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iiianièies. Piononcez le mol de séparaiiorî : aui'<*zvoiis empèehé des lappoiis (jiii naissent de la nature des choses? H faut bien en venir à un règlement des droits et des devoirs mutuels , d'où naissent le concours et l'harmonie. C'est ce qu'on n'a point fait jusqu'à ce jour; on n'a conclu que des trêves politiques, sans que personne ait renoncé sincèrement à ses prétentions, à ses défiances, h ses haines. Et comment l'œuvre de conciliation serait-elle durable, quand elle n'est dictée que par la prudence ou par l'hypocrisie, au lieu de reposer sur la vérité et de sortir du fond nième de la nature humaine?
Nous ne pouvons donner ici à ce grand et immense sujet tous les développements qu'il comporte. Ne cessons pas néanmoins de proclamer les principes. Nous avons démontré métaphysiquement la nécessité de l'intervention surnaturelle de Dieu après la chute, et par conséquent la nécessité de l'action perpétuelle du sacerdoce sur l'humanité déchue. Nous avons prouvé qu'il n'y eut pas dans l'antiquité de progi'ès véritable , que le christianisme seul a rendu le genre humain perfectible, et qu'ainsi la prétendue loi d'un progrès universel et continu , cette idée si chère aux panthéistes du jour, n'est pas moins contiaire à l'expérience que fausse en théorie. Nous avons montré enfin commeni . en dépit d'une ex-
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ceplioli (Je plusieurs siècles, il est vrai de dire que le régime de lolérauce el de liberté est essentielleuient conforme à Fespril du calholicisuje, el deviendi'a loi ou lard le régime de lous les peuples chréliens. A ces preuves de lait el de droit, qu'oppose-l-on? On se laisse éblouir pai' de frivoles analogies, on s'en lienl h des causes secondaires el accidenlelles, el l'on ne sail poinl descendie dans l'espril humain, où s accomplissenl réellemenl les révolutions. Pour éluder d'irrésislibles aigumenls, l'on ne crainl pas de comparer au christianisme des systèmes religieux souillés d idolâtrie el de panlhéisme, mêlés de rares vériiés el de fables grossières, et qui n'ont produit que la corruption et l'abrulissemenl de l'espèce humaine. C'est peu de prôner et de glorifierlerreui : on défmure enlièremenl la vérité chrétienne. Ceux qui se prétendent par excellence les apôtres de la civilisation s'obslinent à confondre le catholicisme avec la féodalité^ avec l'intolérance, l'inquisition, le monachisme el la monarchie temporelle des papes. Ignorenl-ils donc que ces formes, aujourd'hui décrépites, apparliemient, non ;i l'iinnuitabilité du dogme , mais à la discipline, partie mobile el peiléctible de cette leligion univeiselle qui doit saccoinmoder a lous les temps el l\ lous les lieux? Les institutions théocrali(|ues, inconnues à rKglis(^ piimilive. naquirent du besoin d ai-
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laclier violemmenl le monde à la civilisalion ancienne : elles lonibenl de droit, dès que ie passé, vaincu, fait place <à la civilisalion moderne. Aussi voyons-nous déjà, dans une parlie de l'Europe, le calholicisme les dépouiller, et s'apprèler h revêtir la forme nouvelle que commande le progrès des siècles.
Est-ce à vous, fondateurs et défenseurs de la liberté, qu'il faut apprendre que le régime propre aux temps de luttes, de péril ei de combats, n'est point le régime définitif et réguliei-, qui est le but comme le prix de la victoire? Vous exigez vousmêmes, et vous avez mille fois raison, que l'on ne confonde point avec des mesures extrêmes et des excès passagers, les principes immortels proclamés par la Révolution IVançaise. Si 1 on vous disait qu'elle se léduit à des massacres, au sang versé, à la tei'reui', vous réclameriez avec énergie. Que de fois n^ivez-vous pas été réduits à voiler la statue des lois et de la liberté! Mais c'était pour assurer leur triomphe! Vous vous retranchiez derrière la nécessité; eh bien! le catholicisme, pour vous préparer la voie, pour amener le règne social de ses principes, fut également obligé de renoncer à une application immédiate. Comme vous, il organisa une dictaluie essentiellement transitoire, quoiqu'elle ait duré plusieurs siècles; et si la nécessité peut servir d'excuse h la terreur politique.
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elle couvre de la même égide rintoléiance ei l'inquisilion, qui ne furent, après loul, qu'une terreur religieuse (1).
La féodalité est tombée sous les coups du dixhuitième siècle et de la Révolution française. Ses ruines mêmes ont disparu du sol. Tout-puissants contre elle, le dix-huilième siècle et la Révolution n ont point entamé le catholicisme. Qu'on ne dise pas qu'il a été relevé parle bon vouloir d'un homme : c'est bien plutôt la religion qui a protégé le nouveau Charlemagne, qu'elle n'a reçu quelque force de lui. Toujours vaincu dans l'arène politique, mais rajeunissant sous la persécution, le sacerdoce redevient tout à coup respectable et sacié à l'ombre du sanctuaire. La France a changé de gouvernements, de lois et de mœuis; elle n'est plus féodale, mais au fond, et malgié tant de circonslances contraires, elle est toujours catholique; en réclamant la première des réformes religieuses, elle a toujours repoussé le protestantisme comme un christianisme tronqué, et c'est elle encore aujourd'hui qui, par rétablissement d'une complète liberté de conscience, introduit dans la vie sociale le véritable esprit catholique.
(1) Ce rapprochement, en ce qu'il a de matériel et de sensible, a été signalé déjà par quelques écrivains de nos jours; mais ils ne paraissent pas en avoir pénétré le sens. Nous citerons en particulier M. Bûchez, qui, en religion comme en ()olilique, réclame une dictature permanente, et restaure à sa manière la théocratie.
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Sachons faii'e la pail des legrels el des passions des hommes, mais reconnaissons les eftèls propres el lerticacilé des inslilulions. Qui donc encore, à celle heiii'e. donne l'exemple des plus su blimes dévouemenls, affronle le martyre, combal les abominations de la vie sauvage, gagne chaque année quelque portion de la terre h la religion de Tespril, el fait descendre des consolations réelles sui" ces classes malheureuses à qui les réformateurs politiques ne savent offrir qu'une pitié stérile? IN'esl-ce pas ce sacerdoce catholique que l'on voudrait présenter comme une ombre et un vain souvenir du passé?
Pour comprendre jus(pi à quel |)oint le christianisme est indispensable à la civilisation, il sulïit de jeter un regard sur ce qui se passe en ce moment sous nos yeux. Paiini les adversaires de l'inslitulion catholique, combien en est-il qui croient sincèrement aux destinées de la civilisation moderne? La plupart en méconnaissent le caiactère de nécessité el d'universalité. Elle nesl à leuis yeux qu'un accident propre à certaines nations de l'Europe, et qui doit passer aussi iapid(Muent <|ue les civilisations payennes de la Grèce ei de P»ome. Va ils se hâtent de Pexploiler, croyant assister à quelijue repioduclion du Has Km[)ire. Un petit nond)ie, (pii a gardé un reste d"enlhousiasiiie, sagile au hasard pour inventer la polili(|ue el la
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l'oligion de l'avenir. Mais celte loi telle quelle en un symbole inconnu est sans racine et sans tlnrée: nous la voyons chaque jour aboutir au scepticisme ou à Tapostasie. Qu'ont-ils imaginé pour remplacer ce catholicisme, qu'ils ne proscrivent que parce qu'ils ne le connaissent pas? A côté de belles maximes, plagiats incomplets de l'Évangile, j'aperçois en philosophie le panthéisme, en politique, sous une forme ou sous une autre, la confusion du pouvoir civil et du pouvoir religieux, la théocratie et le despotisme de la société sur l'homme. La tolérance est à leurs yeux un fait transitoire et iriégulier, loin de leur paraître un principe inviolable (1). Dans leur impuissance à.
(1) Croirail-oii , par exemple, qu'un liomme d'un esprit séiieux et élevé, M. Quinet, dans un li\ie uniquement dirigé contre les soutiens de la théocratie du Moyen-Age, écrive des phrases comme celles-ci : » Certes, c'est un grand mol que l'unité de l'Église et de l'Élat, du spirituel et du temporel. J'admettrai, si l'on veut, facilement, que la séparation de l'une et de l'antre est un mallienren soi... L'espiit ne doit-il pas commanderau corps? oui, sans doute. La doctrine de l'ultranionlanisme est donc en soi pliilosophiquement, théori(iuement vraie? Je la tiens en effet pour légitime. » {Des Jésuites^ jt'c jW3/. Michelet et Quinet, 3^ édit. . p. 257 et 259. Paris, 18^3. )II faudrait laisser aux contemporains de Grégoire VII et de Boniface VIII toutes ces fausses analogies, tirées des rapports de resj)ritetdu corps. La loi, il est vrai, et itous l'avons établi nous-même, n'atteint que ce qui tombe sous lessens. Mais cela fait-il qu'elle ne doive s'occuper que d'intérêts matériels, ou que le législateur ne pense pas? L'État embrasse donc, comme l'Église, quoique d'une tout autre manière, I liomme entier corps et âme. Assimiler au corps l'État, la puissance temporelle, c'est, en dernière analyse, nier tonte raison naturelle et dans la société et dans l'individu. Qu'on s'étonne après cela de Tétrange idée que I. .1
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organiser la propriété et les aulies tli-oils naturels, ils les nienl. Cest un retour à lanliquité : lanl il est vrai que la liberté se suicide elle-même, quand elle ose porter une main téméraire sur le christianisme!
Mais ce qui n'est pas moins incontestable, c'est que la religion catholique ne peut sans péril s'isoler du mouvement de la civilisation. Rien nesl plus propre à égarer les esprits superficiels, que l'attitude hostile d'une poition du clergé et son éloignement pour les progrès et les lumières mo dénies. Rien ne compromet davantage une cause que les hommes ne sauraient perdre, niais dont
l'auteur se fait de la tolérance légale, lorsqu'il dit « que dans les institulions fondées sur l'égalité des cultes existants, la France professe, enseigne l'unité du christianisme sous la diversité des églises particulières, et (|ue tous les Français appartiennent légalement à une même église sous des noms différents. » {Ibid , p. 126.) L'auteur reproduit la même idée dans un Appendice^ où il donne d'ailleurs au clergé, nous le reconnaissons, quelques conseils bons à suivre. Voilà donc une religion, un christianisme légal établi, par quoi? par la déclaration même qu'il n'y a pas de religion légale! Voilà l'État tolérant qui professe et qui enseigne: N'est-ce pa^ encore la théocratie, et cette fois, qu'on nous passe l'expression, confis- (|uant à son profit la tolérance elle-même? Si le catholicisme, comme le pense M. Quinet, ne s'accommode pas d'une pareille tolérance, nous doutons fort que l'État .s'en accommode davantage. Il y aurait des ol).scr\alions analogues à faire sur les vives et chaleureuses leçons du collègue et collaborateur de M. Quinet ; c'est en exaltant le Moyen-Age que M. Michelot croit servir le catholicisme, ou du moins le consoler. Combien la position des deux honorables professem-s serait et plus nette et plus forte, s'ils s'ait|iuyaient sur la graiule philosophie des iilées, au lieu d'aller demander leurs insi>iralions au panthéisme allemand, (|ui ne peut i|u<' 1rs éloigner de l'esprit du \éiilablcchrisiianisnie.
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leurs [)assions nOiil que trop souveiH lelaidé le irioniphe. Qu'il soil |)ei'niis à une voix respeclueuse, mais libre, de faire entendre la vérité tout entière. J'honore la reeonnaissance des particuliers pour des bienlails venus des trônes eoniniede partout ailleurs. Je conçois l'idolâtrie du passé chez les débris des races qui londjeni tout entières avec le passé. iMais vous, architecles de la cité éternelle, que vous inipoitenl le sort des dynasties et des empires, et la vanité des amitiés royales? C'est un vain labeiu' cpiede vouloii' relever ce qui n'est déjà plus. VA qu'y a-t-il donc qui mérite vos regrets dans ce Moyen-Age trop vanté? Seraientce la grossièreté et la barbarie <pii vous forçaient de verser des Ilots de sang [)0ur maintenii' I" unité de la i'épul>li(pie ehiélienne? Seraient-ce vos richesses, vos honneurs, voire puissance? Mais ces lichesses el ces honneurs avaient corrompu l'Église; mais cette puissance, que les Césars vous avaient octioyée, énervait celle que vous tenez du Christ. Ah! la véritable richesse du prêtre, c'est le désintéressement, l'esprit de sacrifice, la science des choses divines et l'amour de ses frères. Dej)uis que vous ne liahiez plus le fardeau des dignités terresti'cs, elles commencent à revenir vers vous ces richesses de l'àme, (|ui doivent vous rendre au centuple une (Miissance aiuK^e et respectée.
CXLVIH LA KKIOKMATKJN
Pourquoi ces frayeurs de l'esprit nouveau, elres colères contre un siècle où commence l'ordre véritaMe sur la terre, et qui restera si grand malgré ses erreurs et ses excès? Sans doute, il faut veiller sur le sacré dépôt commis à votre garde; vengez donc la foi et la pudeur outragées. Mais quand Qn prêche la tolérance, la fraternité; qu;md on ouvre à tous la carrière de l'instruction et du bien-être, qui est la voie commune de la moralité; quand on proclame les droits naturels en brisant le despotisme social, aussi ancien que l'existence des lois humaines, applau<lissez, ministres du libérateur du monde, et reconnaissez que c'est l'esprit chrétien qui parle, fût-ce par la bouche de Voltaire et de Rousseau, fut-ce par celle de Mirabeau et de Robespierre.
Si cest un crime d'aimer la liliei'té, de sentir sa dignité d'être pensant, et de courir avec ardeur après tous les progrès, c'est vous qui ètes^les premiers et les vrais coupables. C'est vous qui, en relevant la raison abattue et séparée de Dieu, avez mis ces dispositions dans lame des peuples chrétiens. C'est vous qui avez produit tous les mouvemenis des temps modernes, ence qu'ils ont de généreux et d'invinci!)le. Oui, c'est votre influence iudir(^cie, mais sûre, qui a fait le cartésianisme, le dix-huitième siècle et la lîévobition française. VA maintenant, voulez-vous cloulïer le fiuit légitime de vos
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finirai Iles? Vous n'y parviendrez pas. Eussiez- vous le pouvoir, les places, les écoles, le gouvernement, vous n'éteindriez point cet esprit qui se répand sur le monde entier, et dont vous commencez vousmêmes à subir l'action irrésistible. Que feriez-vons de votre victoire, s'il vous était donné de prévaloir contre lui? A moins de vous condamner à l'inaction et de vous détruire vous-mêmes, demain vous enfanteriez encore la même civilisation.
Il ne s'agit point pour vous de prêcher les réf'oiines politiques, d'appeler les peuples aux armes et d'ébranler les trônes : ce serait recommencei', sous une autre forme, ce que vous avez fait au Moyen-Age, et redevenir un corps dans l'État. Votre mission n'est point de mener les affaires de ce monde; elle est plus haute : vous devez inspirer et non conduire, lin purifiant l'individu, vous travaillerez plus efficacement et plus sûrement que personne au progrès social. Unir vos efforts à ceux de la vraie philosophie, cultiver précieusement celte disposition des âmes qui permet l'adoration en esprit et en vérité, ne point souffrir que l'on mêle à la majesté simple du culte catholique des pratiques ou puériles ou superstitieuses, ranimer la théologie, accepter la libre discussion, qui stimulera votre zèle et entourera les dogmes sacrés (Tune lumière plus vive, développer au lieu d'étouffer, bénir l'industrie et ennoblir le tiavail en le
CL LA KKl OIIMATION
sancliliaiit, i)rèler volro indispensable coucou is à loiiles les mesures qui doivent soulager les misères de ces classes pauvres auxquelles Jésus el ses apôlres appartenaieni, entretenir l'esprit de dévouement inséparable delà pureté des niœui's, l'appeler les vertus et le bonheur au foyer domestique d'où ils sont tristement exilés ; enfin mettni les inslitnlions de l'Église en harmonie avec les idées nouvelles, par une réforme pacifique el sans schisme, qui introduise l'accord de l'autorité et de la liberté dans les rapports mutuels du clergé et des fidèles, comme dans tous les degrés de cette vaste hiérarchie qui sétend depuis le souverain ponlilè jusqu'au plus humble vicaire de village : voilà le champ immense ouvert à vos elfoits par la civilisation moderue: voilà le pai'lage (ju"elle làii à la grandeur de votre niinislèr-e, et les services (ju'elle ne peut recevoirtfue de vous seuls : ce rôle ne sufïit-il pas au zèle le plus ardent comme à la plus haute ambition?
Le clergé de France a marché de tout temps ;i la lète des Églises catholiques. C est lui (juiatlopta le premier le cartésianisme, d'abord repoussé au nom dÂi'istote par les universités de l'Europe, el en particulier par celle de Paris. Pourquoi làut-il (ju'il se sépare aujourd'hui de cette grande école, et (ju'il renie trop souvent ses proj)res tiadilions do oioire el (h' lib."rl('? Phu ('• au s<'iii d un
I»i; l,A IMIiLOSOPim-.. CM
peuple grand el inlaUgable ouvrier de la civilisalion, qu'il se décide enfin à y puiser l'espiil nouveau, pour le reporter dans la religion doù il esi soni. Son exemple enli'aînera les autres Eglises et le centre même de l'unilé. El qui peul dire où s'arrêtera ce mouvement? Les secles dissidentes ne seronl-elles pas frap[)ées de ce speclacle du sacerdoce catholique rallié sincèremenl à tous les piogi'ès? N'est-ce pas aussi pour avoir conlondu le catholicisme avec la lhéocrali(' ei les formes du Moyen-Age , qu'elles se sont séparées de la chaire de Pierre? Comment l'elTel subsislerait-il, quand la cause aura enliëreuieni dispai'u? Là seulement est le remède à tous les Mîaux <]ui nous déchirent. L'association Iralernelle des nations chrétiennes, dont la nionaichie temporelle des papes fut une imparfaite et grossière image, le perfectionnement physique el molal de toutes les classes, pauvres ou riches, le talent servant de moyen à la vertu, lalliance des hiens du ciel el des biens de la terre : voilà les bienfaits qui naîtronl en foule des endjrassemenls (lu sacerdoce el de la lil)erlé. Âh! la beauté des anciens jours, après la(|uelie ont soupiié taiU de saints [»e!sonnages, pâlira devant les spleiideuis de ( cl avenir encore l'doigné. mais donl les premiers l'ayons «pii se lèvent sui- nos tètes lonl tressaillii d'espoir le («eurduviai < royani !
( i.ll LA ISKFORMATION
Le momie est en travail de rénovalion : il passe tout entier sons la civilisation rlirétienne, ponr la(jnelle s'onvi-e nno ère nonvelle. L'œuvre de deslrnciion , si ardemment poursuivie par nos pères, louche h son terme. Sur le sol des ruines t[u'ils ont faites, nous avons h élever un édifice plus majestueux. Félicitons-nous d'èti-e venus h une époque où le progrès pacifique est enfin possible: où, sans renier la Révolution. Ton peut abjurer toute violence révolutionnaire. Ce temps est propice aux nobles luttes et aux conquêtes de l'intel- Tmence. Nous avons tous les matériaux de la cit('' de l'avenir : que tardons-nous h ériger le monument immortel?
Ayons confiance dans la raison. Le règne d(^ l'erreur est violent et passager. En vain l'ignorance, les préjugés et les passions se sont ligués à toutes les époques contre la philosophie des idéeSj sans laquelle ne s'accomplit jamais aucun progrès essentiel. Cette philosophie vivra autant que l'esprit humain; elle est, comme la vérité, toujours ancienne et toujours nouvelle. Rattachée aux noms impérissables de Pylhagore, de Socrate, <le Platon, de Plotin, de saint Augustin, de Descartes, de Bossuet et de Leibnitz, fondée sur ce que le passé eut de plus giand, elle est destinée à protéger l'avenir de ses immenses rameaux. Qu'elle renaisse donc enfin pour ne plus disparaître!
DK LA PHlLOSOl'hlK. CLIll
Que, désormais unie à loules les sciences régénérées, elle rétablisse entre elles le lien puissant (le Tunilé! Qu'à sa voix lanarchie se retire du monde moral! Puisse-t-elle aussi 'rendre à la France son i-ang philosophique! Puisse-l-elle, en retrempant les âmes dans les études fortes et désintéressées, apprendre h la génération contemporaine h marcher sur les traces de ses nobles aïeux du dix-septième siècle! iMais puisse-t-elle surtout faire briller à tous les regards, avec la double autorité de la raison et de l'expéiience , l'accord profond, intime, nécessaire au genre humain, du pouvoir et de la liberté, de la religion et des lumières, du christianisme et de la civilisation moderne!
^•l^ Di uiscoiRS sir la kkkor.ma tion I)i: i v imiiuishimiii:
IJ] OAIlTÉSIAXlStlK
ou
LA \ I.IilTAlîl.E RÉNOVATION DKS S(-li:NCh:S.
S;ms les ni;illK'in,ili(|iifs , cm \\f pi'iiélic poiiil au foiiil (le la philosophie ; sans la philosophie, on ne pénètre point au fond fies mathématiques ; sans les (Jeux, on ne pénèire au fond de rien
AYP.RTISSRMKNT >.
Nous aurions désiré répondre un peu moins indignement à l'appel fait par le plus beau sujet qui se pût proposer.
Pour juger le dix-septième siècle, il fallait se placer au-dessus de lui, c'est-à-dire avoir renouvelé la théorie des idées, en lui donnant plus de vigueur et plus de netteté, et pour cela avoir trouvé la théorie de l'infini et celle de la substance. 11 fallait encore avoir trouvé la métaphysique du calcul différentiel pour échapper à l'alternative d'opérer sur des quantités effec-
(l) Ce court avertissement paraît ici loi (|iril a été envoyé à l'Académie •les Sciences morales et politiques.
2 AVKRTISSKMKM .
tives, ce qui ruine l'exactitude des résultats, ou d'opérer sur des quantités nulles, ce qui rend les résultats illusoires. Il fallait enfin avoir trouvé la cause première de la révolution philosophique cartésienne, afin d'expliquer pourquoi seulement alors l'esprit humain s'est élevé aux lois générales dans la nature , par exemple, aux lois du mouvement et à celle de l'attraction, et aux méthodes générales dans les mathématiques, par exemple, à la géométrie analytique et au calcul différentiel.
Depuis quinze ans, j'ai ces choses en main, et plusieurs autres dont je ne parle pas, parce qu'elles sont ici étrangères. Des circonstances indépendantes de ma volonté m'ont empêché de les publier. Quels que soient l'intelligence et le savoir d'un lecteur, il ne peut bien saisir, dans des matières si relevées et si abstraites, que ce qui est suffisamment développé; et de tels développements m'auraient entraîné hors des limites.
On ne trouvera donc ici que la métaphysique du calcul différentiel et la théorie de la substance, qu'il ne m'a pas été possible d'omettre, sous peine d'être trop insignifiant. Il est peu de théories aussi fécondes que la dernière, et qui
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jettent autant de lumière sur les plus importantes questions, ni qui renversent déplus capitales erreurs, telles que l'application du calcul des probabilités aux sciences morales, la logique considérée comme science distincte de la métaphysique, la possibilité d'une langue universelle, erreurs qui reposent sur la supposition absurde que les idées de perfection s'expriment exactement dans des formules, comme les idées de quantité. Sur ces choses, je n'ai pu entrer dans aucun détail. Dans l'optimisme, problème le plus formidable peut-être qui ait pesé sur l'intelligence humaine et que j'ai résolu négativement, j'ai employé les divers ordres d'infinis. Ils sont aujourd'hui assez généralement admis, ce qui m'a épargné de longues explications.
J'espère que l'Académie ne verra pas sans plaisir le secours que la métaphysique prête à la physique et à la géométrie, pour établir dans les ondes lumineuses, les vibrations transversales, dont Young et Fresnel avaient plutôt montré la possibilité que la réalité, pour résoudre la question de la force vive, et les autres semblables.
Rarement je me suis permis d'abréger les