ACTE PREMIER Ô
l'oncle ANTHL\IE, douc.Miioiit.
Tu as froid encore, comme <;a, dans mes bras? Mais d'abord, pourquoi ne veux-tu pas te remettre au lit?... ïu as peur de ne pas le rendormir encore?... Regarde Hélène, elle est plus sage que toi... Tu n'aurais qu'à te fourrer la tête sous tes petits draps, et tu n'entendrais plus le bal... D'abord, lu sais, si tu t'agites tout le temps, tu vas finir par réveiller ta mère.
PETITE LIE
C'est long encore avant le jour, dis, petit
noncle ?
l'oncle anthimk
Non, pas très long, mais tu ferais un bon somme... Tu aurais bien le temps de faire un bon petit somme!...
petite lie, timidemtMit.
J'ai bien faim, petit noncle...
l'oncle ANTHIME, ému.
Tu as faim ?
PETITE LIE
Un peu.
l'oncle ANTHIME, inquiet.
Et lu ne vois pas quelque chose à mang-er?... Il me semble qu'il restait du biscuit hier soir... Il n'en restait pas un seul dans la boîte?... Va à côté, tu en dénicheras peut-être...
PETITE LIE, y allant déjà.
Je vais aller doucement.
l'oncle ANTHIME, la suivant d'un pas.
En même temps, prends-moi mon rhum.
PETITE LIE
Oui.
l'oncle ANTHIME
Qu'on ne t'entende pas ! Attention qu'on ne t'entende pas!
Il a suivi la petite jusqu'au seuil de 1 arrière-boutique ; il est près de la lumière, il ne quitte pas la petite des yeux ; il la voit qui se glisse furtivement dans la chambre où la lampe réclaire tout entière ; elle frôle Hélène et sa mère endormies, elle ouvre un placard, cherche partout, et ne trouve rien que la bouteille de rhum qu'elle rapporte désespérément à son oncle. Pendant ce temps la musique du bal se fait entendre d'une façon un peu plus forte; des masquos seront passés dans la rue, on aura pu voir leurs ombres falotes sur le rideau de la porte d'entrée.