INTRODUCTION GÉNÉRALE
Les doctrines et les théories n'ont pas manqué à notre siècle ; chaque jour en voit éclore, comme chaque jour en emporte. On prodigue les mois de réforme et de progrès; les systèmes s'improvî"sent, et l'ambition de l'apostolat est devenu vulgaire. Que de projels et de promesses pompeuses! que d'illusions bientôt détruites! que d'amères déceptions! Mais aussi, quand on remonte aux causes de cette stérile abondance, quelle hâte de produire avant d'avoir conçu! quelle vaniteuse
Il l.A HKIOHMATION
inipalience d'élaler des opinions d'un jour! I.es idées ont si peu de consistance, qu'elles passent en un njoment, oul)liées même de leurs auteurs.
L'entreprise que nous annonçons aux esprits sérieux se recommande du moins à leur attention par la maturité. Un homme, dès l'âge où la pensée s'éveille, tourmentédubesoindes'expliquerl'étalsi extraordinaire où se trouve aujourd'hui le monde, et envahi par une tristesse qui, loin de lépuiser, redouble son ardeur, se plonge tout entier dans des méditations et des travaux infatigables. Il interroge tous les temps, il sonde toutes les sciences. Il a découvert ce qu'il croit la vérité : loin de se reposer, il ne cesse, renfermé en lui-même, d'éprouver sa doctrine et de s'y affermir en l'apprKjuant aux questions les plus nombreuses et les plus variées. Ce n'est qu'après trente années de recherches qu'il se décide à élever la voix et à donner le signal d'une réformation complète de la philosophie.
Sollicité parla beauté du sujet qu'une académie propose, sans célébrité, sans crédit, et presque sans nom, il entre en lice et porte un jugement détaillé sur le plus grand des siècles scientifiques. Dans ce premier essai, il ne dissimule point ses idées philosophiques et religieuses, et malgré l'opposition qu'elles rencontrent, il arrache le suffiage de la savante assemblée. Tel est Ihomme qui vient au-