‹ Le carnaval des marisChapitre 26 sur 45 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

îtl.AlBEAr.

Gens tlélicals avec les femmes Voleurs de cœurs, mais pas filous!

Nous n'abuserons pas do vousl

F(*l'INARD.

D'un moment d'entretien honnête Nous octrojez-vous la faveur?

BLAIREAU

Acceptez-vous notre bras protecteur Jusqu'au seuil de votre retraite?

Eh bien?

FOUINARD

Eh bien?..

ENSEMBLE

Quoi! vous ne dites rien!

Vraiment!., vraiment!.. Elles ne disent rien ! Charmant!.. [Bis.) Qui ne dit mol consent.

FOuiNAUD. J'espère que vous nous avez fait assez trouer, méchantes.

BLAiRKAU. Pcliles méchanies! {Il veut leur prendre la taille et reçoit un coup d'éventail sur les doigts.) Aïe !

FOUINARD. Mais cette fois nous vous tenons. {Même jeu.) Oh!

BLAiRKAU. Oui... oui... VOUS aurez beau faire, nous ne vous quittons plus d'un centimètre.

FOUINARD. Nous nous attachons à vous!..

BLAiRKAu. El comme le lièvre... je meurs où je m'attache...

FOUINARD. Vous êtes seules? vous allez au bal? Hein?..

BLAIREAU. Pas de réponse!., nous avons peur de nous compromettre ?..

FOUINARD. C'est tout naturel, ces dames ne nous connaissenl pas... mais ça viendra, nous nous humaniserons.

BLAIREAU. Voyons, iivouez qu'au passage de l'Opéra vous avez remarqué que nous vous remarquions. {Les dowinos font signe que oui.) Parbleu ! j'en étais sûi 1

FOUINARD. Vous attendiez VOS amoureux, peutêtre?..

BLAIREAU. Les heureux mortels ! {Signe négatif.)

FOUINARD. Non?., qui donc?,, vos maris?.. {Signe affirmatif.)

BLAIREAU. Ah! bah! vous êtes mariées!.. {A Fouinard.) Des femmes mariées!.. C'est charmant...

FOUINARD. Et ces ir.ossieurs vous ont fait fauxbond!

BLAIREAU. Parbleu ! des maris!., ça ne m'étonne pas!,. lis auront fait quelque nouvelle conquête. (Signe de colère.) Hein ? quoi? vous dites?..

FOUINARD. Tu ne comprends pas, que ces dames sont furieuses de se voir délaissées, irahies...

BLViRKAU. Gré nom d'un pelil bonhomme!., il y a do quoi ; et si j'étais à leur place., ,

FOUINARD. Ah ! à leur place... je me vengerais^

BLAIREAU. Et tout de suite!..

FOUINARD. D'abord vous avez la vengeance sous la main.

BLAIREAU, à part. Oh! que c'est adroit!

FOUINARD. Une vengeance d'autant pi us agréable qu'elle n'a rien de compromettant pour vous... car, s'il faut vous l'avouer, nous aussi nous avons besoin de discrétion...

BLAIREAU. D'énormément de discrétion...

FOUINARD. Nous sommes mariés!

BLAIREAU. Tout co qu'il y a de plus mariés.',. {Les deux femmes se mettent à rire; Blaireau et Fouinard en font autant.) Ah ! ah ! c'est amusant, n'est-ce pas?

FOUINARD. Ah ! oui, c'est amusant!... des maris gais, aimables comme nous,

BLAIREAU. Et farceurs!.,

FOUINARD. Vous verrcz, nous passerons une nuit charmante!., qu'est-ce que nous demandons! de souper tôle à t^lc...

BLAIREAU. Avec de jolies femmes.

FOUINARD. D'aller au bal...

BLAIREAU. Ensuite...

FOUINARD. Ensuite... voilà tout.

BLAIREAU. Voilà tout!.. parole sacrée!.. (.4 part.) Quels roués nous faisons!

FOUINARD

Air précédent.

Acceptez-vous cette offre aimable?

BLAIREAU

Un souper fin... perdreau... homard!

FOUINARD

Près d'un bon feu, gaîment , h table , Et loin de tout jaloux regard.

Sablons le Champagne égriHard!

BLAIREAU

Puis, "a l'Opéra, d'une loge Vou.s offrant le discret réduit, Tous quatre au bal nous finirons la uuit. Sans qu'à la morale on déroge.

Eh bien?

FOUINARD

Eh bien?..

ENSEMBLE

Quoi? vous ne dites rien, etc.

[Sur la ritournelle, les deux dominos remontent vivement et frappent à la porte cochère )

FOUINARD, les suivant. C'est là que vous demeurez?..

BLAIREAU. Au sccond?. . au troisième?..

FOUINARD. Au premier? (Signe affirmatif.) A merveille !.. dans un instant, nous venons mettre à vos pieds, nos cœurs...

BLAIREAU. Et no.-! come?tit)ies ! {La porte s'ouvre ; hs dnwinos entrent et r^' ferment lapoit^,)

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