‹ Le carnaval sanctifie par le pieux souvenir des douleurs de MarieChapitre 15 sur 22 · TC LE CARNAVAL SANCTIFIÉ · texte numérisé non relu

TC LE CARNAVAL SANCTIFIÉ

tre le théâtre, le bal, la promenade et l'auberge. Quelle peine pour Marie de voir un de ses enfants ainsi dépouillé ! Pour vous,vousvous êtes laissé dépouiller sans vous en plaindre, donnez-le à Marie pour le réparer, et ne vous montrez plus jamais à ces traîtres.

EXEMPLE

Charles VII, Roi de France (Siniscalchi, p. 141.), en guerre avec le Roi d'Angleterre fut réduit aux dernières extrémités par une armée puissante qui remporta plusieurs victoires, et qui s'était déjà emparée de presque tout le royaume de France. Alors Charles n'espérant plus rien de ses armes, employa les sept glaives de Marie il implora son secours et voulut que son image fut empreinte sur tous les étendards de son armée. Aussitôt Jeanne de Lorraine se mit en campagne, fit lever le siège de la ville d'Orléans reprit aux ennemis beaucoup d'autres places, et contre toute espérance humaine, avec le secours de Notre-Dame des douleurs, reconquit le Royaume perdu. Charles ayant éprouvé la puissante protection de Notre-Dame des douleurs, voulut qu'à l'avenir elle se trouvât sur tous ses élandards, porta des peines très-sévère contre ceux

qui blasphémerait son saint nom, et en son honneur fonda à Rouen un très-beau monastère.

PRATIQUE

Abstenez-vous aujourd'hui de vin, ou, si vous en buvez mêlez-le de beaucoup d'eau.

ORAISON JACULATOIRE

O Marie, faites que je pleure avec vous.

(Mardi.)

Compassion de Marie pour la soi/ de Jésus en Croix

Jésus a stif, et demande à boire avant de mourir ; Marie est près de lui, elle voit ses lèvres desséchées, elle entend sa voix lamentable, et elle ne peut le secourir, lui procurer une gorgée d'eau : qui peut concevoir sa peine ? Elle se rappelle alors le temps où,

dans son enfance, elle le pressait sur .son sein elle le désaltérait avec son lait. Quel tendre, mais quel douloureux souvenir !

Jésus a soif, et un cruel soldat trernpe une éponge dans du vinaigre mêlé de fiel, et sur la pointe d'un roseau il l'approche des lèvres du moribond altéré. Jésus en goûte à peine et n'en veut plus boire. Marie ressentait alors la soif brûlante de Jésus et l'amertume dont on l'abreuvait ; elle voyait l'affreuse cruauté que ce barbare exerçait envers son Fils, et elle ne pouvait pas même l'en rerendre.

Voire Jésus crucifié éprouve encore la 'soif de votre âme et de votre salut éternel. Combien y a-t-il de temps qu'il souffre cette peine î mais vous ne l'avez pas encore apaisée. Je puis dire aussi que Marie se meurt de la mêm e soif, mais voue ne l'avez pas encore étanchée. Ce serait peut-être toîérable, si vous n'y aviez pas ajouté la cruauté de ce barbare. Hélas! pendant ce carnaval vous irritez toujours d'avantage la soif du Fils et de la Mère, par l'amertume de vos péchés !

EXEMPLE

L'Ordre Religieux des PP. Servîtes (Siwscaldii, p. 129.), fut institué pour propagespécialement la dévotion à Marie, et à ses douleurs, et Marie, dès la naissance de cet Ordre, le favorisa de sa protection accompagnée de prodiges. D'abord Marie choisit pour ses premiers fondateurs sept personnage tous distingués par leur mérite et leur naissance. Elle les appela tous les sept de la même manière, en fesant que chacun d'eux, sans que les autres le sussent, vît sept rayons et entendît une voix qui l'exhortait à mener une vie plus parfaite. Ensuite elle leur ordonna de se retirer au mont Senario ; là ils prièrent Marie de leur manifester comment ils devaient la servir. Le troisième Dimanche de Carême ils trouvèrent dans leur cloître une vigne garnie de feuilles et chargée de raisins parfaitement mûrs. En ' même temps l'Evêque vit en extase Marie qui lui montrait une vigne à sept branches, toutes remplies de raisins, et il entendit ces paroles : Ego quasi vitis fructuficavi suavitatem oàoris,

et flores mei fructus honoris et honestasit. (Eccli.) L'Evêque se rendit au mont Senario, les Pères et lui conférèrent ensemble de ce qui leur était arrivé, et ils en conclurent que, comme des branches de la vigne mystique de Marie, ils devaient porter d'abondans fruits de zèle, spécialement en propageant la dévotion aux douleurs de Marie.

PRATIQUE

Faites grand cas des petites choses, et ne commettez aucun péché véniel avec délibération.

ORAISON JACULATOIRE

O Marie, faites que je pleure avec vous.

(Mercredi.)

Agonie du Cœur de Marie pendant l'agonie de Jésus.

Marie tient les yeux fixés sur Jésus mourant. Elle le Toit tomber en défaillance, il

entre en agonie, son visage pâlit, ses yeux se ferment, il baisse la tête, il ne lui reste plus qu'à rendre le dernier soupir. Marie entre en agonie avec son Fils, et, si on les regarde l'un et l'autre on ne sait lequel de Jésus ou de \1arie doit mourir le premier.

Marie entend un voleur crucifié auprès de Jésus, qui blasphème avec rage contre le Sauveur ,• elle voit le peuple, les prêtres et les scribes qui secouent la tête et se moquent de Jésus. Mais «lie voit en même Umps son Fils qui rassemble toutes ses forces, élève au Ciel ses yeux presqne éteints, mais pleins de compassion, et recommande à son Père ses persécuteurs. Quel combat éprouva le Cœur de Marie, quand elle vit tout ensemble tant d'inpiété de la part des Juifs envers Jésus, et tant d'amour en Jésus pour ces mêmes Juifs !

La seule consolation qu'éprouva Marie en ce moment, fut d'entendre un malfaiteur qui prenait la défense de Jésus contre l'autre. G! combien vous pourriez aussi consoler Marie pendant ce carnaval ! Vous vous trouverez peut-être en des lieux où l'on parlera contre la pudeur, où l'on se moquera de la pietér où l'on blasphémera e Saint Nom de Dieu. Combieu vous vous

concilierez la protection de Marie, si vous preniez aussi avec un zèle prudent et discret la défense de son fils que les pécheurs outragent.

EXEMPLE

Deux voyageurs inconnus logèrent dans une auberge voisine de la ville de Grenade \Siniscalohi, p. 105. ], et laissèrent une caisse en dépôt au maître de la maison. On remarqua que toutes les nuits ii y avait dans cette chambre une grande lumière, on en chercha la cause, et l'on vit que cette lumière sortait de la caisse qui la produisait de tous côtés. On en avertit l'Archevêque, de Grenade, qui, après s'être assuré du pro . dige, disposa le peuple par des jeûnes et des œuvres pieuses à recevoir les bénédictions du Ciel. Il se rendit en procession à cette maison, et ouvrit respectueusement la caisse en présence des habitants. Il y trouva une statue de Marie dans les douleurs avec sept glaives dans la poitrine. Qui peut comprendre quelle fut l'admiration et la joie des assistants 1 Le Prélat finit par transporter cette statue à la ville avec solennité* Entre autres prodiges,un homme clouédans son iitdepuis plusieurs années, éprouva un grand désir d'accompagner la procession. A l'instant il se sentit si

parfaitement guéri, qu'il sauta hors du lit, et enveloppé dans son drap, courut comblé de joie après la procession qu'il suivit en remerciant, avec tout le peuple, Dieu et sa sainte Mère dans les douleurs.

PRATIQUE

Récitez sept Pater devant votre crucifix, et baisez sept fois ses plaies.

ORAISON RACULATOIRE.

Faites, ma tendre Mère, que je pleure^avec vous.

(Jeudi.)

Martyre du Cœur de Marie à la mort de son Fils.

Jésus mourait d'amour sur la Croix, et Marie mourait d'un martyre de douleur, au pied de la Croix. Elle attendait à tout moment que son Fils rendit le dernier soupir. Mais quels furent les sentimens de Marie

quand elle le vit lever les yeux au Ciel et crier à haute voix : Mon Père, je remets mon âme entre vos mains ! Ces dernières paroles furent, pour le Cœur de Marie, ce que sont les dernières étincelles d'une lampe qui s'éteint, pour celui qui se trouve dans un lieu obscur.

Jésus penche la tête, ses yeux se ferment, ses lèvres entr'ouvertes n'ont plus de mouvement, Jésus est mort. Et Marie * elle vit encore, mais elle vit en mourant, et elle meurt en vivant. Son âme cherche partout l'âme de son Jésus, mais son corps et la volonté de Dieu la tiennent en captivité. Elle ne peut plus vivre, et elle ne peut mourir. Quel déplorable état ! quel nouveau martyre elle éprouve !

Jésus en mourant ne peut recommander son esprit qu'à son Père. Mais vous, vous pouvez aussi remettre le vôtre dans les mains de Marie votre Mère. Dites-lui donc dès à présent : Ma Mère je remets mon âme en vos mains. Marie ne put recevoir l'ame de Jasus dans ses bras, mais elle pourra recevoir la vôtre. Enfin vous êtes aus^i son fils ; vivez donc comme son Fils, et elle vous traitera certainement en Mère au moment de votre mort.

\ ! ''ÏT-CINQUIÈME JOUR 18

EXEMPLE

Le BoPj,vo\>mini de Sienne [Siniscalchi, p. 164-], \-\)u -dus distingués des Reli-

gieux Sen (m avoir toujours pendant

sa vie acconi|>;i é de ses tendres affections la Passion de. Jésus et les douleurs de Marie désira ardemment les accompagner aussi à ta mort. Jl demanda donc avec instance de m airïr le jour ou l'Auteur de la vie était H*< r obtint ; Marie lui apparut et lui

dit : Pré] ire (oi au départ ; demain Vendredi- Saint tu irioi r- *s, cras mecum eris in Pàradiso. C'est c" • ;: arriva. Après trente ans de vie religieuse, le Bienheureux, étant dans son église de Sienne le Vendredi- Saint, tandis qu'on chantait la Passion, quand on arriva à ces paroles : Stabat juxta crucem Jésus Mater ejus, tomba aussitôt dans une extrême défailhitlce : *t lorsqu'on dit. Et inclinato capite tradidit spirilutn, '1 rendit aussi très-heureusement soi. !°rmer soupir à son Créateur. Cet un gran é o un ornent, qui p quan ou aperçu que sit remplie de lumière

et d'une odeur très-t>uave.

PRATIQUE

RÉcitez sept Pater et Ave en l'honneur de Marie dans les douleurs, pour tous ceux qui mourront pendant ces trois derniers jours de carnaval.

oraison jaculatoire.

O Marie, faites que je pleure avec vous. VINGT-SIXIEME JOUR.

[Vendredi.]

Déchirement du cœur de Marie, quand la

lance ouvrit le coté de Jésus.

Marie à demi-morte contemplait son Jésus mort, quand elle vit venir de la ville une bande de soldats armés. Marie tremble et dit à son fils : Que veulent-ils ? ne vous ont ils pas déjà donnée la mort ? Ils brisent les jambes des Jeux malfaiteurs qui vivaient encore, puis ils s'approchent de Jésus. Mais voyant qu'il était drjàmort, il reprennent le chemin de la ville.

Marie respira un instant, en voyant son •fils échappé à cet outrage. Mais qui aurait imaginé une plus grande injure? un so)dat téméraire, irrité de ne pouvoir le tuer, plonge une lance dans le côté de Jésus, la retire et en fait jaillir une grande quantité d'eau et de sang. Le coup fit f trembler la croix, Marie en éprouva la secousse, sentit son âme blessé par la lance, et se vit inopinément toute couverte du sang de son fils. O pauvre mère, qui devez mourir tant do fois en un jour.

Alors se renouvelèrent toutes les douleurs de Marie, qui avait cru la funeste tragédie terminée. Vous les renouvelez aussi actuellement, lorsqu'aprés un sincère repentir, vous recommencez inopinément à offenser son Jésus. Lorsqu'apiès tant de péchés, vous aviez demandé pardon à Dieu, Marie se croyait en assurance de votre côté ; mais quand on y pensait le moins, vous avez donné un coup de lance à l'aimable Cœur de son Fils. Ah ! quand cesserez-vous de traitez si cruellement Jésus et Marie.

EXEMPLE

Dans la villa d'Avenon, près d'Orléans

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