M PRÉFACE
Victor Hago a dit quelque part :
Car le mot, c'est le Verbe, et le Verbe, c'est Dieu!
Je ne le prendrai pas de si haut, étant d'avis que les choses de la terre nous intéressent de plus près que les comparaisons métaphy^ siques.
Mais, en vile prose, je me permettrai d'affumer que les nations n'ont jamais que la langue qu'elles méritent. Je pourrais ajouter, en dévalisant par-dessus le marché M. de Buffon, que la langue^ c'est le peuple même.
Ceci est aussi vrai que cela, par l'excellente raison que ceci et cela disent absolument la même chose.
Or, messieurs et vénérés immortels, depuis ■quelque temps et à mesure qu'elle avance en
PRÉFACE. vu
âge, la langue française, il faut bien le dire, procède de façon à donner une assez piètre idée du peuple français.
Sous ce rapport, comme sous tant d'autres, le besoin d'une régénération se ferait impérieusement sentir.
Cette décadence simultanée de la morale public|ue et du langage, on peut la suivre pas à pas, et sous toutes les formes.
Jadis, par exemple, nous passions pour un modèle d'urbanité, d'élégance et de distinction... Distinction, élégance, urbanité, autant de vocables absolument et irrémédiablement démodés.
Pour les remplacer, on a inventé d'abord le chic. Avoir du chic, cela tint lieu de tout. Les femmes le plus hautement mondaines sacri-