LE CANNA VAL SANCTIFIÉ
(Siniscalchi,Y). 171.), il y avait une très-belle Église dédiée à Mat . \ o babitans se trouvant en état de siège • • .;i. s i impossibilité de résister, implorèrent si ec larmes le secours de Marie, prirent son image et la placèrent respectueusement sur la porte de la ville. Un des habitans caché derrière l'image lança des ilrehes contre les ennemis, et en tua un grand nombre. Un soldat ennemi l'aperçut, et tout en fureur lui lança un dard, en disant : Perfide, tu mourras, et l'image de Marie dont tu te fins un bouclier ne pourra te sauver. Mais Marie se leva reçut le dard sur elle-même, et sauva la vie du combattant, qui prit aussitôt fee même dard, le lança contre le blasphém ■■■*&,-- et le tua. Les ennemis témoins de c I < avèrent le siège, et l'image de Marie c . ■ i. i si bien sa ville, demeure toujo tu è.t- en> droit, avec un dard dans le geïR , ci. lié Ta reçu.
PRATIQUE
Faites aujourd'hui trois actes de contrition de vos péchés.
Vingt-sixième jour. 85
oraison jaculatoire.
O Marie, faites que je pleure avec vous.
(Samedi.)
Gémiss*me?i$ de Marie quand on descendit Jésus de la Croix.
Tandis qne Joseph et Nicodème descendaient Jésus de la, Croix, Marie les yeux élevés et les bras ouverts attendait le cadavre de son Fils. Quand elle le posséda, qui pourrait expliquer son affliction? Elle le serre étroitement contre son sein, elle fait passer son visage au milieu des épines, elle s'unit à lui face à face, elle teint son visage du sang de son Fils, et baigne de ses larmes celui de ce divin Fils.
O malheureuse mère ! est-ce Jonc là votre aimable fils ? est-ce donc là celui que vous av<z conçu avec tant de gloire et enfanté arec tant de joie. Marie ôte sa couronne d'é-
pines, fermes ses yeux essuie le sang de ses plaies, ses pieds, mais ne peut comme elle l'a révélé à sainte Brigite, plier et réunir les bras ouvert de Jésus-Christ,
Jésus les bras ouverts contre le sein de Marie ! O î quelle consolation poivr nous autres pécheurs ! Jésus tient les bras ouverts pour nous recevoir à pénitence ; Marie le tient dans ses bras pour nous obtenir miséricorde. Si nous nous jetons dans les bras de Jésus et de Marie, nous y trouverons le pardon. Les plaies de Jésus nous donneront le véritable esprit de pénitence ; les larmes de Marie nous apprendront à pleurer nos péchés
exemple.
Un grand scélérat, après avoir tué de sa main son père et un frère (Siniscalchiy\)*. 184.), était en fuite, objet de la haine de Dieu et des hommes. Un de ses disciples nous apprend qu'il eut le bonheur d'assister en Carême à un sermon sur la miséricorde de Dieu où le Prédicateur expliquait ce passage : Si V impie fait pénitence de tous ses péchés, je ne me souviendrai plus de toutes ses iniquités. Il ressentit une componction si vive, qu'il courut
VÏNGT-SEPTIÈME JOUR. 87
à l'instant aux pieds d'un Confesseur et y vomit ses crimes avec une grande abondance de larmes. Le zélé Confesseur lui donna l'absolution, et lui enjoignit d'aller devant un autel où était l'image de Marie dans les douleurs qui tenait dans ses bras Jésus crucifié, et la. de continuer à pleurer et à solliciter la miséricorde de Jésus et de Marie. Il le fit avec une telle ardeur, que la véhémence de la contrition lui brisa le cœur, et qu'il tomba mort au pied de l'autel. Le lendemain, quand le Prêtre recommanda le mort aux prières du peuple, on vit dans PÉglise une colombe blanche qui portait en son bec un morceau de papier qu'eLé fit tomber aux pieds du Prêtre. On le ramassa, et on y lut ces paroles : L'âme du mort, à peine sortie de son corps, a été portée au Ciel par les Anges. Pour vous, continuez à prêcher l'infinie miséricorde de Dieu.
PRATIQUE
Donnez en aumône ce que vous auriez pu dépenser aujourd'hui en divertissements.
ORAISON JACULATOIRE
O Marie, faites que je pleure avec vous.
[Dimanche de la Quinquagèsisme.]
Désolation du cœur de Marie quand on ensevelit Jésus.
Quel assaut éprouva le cœur de Marie, quand elle vit approcher l'heure d'ensevelir Jésus ! Elle le serra de nouveau, en disant du îond du cœur : Ah Jésus que cette séparation est dure ! Joseph et Nicodème enveloppent le saint cadavre dans un lincenil avec des aromates précieux. Mais Marie ne peut s'empêcher de découvrir plusieurs fois son visage, pour lui donner les derniers embrassements.
La douleur fut augmentée quand elle vit emporter à quelque distance le saint Corps pour lui donner la sépulture. Elle voulut l'accompagner avec les autres femmes, qui ne pouvaient la consoler, parce qu'elles étaient comme elle, accablées de tristesse. On place le cadavre dans le monument, on en ferme l'entrée avec une grande pierre. Que devient Marie ! elle reste immobile auprès du monument, elle ne peut plus entrer, elle ne sait en
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partir.
Marie à l'entrée du sépulcre de Jésus, me montre comment elle est fixée à l'entrée de votre cœur. Que faites-vous, Marie 1 Je me tiens à la porte, et je frappe, mais personne ne me répond. Marie frappe à votre cœur, pour que vous quittiez le péché ; mais vous avec une pierre l'entrée de cœur, et vous n'écouter personne. Marie pleure à Ja porte de votre cœur, et vous prie de compatir à. ses douleurs ; vous faites le sourd, et vous ne repondez pas. Misérable Mère ! son premier-né est mort et tous ses autres enfants l'ont oubliée!
EXEMP1 E.
Sainte Gertrude, contemplant un jour les douleurs de Marie (Simscalchi, p. 220.) ressentit une si grande compassion, qu'elle versa un torrent de larmes. Le Rédempteur lui apparut, et pour montrer combien lui était agréable la compassion de Gertrude envers Marie, il recueillit lui-mêrne dans une coupe d'or les larmes qui tombaient de ses yeux. La Sainte fut toute confuse de la grande bonté du Seigneur, et toujours plus ardente dans sa dévotion envers les douleurs de Marie.
PRATIQUE
Récitez trois De profundis pour l'âme du Purgatoire qui pendant sa vie a le plus honoré les douleurs de Marie.
ORAISON JACULATOIRE
O Marie, faites que je pleure avec vous. VINGT-NEUVIÈME JOUR.
(Lundi.)
Solitude de Marie après la sépulture de Jésus.
Quand le Rédempteur fut dans le sépulcre Marie se retira dans sa maison solitaire. Là dans le silence de ces pauvres murs, elle donna un libre coursa sa douleur et à ses larmes. Elle se rappelle toutes ensemble les pertes qu'elle a faites dans cette maison. Elle y a perdu son père et sa mère, Joachim et Anne ; elle y a perdu Joseph son époux. Il ne lui restait qu'un Fils, et elle vient aussi de le perdre ; et où ? non dans la maison, mais sur un gibet !
Marie voit le lit où Jésus reposait, elle l'arrose de ses larmes ; elle voit la table où elle était assise avec lui, elle prend un vêtement qu'elle avait commencé pour lui, en le voyant elle s'évanouit, il lui tombe des mains. Si elle regarde la maison, elle s'afflige, parce qu'elle n'y voit plus son Jésus. Si elle pense au sépulcre, elle soupire, parce qu'elle sait que Jésus y est, mais qu'il est mort. Marie ne trouve donc rien dans cette solitude qui console ses regards, ni ses pensées, ni son Cœur.
Vous trouvez bien de la difficulté à vous retirer un seul jour à votre maison ou à l'Église pour penser à votre âme. Vous avez cependant plus de motifs de pleurer, que n'en avait Marie. Vous avez perdu, en péchant, Dieu votre Père, Marie votre Mère, l'Esprit Saint votre Epoux. Vous avez perdu Jésus ; mais que dis-je, perdu 1 vous l'avez tué par vos péchés. Vous avez perdu votre âme, et vous ne trouvez jamais le loisir de vous retirer pour pleurer tant de pertes.
EXEMPLE
La B. Verruchio dans son veuvage n'avait
qu'un fils qu'elle élevait dans la crainte de Dieu, et qui donnait les plus heureuses espérances. ( Siniscalchiy p. 203.) Des ennemis acharnés de sa famille n'ayant pu se venger sur son père, déchargèrent leur fureur sur le fils, et le tuèrent d'une manière cruelle. Par une barbarie inouie, ils arrachèrent le cœur du cadavre, le firent manger à sa mère mêlé dans d'autres alimens, et l'instruisirent ensuite de l'infâme action à laquelle ils s'étaient portés. Que croyez-vous qu'ait fait la mère dans cette affreuse situation î elle se rappela que Marie avait prié avec ferveur pour les Juifs qui avaient crucifié son Fils unique, elle commença aussi à l'instant à prier continuellement pour les meurtriers de son fils, et à leur faire tout le bien qni dépendit d'elle. Elle s'agrégea au Tiers-Ordre des Servites, prit Thabit de Marie dans les douleurs, vécut toujours en retraite avec elle, et acquit tant de perfection et. de sainteté, qu'elle mérita de faire beaucoup de miracles pendant sa vie et après sa mort.
PRATIQUE
Retirez-vous le soir quelque temps à la
ma wa poui lire et méditer sur les douleurs de Ma i *, ou réciter le Clnpelet.
SON JACULATOIRE
Sainte Mère dans les douleurs, faites que vos douleurs, soie il gravées daus tous les cœurs.
(Mardi.)
Vla • fi ne Iti Martyrs,
mt Anselm dit que la peine de;, Marie fui ai grande, qu'elle surpassa les peines do t<> l"s martyvs. Imaginez-vous donc les cli ^ ileK 1rs roues, 1<js fers brûlans, les j) • nbs fondus, les roseaux enfoncés sous les o l-I s, le* peignes faits pour déchirer les ^uillante versée sur l^s plaies, et tant d'autres tourmens diaboliques inventés par les tyrans pour exercer leur cruauté con-
tre les Confesseurs de Jésus-Christ ; arrêtezvous un instant à penser à chacun d'eux en particulier, et ensuite dites en votre cœur : Qu'auront donc été les douleurs de Marie, puisqu'elles ont surpassé tous ces tourmens des Martyrs ?
Saint Bernard croit que Marie fut aussi tourmentée dans son Cœur, que Jésus le fut dans son Corps; et c'est vrai, parce que Marie, en contemplant les outrages faits à son Fils, les sentait tous un à un dans son Cœur. Méditez donc attentivement tout ce que Jésus a souffert dans sa Passion, et ensuite écriez vous: O combien grande devait être la Passion du Cœur de Marie î
Saint Bernardin pense que la douleur de Marie fut si extraordinaire, que si elle était partagée entre toutes les créatures, elle mourraient toutes à 1 instant. Comment donc Marie put-elle tant souffrir sans mourir ? Par un miracle de la toute-puissance divine, qui, comme elle soutint le Corps de Jésus- Christ, pour qu'il pût souffrir tant de tortures conserva Marie en vie, pour qu'elle pût subir . tant de douleurs. Réfléchissez bien etexaminèz s'il y a au monde une douleur semblable à celle de votre Mère. Cependant si vous
ne vous occupez pas de la consoler dans ces derniers jours de carnaval, sachez que presque tous les autres ou recommencent a la tourmenter, ou ne pensent pas même a la consoler.
EXEMPLE
Clément, habitant de Presbourg en Hongrie (Siniscalchi, p. 253.), avait commis pour deux cents florins un horrible homicide. Dans la suite il se convertit, se confessa avec un grand repentir, et pour obtenir plus facilement le pardon par l'intercession de Marie dans les douleurs, il fit vœu de lui élever une" sUUue. Mais il mourut avant d'avoir accompli ce vœu, et fnt condamné au Purgatoire. Il apparut à une jeune fille et lui dit : Va trouver ma femme, cHs-lui qu'elle te remette de suite les deux cents florins qui sont le prix du sang vendu. Avec cet argent tu feras sculpter une statue de Marie dans les douleurs, et tu emploieras le reste en telles œuvres pieuses. Par-là tu accompliras mon vœu et tu me délivreras, de mes souffrances. La jeune personne crut que c'était une illusion mais le mort lui apparut de nouveau, et lui dit qu'il l'inquiéterait jusqu'à ce qu'elle
9é Le Carnavl sanctifIié..
eût exécuté sa demande. Elle rapporta donc l'événement à la femme de Clément, mais comme celle-ci était avare, elle dit qu'elle n'avaitjms l'argent de son mari» Clément apparut une troisième fois, et paria plus fortement.
Le Comte Paul Palfi. entendit pari de ce fait ; il eut pitié de la jeune fili< ri - ra
dans son palais, et se chargea de i n- « ter Ja statue de Marie dans k riïi is. Mais Clément ^apparut encore», c in ' e la statue ne devait pas être faite av. * argent du Comte, mais avec les deux cents iiorins qui avaient éfé S© prix de son hôtrii* e, et que par-là son vœu serait aicorn.'-\ On y réussit, après avoir pris beaucoup j»; • e.
Alors Clément apparut a la jetiriï ) .^onne, approuva le travail, dit qu'on portât Ju statue à l'Eglise et qu'on fit les autres bonnes ouvres. Tout fut exécuté. Le samedi vers midi, l'ame de Clément apparut pour la dernière fois sous la forme d'une colombe, accompagnée de Marie et de quatre Anges qui la conduisaient en Paradis. Beaucoup d'ecclésiastiques et de séculiers furent témoins de cette apparition. Cette histoire écrite en latin, fui publiée après l'examen de trente
témoins, par Monseigneur George Lippai, Aîclieveque do Sirigonie.
PRATIQUE
Si vous ne pouvez nourrir uû pauvre, faiteslui du moins l'aumône selon vos facultés.
OBAISON JACULATOIRE.
Sainte Mère dans les douleurs, faites que vos douleurs soient gravées clans tous les cœurs.
PRATIQUES