DIX-SEPTIÈME JOUR
(Mercredi. ) Douleur du cœur de Marie quand elle apprit qu’on avait saisi Jésus.
Jésus est emprisonné. La nouvelle s’en répand. partout ; elle parvient à MARIE, elle demande : Qui l’a saisi ? On lui répond : Les valets de justice. Mais mon Fils est-il donc us voleur ? qui la fait emprisonner ? Les scribes et les pharisiens. Mais pourquoi ? Parce qu’il a fait des miracles. Qui le leur 4 livré ? Judas. Comment ? Par un baiser. Pour Combien ?
Pour trente deniers. Ah ! mon Fils et mon Dieu est donc estimé moins que trente deniers par un de %es disciples qui le connaît !
Que peut faire MARI1E dans ces angoisses? lui porter secours ?elle n’en voit pasie moyen. Le prier de se délivrer des soldats ?
mais elle est assurée qu'il ne le veut pas: Tàcher d'empêcher sa mort ? mais elle ÿ a ellemême donné son consentement. Aller du moins le voir ? Mais les gc:des ne la laisseront point passer. L’aider par ses Disciples? mais tous ont fui.
Dites-moi, si vous aviez pu consoler MA- R1E dans ces affreux tourmens, ne l’auriez-vous pas fait ? Oui, assurément. Mais vous le pouvez maintenant. Allez faire une visite à Jésus dans quelque Eglise au nom de MARIE ; consolezle de l’abandon dans lequel il se trouve pendant ces jours. Faites votre possible pour que les bandes delibertins ne l’offensent pas. Secourez-le de quelque aumône dans la personne des pauvres, des malades, des prisonniers. Quelle consolation vous donnerez à MARIE, si vous ex:
ercez ces œuvres de piété pour J'Ésus !
EXEMPLE
Deux habitans de Césène (Siniscalchi, p.
87.) étaient étroitement liés ensemble, et se ressemblaient par leurs mauvaises mœurs. L’un d’eux conservait cependant de la dévotion envers Notre-Dame des douleurs, et récitait tous les jours le Stabat, quoique son ami s’en moquât. : Un jour qu’il le récitait, il lui parut qu’ils étaient tous deux dans un étang de flinmmes trèserdentes, et que, tandis que son méchant compagnon était furieux dans ces tourmens, lu Sainte Vierge, touché de compassion, lui tendit la main, le retira du feu, et lui conseilla de se jeter aux
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DIX-#RPTIÈME JOUR, 5
Pieds de Jésus pour lui demander pardon de ses Péchés. Il le fit, mais il fut rejeté deux fois ; “enfin MARIE pria tant. son divin Fils, qu’elle tint le pardon de ce pécheur, à condition ce- Pendant qu'il changerait de vie et qu’il ferait pé- Mitence. Ensuite ce pécheur apprit à Pinstant que in ami était mort d’un coup d’arquebuse. Il conla vèrité de la vision, et ne doutant pas qu’il
Meût été préservé de la damnation éternelle par
secours de Notre-Dame des douleurs, il quitta Jémonde, il embrassa l’institut des P P. Capu- Gibs, il y mena une vie très austère, et y mourut éputation dé sainteté.
PRATIQUE
Mr Faites une acte de charité corporelle envers prochain pour l'amour de MARIE.
ORAISON JACULATOIRE
« N Faites, ma tendre Mère, que je pleure aveo
60 | LH CARNNAVAL SANCTIVIÉ.
td lansliiacintidasiiemntiinimecilist DIX-HUITIÈME JOUR.
(Jeudi.)
Evanouissement de Marie, pendant la Flagellation de Jésus.
Si une mère voit condamné à la flagellation son fils coupable d’énormes fautes, il est cependaat vrai qu’elle ne peut en être témoin sans s’évanouir de douleur. Qu’éprouva donc MARIE, quand elle vit cruellement flagellé son Fils, linnocence même ? Quel tourment pour elle, quand elle vit les préparatifs de la flagellation, les verges garnies d’épines, les Cordes, les chaines armé es de pointes et de crochets de fer ? Quel saisissement quand elle aperçut tout nu le corps trè pur de son divin’ Maître.
Mais quand Jésus fut lié à une colonne, quand les bourreaux levérent les bras pour le battre, quand MARIE entendit le sifflement des fouets, comment fut-il possible qu’elle y résistât ? Si elle ne le regarde pas, elle entend le bruit des coups qui se précipitent sur ce corps si délicat. Si elle le regarde, elle le voit tout couvert de plaies, elle aperçoit sa peau qui tombe à chaque coup, tout son corps ne présente plus qu’u-
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DIX-HUITIÈME JouR. 61
& Wine plaie. MARIE ne put résister à cet affreux rte, elle tomba évanouie.
y Et vous qui traitez votre corps avec tant | de délicatesse ! Et vous qui êtes rebuté au À seul nom de pénitence ! Et vous qui en voyant ces plaies, Cherchez avec tant d’ardeur les N Deatisfactions des sens et de la concupiscence ! 4 . Il faut donc que MARIE voie encore son Jésus flagellé par tous vos péchés d’impureté ? A
sus. N’êtes-vous pas encore Jassé de couvrir
son corps de plaies par vos criminelles saletés ? EXEMPI L.
Le frère de saint Pierre Damien nom.
mé Martin, eut le malheur de tomber dans une | fante très-grave : rentrant en lui-même il alla
se prosterner devant un autel de la sa'ïte Vier- ; Due, et là, pleurant sa faute, il fit cette bi :ière :
‘O ma Patroune, miroir de chasteté, j’ai péché contre Dieu et contre vous. Misér:ble pécheur que je suis, je n’ai plus d’autre ressource que de me rendre votre esclave, acceptèz-moi en cette qualité. ” Alors détachant sa ceinture, il la pasa autour de son cou en signe d’esclavage,et déposa sur l’autel une certaine somme d’argent, tri-
62 LE CARNAVAL SANCTITIÉ
but qu’il s’engagea de payer tous les ans à sa di. vine Maitresse. Peu de temps après Martin mourut ; pendant sa maladie il dit un matin à ceux qui l’entouraient ; “. Levez-vous { levezvous! saluez ma Maitresse. ” Puis il ajouta :. “ D'où me vient ce bonheur, 0 Reine du, .
ciel,.que vous daigniez visiter votre esclave?” Dansce moment entra son frère Pierre, aus.
quel il-raconta la visite de MARIE, et com.
me elle lui avait donné sa bénédiction, se.
plaignant que ceux qui l’assistaient fussnt demeurés assis, en prèsence de la Reine du ciel, et peu après il rendit doucement son esprit ‘au Seigneur.
(PRATIQUE
.Mortifiez trois fois. la curiosité, -quois qu’'innocente, de yos. yeux, en l'honneur de. MARIE dans les douleurs. al:
ORAISON JACULATOIRE,
Faites, ma tendre Mère, que je pleure avec, vous. dsrté
eve.
LE CARNAVAL SANCTIFIMÉ.