanna au plus haut des cieuxî »

... îklais il est une autre partie de l'office, célébrée le dimanche et répétée le vendredi, dont la puissance dramatique et la sublimité de mise en scène dépasse tout ce qui précède. C'est, comme plusieurs de vous l'auront compris, le chant de la Passion selon saint Matthieu et saint Jean à l'office de ces deux jours. Ce chant est exécuté par trois interlocuteurs, en costumes de diacres, qui se le partagent de la façon suivante. Le récit est fait par une forte voix de ténor; les paroles de Notre-Seigneur sont chantées par une profonde et solennelle voix de basse ; et tout ce qui est dit par d'autres personnes est chanté par une troisième voix de contralto. Cela produit immédiatement une impression dramatique. Chaque partie se chante sur le rythme d'une antique, simple, mais riche mélodie, appropriée à chaque rôle et digne de l'ancienne tragédie. Le chant du narrateur est clair, net, légèrement modulé ; celui qui reproduit les paroles des interlocuteurs ordinaires, est alerte et affecte presque le ton de la conversation familière; mais celui qui exprime les paroles de Notre-Seigneur est grave, très solennel ; il commence sur un ton presque bas, s'amplifie gra-

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•doellement, se déroale en modulatioiis variées, aussi riches que simples, jusqu'à ce qu'il s'achèire eo une cadence gracieuse et expressive, modifiée encore de façon à produire un plus grand efiTet dans les phrases tnterrogatives. Ce rythme est à peu près le même dans toutes les églises catholiques, mais, dans la chapelle du Pape, il a Tavantage dé Ire exécuté par trois chantres du chœur, au lieu d'ecclésiastiques ordinaires et, par conséquent, par des voix d'un timbre :mieux choisi et plus scientifiquement exercées.

Mais la beauté particulière, ou plutôt la magnificence de ce chant dans la chapelle Sixtine, consiste dans le chœur, •car, chaque fois que la foule des Juifs est censée parler dans l'histoire de la Passion, ou bien chaque fois qu'un certain nombre de personnes interviennent, le chœur éclate et, par un effet d'ensemble, son harmonie simple exprime le sentiment avec une vérité et une énergie qui fait passer un frisson dans tout le corps, et met l'âme hors d'elle-même. Ces chœurs furent composés, en 1585, par Thomas-Louis de Vittoria, originaire d'Avila et contemporain de l'immortel Palestrina, qui n'essaya même pas de les corriger ni de les modifier; probablement, ainsi que Baini son digne successeur m'en faisait la remarque, parcequ'il les trouva parfaits et répondant en tout à ce qu'on désirait. Il y en a vingt et un dans l'évangile du dimanche, et seulement quatorze dans celui du vendredi. Les phrases qui les composent sont aussi, dans le premier, plus longues et plus susceptibles de variété dans 'l'expression que dans le second, et le compositeur n'a pas manqué de profiter de cet avantage. Lorsque les Juifs crient : « Crucifiez-le! » ou « Barrabas », la musique comme les paroles se concentrent avec une effrayante énergie et ne compte que juste autant de notes que de syllabes; cependant, dans 'les trois notes de ce dernier mot, il se produit un changement de ton aussi simple que frappant. Dans ce chœur, comme dans la plupart des autres, l'effet est rendu plus puissant encore par la brusque finale sur une croche, (note inconnue dans la musique du choeur pontifical) bien qae dans la mesure écrite il y ait une longue. L'harmonie entière, bien que presque toute composée de semi-brèves est rendue d'une façon rapide, mais accentuée et pour ainsi dire martelée, bien en rapport avec les clameurs d'une multitude en

fiirie. Ce sont là des modifications traditionnelles à la musique écrite, qui se transmettent d'année en année parmi les musiciens, depuis Tépoque du compositeur original. Dans le troisième chœur de la Passion de saint Matthieu, où parlent les deux faux témoins, il y a, entre un soprano et un contralto,, un duo où les mots se succèdent d'une manière hésitante comme si Tun des témoins prenait à l'autre l'histoire qu'il doit débiter ; la musique en est écrite en contre-point d'imitation; une partie contrarie ou imite clairement le mouvement de l'autre, de sorte que l'idée est admirablement rendue que « leurs témoignages n'étaient pas concordants ». Dans le^ seizième chœur, rien ne saurait égaler la tonalité douce et émouvante dans laquelle sont exprimées les paroles : « Salut,, roi des Juifs. » L'expression s'harmonise si bien avec le sens^ qu'elles entraînent puissamment l'âme à transformer en acte d'amour, ce qui dans la bouche des Juifs était un blasphème. Mais vers la fin, les chœurs gagnent en lenteur, en richesse et en variété. Le dix-septième et le dix-huitième sont deschefs-d'œuvre; les dissonances y sont plus accentuées, les résolutions plus heureuses, les cadences finales se développent dans un crescendo ample et majestueux. Dans l'Évangile de saint Jean, cependant, il y a une ou deux phrases qui, bien que moins riches, sont d'une mélodie plus exquise»^ Je citerai la dixième : « Si vous le délivrez, vous n'êtes point l'ami de César » qui est délicieusement conduite. La plus belle et la plus pathétique de toute la série se trouve dans le dernier chœur : « Ne la déchirons pas, mais tirons-la au sort. » Les parties se succèdent dans une chute finale, de plus en plus douce et presque mourante, jusqu'à ce que le chœur entier éclate dans un majestueux accord.

... Tout l'ensemble s'inspire de l'idée de produire uneprofonde impression dramatique, bien en harmonie avec les paroles, et est combiné de manière à laisser dans l'âme un sentiment plus solennel et plus pieux que ne pourrait le^ faire le simple récit ou exposé des faits grandioses qui y sont contenus. Le rythme grave et mesuré du triple chant, aidé par l'alternance de ces chœurs, reçoit de la manière dont il est exécuté un nouveau caractère de poésie, car, sans aucune apparence d'artifice, on entend la forte voix qui chante le récit historique s'adoucir peu à peu, à mesure que la cata-

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strophe approche, se réduire presque à un soupir en redisant les dernières paroles prononcées sur la croix et mourir pour ainsi dire quand s'exhale le dernier soupir du Sauveur. Alors tous, je dirai presque spontanément, tombent à genoux, et il se produit un instant de profond et d'impression uant silence.

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Mémorandum des résolutions prises par le D** Wiseman, la

VEILLE de sa consécration ÉPISCOPALE, A LA FIN DE SA RE- TRAITE A Saint-Jean-et-Saint-Paul. (Voir ciiap. x, p. 364.)

3 juin 4840.

In nomine Jcsu, Am

Arrivé au terme de ma retraite, dans cette sainte solitude de Saint-Jean-et-Saint-Paul, où j'écris ceci, je juge à propos de noter quelques-uns des points principaux qui me dirigeront dans l'avenir et qui sont les résultats de mes lectures et de mes réflexions, quand bien même le mauvais état de ma santé ne me permet pas de les rédiger comme je voudrais.

Je passe.

l»Les obligations ordinaires de tout chrétien, m'en tenant à mes anciennes résolutions de 1837, autant qu'elles sont compatibles avec mon changement de situation ;

2* Ma future manière de vivre qui dépendra surtout de l'endroit où je devrai résider et de mes occupations; loules choses que je ne puis prévoir à présent. Je réserve donc ce point pour plus tard, quand je serai fixé en Angleterre.

Omettant donc ces points-là, si importants qu'ils soient, et me plaçant maintenant en la présence de Dieu, de sa sainte Mère, de toute la cour céleste et particulièrement de mon ange gardien et de mes saints patrons, je déclare mon intention d'observer, avec la grâce de Dieu et de tout mon pouvoir, leg points suivants que je m'efforcerai d'atteindre.

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