CAROLINE, VALÉRIE
CAROLINE, poussant un gros soupir. Ah! ma chère... maintenant que nous voilà seules... s[ j'osais parler politique !..
VALÉRIE. Eh bieu?
CAROLINE. Comme je te dirais mon opinion sur messieurs nos époux!
VALÉRIE. Je suis sûre que c'est aussi la mienne !
CAROLINE. Un mar'Ji-gras, nous faire passer la nuit à inscrire des pièces de percale et de calicot!..
VALÉR.E. A faire un inventaire... au lieu de S;uiter et de polker comme tant d'autres!..
CAROLINE. En voilà une idée bien digne d'un mari!
VALÉRIE. Si ce n'est pas dépitant ! car enfin, ce pe il bal auquel nous étions invitées chez la cou sine, c'est pour eux qn il a fallu y lenoncer...
CAROLINE. Pour ne pas interrompre un jour.
nno heure, les affaires,.. le conMiierce de ces messieurs...
vALÉuiE. Et faire une économie de toilettes...
CAROLINE, Ah! peut-être bien!..
VALÉRIE. Tiens! . ce sont deux monstres...
CAROLINE. Oh ça!..
VALÉRIE. A ce point de vue... car pour tout le reste...
CAROLINE. Oh ! pour ce qui est du travail...
VALÉRIE. Ht de l'affection...
CAROLINE. Et de la conduite...
VALÉRIE. Ce sont deux anges!..
CAROLINE. Ne pensant qu'à nous...
VALÉRIE. Ne bougeant jamais...
CAROLINE. Enfin, ils ont promis de nous dédommager à la mi- carême.
VALÉRIE. Oui, à la mi-carême... à Pâques... ou à la Trinité...
CAROLINE. C'est égal, sans toi j'aurais passé une jolie nuit!., ayant pour toute distraction la voix haniinnieuse de mon époux... et les soupirs langoureux de cet imbécile do Sylvestre.
VALÉRIE. A propos... est-ce qu'il continue?
CAROLINE. Plus que jamais... il me lance des regards à se déranger les yeux... si mon mari s'en apercevait... {On entend jouer une redovoa en dehors.)
VALÉRIE. Chut!..
CAROLINE. Quoi donc!..
VALÉRIE. Tu n'entends pas?., dans la maison à côté, cette musique...
CAROLINE, prêtanl VoreUle. Une redowa.
VALÉRIE. Ah!., ah!., ça me donne des inquiétudes dans les jointures...
CAROLINE. Et à moi donc!
VALÉRIE. Ah ! je n'y tiens plus!.. [Elle se met à danser; bientôt Caroline fait comme elle, puis elles dansent ensemble. En ce moment la porte de la rue s'ouvre, et Scipion paraît ; il s'arrête, les regarde un moment, puis il se met à applaudir, et se retire aussitôL.)
CAROLINE ET VALÉRIE, s' arrêtant effrayées. Ciel !.
VALÉRIE. Il y avait quelqu'un là!
CAROLINE, regardant au fond. Ah !.. la porte de la rue qui est restée ouverte...
VALÉRIE. El quelque farceur nous aura vues...
SCIPION, eu de/iors. C'est bien, allez sans moi... je vous rejoins tout à l'heure !..
CAROLINE. Cette voix... c'est celle de mon frère.
VALÉRIE. M. Scipion qui était à Alger!..
CAROLINE. Depuis quatre ans... et que nous atlendions chaque jour... {La porte s'ouvre, et Scipion entre.) C'est lui!..
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