‹ Le carnaval sanctifié par le pieux souvenir des douleurs de Marie [microforme] (volume 2)Chapitre 9 sur 15 · JÉSUS PORTANT SA CROIX · texte numérisé non relu

JÉSUS PORTANT SA CROIX

Et Jésus sortit du Prétoire portant sa Croix. (Jean 19.) .

CONSIDERATION

Jésus avait terminé sa mission; il ne lui restait plus qu’à mourir. S’étant donc remis entre les mains de ceux qu'il véhait sauver, mais qui devaient être ses bourreaux, il se laisse condamner à mort. Après avoir été indignement outragé une nuit entière, et ensuite flagellé, il est conduit au lieu du. supplice. | |

C’est St. Jean qui est chargé d'annoncer à cette Mère infortunée l’affreuse nouvelle. Elle accourt le cœur abimé de douleurs, les yeux gonflés de larmes, A la trace du sang, elle reconnait les

rues que son Fils a parcourues. Bientôt des cris

tumultueux se font entendre ; ce sont les cris de rage.

| de ses ennemis. En même temps soffre à ses regards

le cortège lugubre, et au milieu, les instruments de la passion: les cordes, les clous, les marteaux. Elle s'approche. “Que voit-elle, 6 Dieu! un homme tout couvert de sang, de poussière et de crachats, une couronne d’épines sur la tête, un bois infâme

on

MII ET DT ne SP RTS TER

sur ses épaules ensanglantées. Est-ce là son Fils, ce Fils si beau? Oui, c’est lui! son amour le lui découvre. Elle lé regarde, et son Fil$ la regarde. O Ciel, quelle rencontre pour le cœur d’une mère, et d'une mère telle que Marie! voir son Fils, son Fils et son Dieu, ainsi‘mèurtri, couvert de plaies, succombant sous le poids de sa croix; se peut-il un spectacle plus déchirant? La douleur de Marie

«est si grande qu’elle en serait morte mille fois, si Dieu ne l’eût assistée d’un secours particulier. {|

PRIERE

O Mère affligée, comment ne pas sentir D: |

ses entrailles émues, en vous voyant plongée dans une douleur si profonde? Il faudrait avoir le cœur plus dur que les pierres.

Comment n'être pas attendri jusqu'aux

larmes, en voyant votre Fils, cet innocent,

agneau, conduit comme une victime au lieu

du supplice? Cependant, qu’ai-je fait jus-

qu’à ce jour, misérable que je suis? Je n'ai point songé à vos douleurs ; je n’ai point pensé aux tourments de votre Divin Fils.

Pendant que vous étiez dans les larmes, jé

m’abandonnais à la joïe ; je vivais dans les

son Fils, r le lui ‘egarde.

ne mère, fils, son

e plaies, .

eut-il un e Marie > fois, si lier.

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au lieu fait jus- Je n’ai i point

rin Fils.

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dans les

plaisirs ; je refusais de porter ma croix à la suite de mon Sauveur. Quelle ingratitude !

Quelle lâcheté! Pardon, pardon mille fois,

» 6 Mère de bonté, pour une conduite si cri-

minelle Je veux vous la faire oublier par

mon-repentir. Désormais je porterai avec

courage toutes lés croix qu All plaira à à Dieu

de tn'egvoyer. Mais je suis si faible! Ai-

dez-moi, je vous en prie par ces larmes

amères avec lesquelles vous accompagnàtes

votre Divin Fils au Calvaire, afin qu'après avoir semé avec vous dans les pleurs, je recueille aussi avec vous dans la joie.—Ainsi soit-il.

Litanies de la Ste. Vierge, ou le Chapelet.

PRATIQUE.—Porter sa croix, tous les jours de sa vie, à la suite de Jésus.

ORAISON JACULATOIRE.—0 Marie, aidezmoi à porter ma croix, à la suite de Jésus !

NEUVAINÉ

VIIme J OUR.

CRUCIFIEMENT DE JESUS. |, de Ils le crucifièrent là,

3 ' (Jean 19.)

tar

CONSIDERATION

Une douleur immense, la plus grande de toutes, “attendait Marie au Calvaire. C'est là qu'on devait. la crucifier, en crucifiant son amour.

Jésus y était déjà arrivé, épuisé de forces, couvert de sang. On le dépouille de ses habits; on, les arrache sans pitié de son corps ensanglanté. On le renverse par terre; on l'étend sur le gibet infime; on tire ses pieds et ses mains; On foule ‘nbumainement sa poitrine. En cet état on le cloue à la Croix, et lorsqu'il y est attaché, on la dresse, on l’élève, on V'enfonce avec violence. La secousse est si rude, que toutes les blessures de Jésus se rouvrent et laissent couler des flots de sang. Marie est présente; elle voit et entend tout. Elle

. voit le sang jaillir des plaies de son aimable Fils, et ruisseler jusqu'à terre; elle entend les coups de marteau, le craquement des 08, les railleries des bourreaux, mais surtout les gémissements et les

plaintes de Jésus, ses dernières paroles, son suprème

\ ièrent là.

> toutes, n devait

ces, coubits; on, inglanté.

: le gibet on foule nt on le hé, on la nce. La ssures de 8 de sang.

ut. Ello able Fils, les coups illeries des onts et les n supréme

Que se passat-il dans le cœur de Marie, pendant” ces. trois heures de mortelle agonie ? ‘Nul autre: que Dieu ne le saurait dire. Sa douleur est comme.

‘une mer immense, sans flux et sans reflux. Ses.

yeux se remplissent de sang, Elle voudrait se mettre à.la place de son Fils, mais il ne lui est pas donné de le faire. Elle ne peut même le consoler, Elle meurt, dè ne pouvoir mourir ; la douleur fait dans son âme, ce que les tourments opèrent sur le: corps de son Fils. Deux sacrifices se consomment au Calvaire, l’un en Jésus, l’autre en Marie.

PRIERE. “n

Ah! Mère infortunée, si l’honneur d’être Mère de Dieu est grand, vous l’âvez: bien acheté. Le glaive de douleur qui vous avait été prédit et que vous aviez tant redouté, véus a percé. Se peut-il une douleur semblable à la vôtre? Mais, 6 Mère affligée, Mère crucifiée, consolez-vous ! Ce n’est pas à. vous à pleurer, car cet ouvrage n’est pas le vôtre; c’est à moi qui, par mes péchés, ai crucifié Jésus. Encore si je ne l'avais fait qu’une fois! mais mille et mille fois; je l'ai attaché à la croix; mille et mille fois,

j'ai renouvelé sa passion. Par mes mauvaises paroles, je l’ai abreuvé de fiel et de vinaigre; par mes mauvaises actions, j'ai percé ses pieds et ses mains; par mes mau- vaises affections, j'ai entr'ouvert son cœur, Oh! pardon, Mère de miséricorde ! Jecomprends à présent toute l’énormité de mes crimes ; j'en ai un vif regret, et j'aimerais mieux mourir que d'y retomber. De grâce venez à mon aide, pour que je n’aie plus le malheur de crucifier Jésus. Je vous-en sollicite par cet océan d’amertumes, qui inonda votre âme au Calvaire, afin qu'après avoir attaché mes passions vaincues à la Croix, je triomphe un jour avec elle, Ainsi soit-il.

| Litanies de la Ste. Vierge, ou le Chapelet. Pratique.—Ne plus crucifier J ésus par ‘le péché. ; ORAISON JACULATOIRE.—O Marie, aidez-” moi à ne plus erucifier Jésus !

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